L’hypokhâgne et la khâgne sont les deux années de la classe préparatoire littéraire. Accessibles après le bac sur Parcoursup, elles mènent aux concours des ENS, mais aussi à l’université grâce aux crédits ECTS. Programme, admission, différences entre les deux années et débouchés : voici l’essentiel.
L’hypokhâgne tire son nom de la « khâgne », sa grande sœur de deuxième année. Avec les prépas scientifiques et économiques, elle forme l’une des trois grandes familles de classes préparatoires aux grandes écoles.
Elle se déroule au lycée, dure un an et vaut une première année de licence : 60 crédits ECTS sont validés à la fin de l’année.
Quel est le programme de la prépa hypokhâgne ?
L’hypokhâgne se décline en deux filières de prépa littéraire :
- la filière A/L, centrée sur les lettres et les sciences humaines ;
- la filière B/L, qui associe lettres, mathématiques et sciences sociales.
Le programme en A/L
Les élèves suivent des cours de littérature française, de philosophie, d’histoire, de géographie et de langues vivantes. S’y ajoutent une langue ancienne (latin ou grec) et la culture de l’Antiquité.
Selon les lycées, une option artistique est possible : histoire de l’art, cinéma, arts plastiques, musique ou théâtre.
Le programme en B/L
La B/L réunit le français, la philosophie, l’histoire, deux langues vivantes, les mathématiques et les sciences économiques et sociales. Ces deux dernières matières pèsent lourd dans l’emploi du temps. Le niveau des lycées varie aussi beaucoup, d’où l’intérêt de consulter le classement des prépas B/L avant de formuler ses vœux.
Une spécialité complémentaire est à choisir parmi le latin, le grec ancien, la géographie ou la civilisation de la LV1.
Dans les deux filières, comptez autour de 30 heures de cours par semaine, auxquelles s’ajoutent des interrogations orales régulières, les « colles ».
Quelle différence entre hypokhâgne et khâgne ?
Ce ne sont pas deux prépas concurrentes, mais les deux années d’un même cursus. L’hypokhâgne pose les bases, la khâgne prépare directement aux concours.
| Hypokhâgne | Khâgne | |
|---|---|---|
| Année | 1re année (Bac +1) | 2e année (Bac +2) |
| Objectif | Acquérir les méthodes et la culture générale | Préparer les concours |
| Programme | Large et pluridisciplinaire | Programmes des concours et spécialité |
| Fin d’année | Passage en khâgne décidé par le conseil de classe | Concours (BEL, ENS, écoles) |
Laquelle est la plus difficile ?
La khâgne est souvent jugée plus éprouvante : les concours approchent et chaque devoir sert d’entraînement.
Le vrai choc arrive pourtant souvent dès l’hypokhâgne. Le rythme, les notes plus basses qu’au lycée et les nouvelles méthodes demandent une adaptation rapide.
Comment intégrer une hypokhâgne ?
Pour intégrer une prépa littéraire, la candidature se fait sur Parcoursup, avec un dossier qui comprend :
- vos bulletins de première et de terminale ;
- une lettre de motivation (projet de formation motivé) ;
- un CV.
L’hypokhâgne y est un vœu multiple : vous formulez un vœu par filière (A/L ou B/L), puis jusqu’à 10 sous-vœux, un par lycée visé.
Bon à savoir
Une demande avec et sans internat dans le même lycée ne compte que pour un seul sous-vœu. Vous pouvez donc demander l’internat sans réduire vos autres choix.
Les critères d’admission
En A/L, les lycées attendent :
- une bonne maîtrise de l’expression écrite et orale ;
- une capacité à organiser son travail et à construire une argumentation ;
- un réel intérêt pour les humanités et un bon niveau dans ces disciplines.
En B/L, l’accent est mis sur :
- l’organisation et les capacités de réflexion ;
- un bon niveau en sciences économiques et sociales, en mathématiques et dans les humanités.
Quel bac pour entrer en hypokhâgne ?
La quasi-totalité des élèves vient d’un bac général : ils représentaient 98 % des inscrits en hypokhâgne à la rentrée 2023, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.
Quels concours prépare la khâgne ?
À la fin de la khâgne, la Banque d’Épreuves Littéraires (BEL), pilotée par les écoles normales supérieures, ouvre de nombreuses portes.
L’ENS de Lyon, l’ENS-PSL (rue d’Ulm) et l’ENS Paris-Saclay recrutent leurs futurs normaliens parmi les khâgneux, chacune selon ses filières. Ces élèves se destinent surtout à l’enseignement et à la recherche.
Les écoles de commerce accueillent aussi les littéraires via les concours BCE et Ecricome, souvent sur la base des écrits de la BEL.
D’autres établissements recrutent ces profils : l’ISIT (management interculturel), l’École des Chartes (avec une option spécifique), le CELSA (communication et médias), l’ISMaPP (management public) ou l’ESIT (traduction). Plusieurs IEP, dont Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Saint-Germain-en-Laye et Bordeaux, leur sont également accessibles, tout comme Sciences Po.
Et en cas d’échec aux concours ?
Certains élèves refont une khâgne pour retenter leur chance. On les appelle les « cubes ».
Ce redoublement n’a rien d’automatique : il dépend des résultats, de la décision du lycée et des places disponibles.
Peut-on arrêter après l’hypokhâgne ?
Oui, et ce n’est pas une année perdue. Chaque élève de prépa est aussi inscrit dans une université partenaire de son lycée.
Avec ses 60 crédits ECTS validés, il peut souvent entrer directement en deuxième année de licence, selon la convention signée entre le lycée et l’université.
Les poursuites les plus naturelles sont les licences de lettres, d’histoire, de philosophie ou de langues après une A/L. Un élève de B/L se tournera plutôt vers la sociologie, l’économie ou les mathématiques.
Les IEP, les écoles de journalisme et de communication recrutent aussi des profils passés par la prépa.
Quels métiers peut-on exercer après une hypokhâgne ?
Seule, l’hypokhâgne correspond à un niveau Bac +1. C’est la suite du parcours (khâgne, licence, master, concours) qui ouvre les métiers, dans des secteurs variés :
- l’enseignement et la recherche ;
- le journalisme et la communication ;
- la médiation culturelle ;
- la traduction et l’interprétariat ;
- le commerce et le management ;
- la statistique, pour les profils B/L.
Le conseil de la Rédac’
Même si vous ne visez pas l’ENS, l’hypokhâgne reste un excellent tremplin : méthode, culture générale et capacité de travail sont recherchées dans la plupart des formations sélectives.
Questions fréquentes sur l’hypokhâgne et la khâgne
Oui. L’hypokhâgne est la première année du cursus, et le passage en khâgne se décide en fin d’année par le conseil de classe.
La A/L est centrée sur les lettres, les langues et les sciences humaines. La B/L y ajoute une part importante de mathématiques, d’économie et de sociologie.
Non. Les épreuves de la BEL ouvrent aussi les portes d’écoles de commerce, de traduction, de communication et de plusieurs IEP.














