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Ce que l’on ne vous dit jamais sur la reconversion professionnelle

5 Min. de lecture
Ce que l'on ne vous dit pas sur la reconversion

Les médias, le net, les réseaux sociaux, les livres… regorgent d’histoires de reconversions réussies. Tant mieux ! Sauf que, bien souvent, ces récits insistent sur l’aspect “paillettes” de ces changements de vie professionnelle, en oubliant la face cachée de la démarche. 


Nos experts et témoins vous éclairent sur ce que l’on omet souvent de vous dire sur la reconversion professionnelle. Évidemment, cela n’entache en rien vos chances de réussite : au contraire. Connaître ces tabous autour de la reconversion devrait vous permettre de vous préparer et de vous réaliser. 

Si vous changez de métier, de secteur, voire, si vous vous lancez dans la création d’entreprise, vous aurez beaucoup à apprendre. Pour cela, il vous faudra éventuellement retourner sur les bancs de l’école. « Attention, tout le monde n’est pas en capacité de repasser par la case de réapprentissage, de suivre une formation après des années d’expérience », prévient Aliette Trochéris, dirigeante du programme Même Pas Cap !, un centre de bilan de compétences 100 % digital.

Apprendre un nouveau métier est galvanisant mais aussi éreintant. D’abord parce que vous n’êtes plus nécessairement habitué à passer du temps en formation, à ingurgiter de multiples nouvelles informations, savoir-faire, techniques commerciales, etc. Bien souvent, ces formations pour se reconvertir sont courtes, donc très denses.

Quand elle s’est lancée dans sa formation pour devenir ingénieure logicielle, Helvira Goma ne soupçonnait pas l’investissement à venir. « En 4 mois, j’en ai appris autant que si j’avais suivi un DUT en deux ans à l’époque. Un travail énorme. J’ai vécu cette période en autarcie, totalement coupée de ma vie sociale. Je ne l’avais pas anticipé », témoigne la jeune trentenaire.

Quel que soit la nouvelle profession choisie, même s’il s’agit du métier passion dont vous rêvez depuis toujours, elle présentera aussi des contraintes. « On a tendance à mettre trop d’attentes dans le travail, on idéalise souvent le poste d’après. Or, il n’existe pas de métier parfait», prévient Clarence Mirkovic, coach professionnelle et autrice du podcast Ma Rêv’olution Pro. 

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Ou du moins être perçu comme tel par votre entourage. Préparez-vous et soyez prêt à l’assumer. Ce qui n’est pas toujours aisé. « J’ai rencontré une femme médecin qui voulait changer de job mais la pression familiale lui interdisait de le faire. Son entourage n’aurait pas compris qu’elle change de statut social après tant d’années d’études et d’aisance financière. Sa solution ? Elle assure désormais 10 jours de garde par mois et s’est lancée dans la production de fleurs », illustre Aliette Trochéris.

Certes, cette reconversion relève de votre projet professionnel personnel, mais il aura aussi des répercussions sur votre entourage : plus de temps de travail, donc un impact sur la vie de famille, des revenus en dents de scie au départ, une pression psychologique importante, etc. Parlez-en franchement avec les uns et les autres. « Tout le monde ne va pas soutenir votre projet car souvent cela renvoie les gens à leurs propres peurs. Mieux vaut être solide sur son envie pour affronter les doutes des gens et les convaincre», insiste Clarence Mirkovic, également consultante en bilan de compétences.

Que vous restiez salarié ou que vous lanciez votre propre activité, au départ vous n’aurez évidemment pas les mêmes revenus car vous serez en période d’apprentissage et sans expérience à valoriser. « Les écoles nous mettent beaucoup de paillettes dans les yeux en vantant des salaires à 4 000-5 000 euros. Or, au départ, ce n’est pas le cas. On se situe plutôt autour de 2 500 euros et ce n’est qu’au bout de 5 ans que l’on peut atteindre le niveau de salaire annoncé », témoigne Helvira Goma, par ailleurs co-fondatrice de la communauté @Motiv’Her. Si vous passez par la case chômage et allocation de retour à l’emploi avant de vous reconvertir, vous perdrez également en revenus. De même, en lançant votre activité en tant qu’indépendant, vous ne générez pas de suite autant de chiffre d’affaires qu’un professionnel établi depuis plus longtemps.

« Au contraire, c’est même assez difficile d’en vivre. Sur le créneau des métiers du bien-être par exemple -sophrologue, naturopathe, coaching…- la concurrence est déjà forte. Pour sortir du lot et gagner correctement sa vie, les candidats à ce type de reconversion doivent avoir des compétences en marketing et communication pour se faire connaître. Une formation technique à leur métier ne suffira pas. Ils vont devoir savoir se vendre, et souvent, ils ne soupçonnent pas ce pan de leur future activité », constate Clarence Mirkovic.Dans les métiers manuels, les conditions de travail ne sont pas forcément évidentes surtout quand on prend de l’âge. La pénibilité est importante. Rien à voir avec le bricolage du dimanche.

« Pour un même poste, les employeurs ont toujours une perception différente des candidats issus de la reconversion, par rapport à ceux sortis d’une formation initiale. On est considéré un peu en dessous des juniors, issus d’une formation initiale universitaire ou d’école de commerce. Plus que les autres, on doit montrer de quel bois on se chauffe », regrette Helvira Goma.

Évidemment ce n’est pas gravé dans le marbre, mais si vous échouez dans votre reconversion, vous devrez peut-être retourner à vos premières amours professionnelles. « Il faut être prêt à l’encaisser soi-même et se sentir à nouveau capable. Les recruteurs n’aiment pas forcément ces retours en arrière estimant que la personne n’aura pas nécessairement actualisé ses compétences », détaille Aliette Trochéris (Même pas Cap !). À cela s’ajoute que si vous avez goûté à votre indépendance, vous aurez potentiellement un peu de mal à vous plier aux règles d’une nouvelle organisation, à avoir moins d’autonomie, etc.

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