Les écoles d’économie en France ne correspondent pas à une catégorie juridique unique, mais plusieurs établissements ou composantes universitaires ont choisi d’en faire leur identité officielle. Paris School of Economics, Toulouse School of Economics, Aix-Marseille School of Economics, l’École d’Économie de Clermont, l’École d’économie de la Sorbonne et Saint-Étienne School of Economics forment aujourd’hui le noyau le plus identifiable de ce paysage. Elles ne recrutent pourtant ni au même niveau, ni pour les mêmes diplômes, et leur organisation peut aller de la faculté universitaire au Grand établissement autonome.
À côté de ces structures existent d’autres institutions très importantes pour étudier l’économie, comme l’ENS-PSL, Sciences Po, Dauphine-PSL, l’ENSAE Paris ou l’Université Paris-Saclay, sans qu’elles portent pour autant le nom d’« école d’économie ». Bordeaux School of Economics appartient encore à un autre modèle puisqu’il s’agit avant tout d’un centre de recherche. Quant à l’École de Guerre Économique, elle relève surtout de l’intelligence économique et de la stratégie. Comprendre ces différences est indispensable avant de comparer les formations.
Une école d’économie peut ainsi désigner une composante universitaire proposant licence et master, une structure de niveau graduate spécialisée dans les masters et le doctorat, ou un établissement public autonome. Le point commun est généralement une forte articulation entre enseignement de l’économie et recherche, souvent avec une place importante accordée aux mathématiques, aux statistiques et à l’économétrie.
Quelles sont les principales écoles d’économie en France ?
Six structures peuvent être regroupées dans un périmètre relativement cohérent puisqu’elles utilisent officiellement dans leur identité le terme « École d’économie » ou « School of Economics » et organisent directement des formations en économie.
| École | Ville | Statut ou rattachement | Niveau d’entrée principal | Principales formations |
|---|---|---|---|---|
| Paris School of Economics, PSE | Paris | Fondation de coopération scientifique associant plusieurs établissements | Principalement bac+3 | Masters APE, PPD, Economics and Psychology, doctorat |
| Toulouse School of Economics, TSE | Toulouse | Grand établissement public, établissement-composante de l’Université Toulouse Capitole | Dès le bac à partir de 2027, puis L3, master et doctorat | Bachelor of Science, TSE Master of Science, doctorat |
| Aix-Marseille School of Economics, AMSE | Aix-Marseille | Département de la Faculté d’économie et de gestion d’Aix-Marseille Université | Principalement bac+2 ou bac+3 | Magistère, masters d’économie, doctorat |
| École d’Économie de Clermont | Clermont-Ferrand | Faculté de sciences économiques de l’Université Clermont Auvergne | Dès le bac | Licence, magistère, masters, doctorat |
| École d’économie de la Sorbonne | Paris | Composante de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne | Dès le bac | Licence, magistère, nombreux masters d’économie |
| Saint-Étienne School of Economics, SE² | Saint-Étienne | École publique rattachée à l’Université Jean Monnet | Dès le bac | Licence économie, masters d’analyse et politique économique |
Ce tableau ne recense donc pas toutes les formations françaises en économie. Il correspond volontairement aux structures qui ont fait de l’identité d’« école d’économie » une partie officielle de leur organisation académique.
Quelle différence entre PSE et TSE ?
PSE et TSE sont les deux noms les plus visibles à l’international, mais leurs modèles institutionnels sont très différents.
Toulouse School of Economics est aujourd’hui un véritable établissement public d’enseignement supérieur. Depuis 2023, TSE possède le statut de Grand établissement et constitue un établissement-composante de l’Université Toulouse Capitole. L’école gère ses cursus de premier cycle et de master et participe à la formation doctorale en économie.
Son offre va encore s’élargir avec l’ouverture, à partir de septembre 2027, d’un Bachelor of Science de trois ans enseigné en anglais. Le programme associe économie, mathématiques, statistiques et sciences sociales quantitatives. Ce nouveau Bachelor viendra compléter les licences d’économie déjà proposées par TSE et accessibles après le baccalauréat.
Paris School of Economics possède un fonctionnement différent. PSE est une fondation de coopération scientifique construite autour de plusieurs établissements partenaires. Les diplômes associés à ses programmes sont délivrés dans ce cadre partenarial par des établissements comme l’ENS-PSL, l’EHESS, Paris 1 Panthéon-Sorbonne ou l’École nationale des ponts et chaussées. Le master Analyse et Politique Économiques, par exemple, peut être délivré par plusieurs de ces établissements partenaires.
PSE se concentre surtout sur les niveaux master et doctorat. Ses programmes APE et PPD forment notamment aux méthodes quantitatives, à la microéconomie, à la macroéconomie, à l’économétrie, aux politiques publiques et à l’économie du développement.
AMSE, Clermont et Saint-Étienne sont-elles de vraies écoles d’économie ?
À Clermont-Ferrand, l’École d’Économie constitue directement la faculté de sciences économiques de l’Université Clermont Auvergne. Son identité académique est particulièrement orientée vers l’économie du développement et s’appuie sur le CERDI. Elle propose une licence, un magistère en développement économique et plusieurs parcours de master.
Saint-Étienne School of Economics suit une organisation comparable. L’école appartient à l’Université Jean Monnet mais possède sa propre identité, ses cursus et un adossement à la recherche via le laboratoire GATE Lyon Saint-Étienne. Sa licence est accessible via Parcoursup et met fortement l’accent sur les méthodes quantitatives, la programmation et l’analyse des données.
Aix-Marseille School of Economics est un département de la Faculté d’économie et de gestion d’Aix-Marseille Université. Elle propose des formations allant du bac+3 au doctorat. Ses spécialités comprennent notamment l’économie théorique et empirique, l’analyse des politiques économiques, la finance quantitative, l’économétrie, les statistiques et la data.
AMSE propose aussi un magistère qui permet de commencer un cursus renforcé après un bac+2, puis de poursuivre en master. Ce type de formation intermédiaire entre université classique et parcours sélectif constitue d’ailleurs une particularité importante de plusieurs écoles d’économie françaises.
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Quelle place occupe l’École d’économie de la Sorbonne ?
L’École d’économie de la Sorbonne est la composante de Paris 1 Panthéon-Sorbonne consacrée à la science économique. Elle possède un périmètre beaucoup plus large que PSE puisqu’elle accueille directement des étudiants dès la licence.
La licence d’économie comporte des parcours classiques, un International Track enseigné en anglais et plusieurs doubles licences. Elle permet ensuite d’accéder à un vaste catalogue de masters, couvrant l’économie appliquée, l’économie internationale, le développement, la finance ou encore les méthodes quantitatives.
Les frontières avec PSE sont toutefois poreuses. Plusieurs programmes sont communs ou fortement liés aux deux structures. Le master APE mobilise ainsi Paris 1, PSE et d’autres établissements partenaires. Le magistère d’économie de la Sorbonne permet lui aussi de suivre un cursus renforcé sur trois années à partir du niveau L3.
Cette organisation explique pourquoi le paysage français peut paraître difficile à lire. Une même formation peut être rattachée administrativement à une université tout en étant enseignée en partie au sein d’une autre structure académique ou scientifique.
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Bordeaux School of Economics est-elle une école ?
Son nom pourrait le laisser penser, mais Bordeaux School of Economics, ou BxSE, appartient d’abord au monde de la recherche.
BxSE est officiellement une unité mixte de recherche de l’Université de Bordeaux et du CNRS, avec le soutien de l’INRAE. Elle réunit environ 160 chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, ingénieurs et personnels autour de quatre grands programmes portant notamment sur l’innovation, l’environnement, les inégalités, le développement, l’économie internationale et la finance.
Les étudiants peuvent néanmoins être directement exposés à cet environnement scientifique à travers les formations de l’Université de Bordeaux. Les masters et magistères d’économie bordelais s’appuient sur les chercheurs de BxSE, tout comme le doctorat.
Il est donc pertinent de parler de Bordeaux School of Economics dans un panorama des grands pôles français d’économie, mais moins exact de la placer dans le même tableau qu’une faculté comme Clermont ou qu’un établissement comme TSE.
L’École de Guerre Économique est-elle vraiment une école d’économie ?
Le nom peut induire en erreur. L’École de Guerre Économique ne forme pas prioritairement à la science économique. Elle se situe à l’intersection de l’intelligence économique, de la géopolitique, du renseignement, de la cybersécurité et de la stratégie d’influence. L’École de Guerre Économique est davantage à rapprocher, par ses thématiques, de l’IRIS, de l’IHEDN ou de l’IFRI que d’une fac d’éco-gestion, même si elle n’est pas un think tank à proprement parler.
L’EGE propose notamment un Bachelor Sciences politiques et intelligence économique ainsi que plusieurs formations de niveau bac+5. Son MBA Stratégie et Intelligence Économique prépare au titre d’« Expert en intelligence économique », certification de niveau 7 enregistrée au RNCP. L’admission peut comprendre un dossier, des épreuves propres à l’école et un entretien.
Un étudiant voulant devenir économiste, économètre ou chercheur n’y suivra donc pas le même cursus qu’à PSE ou TSE. À l’inverse, un projet orienté vers la veille stratégique, la sécurité économique, l’analyse des rapports de force, l’OSINT ou l’influence correspond beaucoup plus directement au positionnement de l’EGE.
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Peut-on étudier l’économie ailleurs que dans ces écoles ?
Très largement. Les six écoles du tableau principal ne représentent qu’une partie de l’enseignement supérieur français en économie.
L’ENS-PSL possède ainsi un département d’économie qui prépare ses élèves à la recherche, à la haute administration et au secteur privé. Les normaliens peuvent suivre des enseignements à Paris 1 et participer à plusieurs programmes associés à PSE.
Sciences Po possède également un département d’économie et un Master in Economics entièrement enseigné en anglais. Le programme est fortement quantitatif, avec microéconomie, macroéconomie et économétrie, et constitue la voie normale vers son doctorat en économie.
Dauphine-PSL propose notamment un master Quantitative Economics ainsi qu’un master Économie et Finance. Le premier approfondit la microéconomie, la macroéconomie, l’économétrie, la modélisation et l’analyse des données.
Bon à savoir
L’ENSAE Paris se situe également parmi les formations françaises les plus spécialisées en économie quantitative, même si elle reste avant tout une grande école d’ingénieurs. Elle bénéficie d’une immense réputation internationale en économie, statistiques, data science, finance et économétrie.
Paris-Saclay et l’ENS Paris-Saclay proposent enfin un Master of Economics entièrement en anglais, destiné notamment aux étudiants souhaitant poursuivre vers la recherche, les institutions internationales ou l’expertise économique.
À cela s’ajoutent les licences et masters proposés dans de nombreuses universités françaises. Le panorama des « écoles d’économie » ne doit donc jamais être compris comme un classement exhaustif des endroits où étudier la discipline.
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Comment choisir son école ou sa formation en économie ?
Le premier critère concerne le niveau auquel vous souhaitez entrer. Clermont, Saint-Étienne et la Sorbonne permettent de commencer dès la licence. TSE ouvrira également son Bachelor of Science directement après le bac à partir de 2027. AMSE recrute surtout à partir du niveau L3, notamment via son magistère, tandis que PSE intervient principalement au niveau master.
Le contenu scientifique compte ensuite davantage que le nom de l’établissement. Les cursus les plus tournés vers la recherche demandent généralement un bon niveau en mathématiques, statistiques et économétrie. PSE, TSE, Sciences Po ou le Master of Economics de Paris-Saclay correspondent particulièrement à cette logique quantitative.
D’autres formations associent davantage économie, data, finance, politiques publiques ou développement. Clermont bénéficie par exemple d’une spécialisation historique dans l’économie du développement, tandis que Saint-Étienne met fortement l’accent sur les décisions publiques et privées, les données et l’innovation.
Le choix doit enfin dépendre du débouché recherché. Recherche académique, banques centrales, institutions internationales, conseil économique, data, finance et évaluation des politiques publiques demandent des profils différents. Le nom « école d’économie » constitue donc un premier repère, mais pas un critère suffisant pour choisir son cursus.
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Il n’existe pas de classement unique permettant de répondre objectivement à cette question. PSE et TSE possèdent une forte visibilité internationale en recherche, tandis que les autres écoles peuvent proposer des cursus particulièrement adaptés à certaines spécialités ou à certains niveaux d’études.
L’École d’économie de la Sorbonne, l’École d’Économie de Clermont et Saint-Étienne School of Economics proposent des licences accessibles après le bac. TSE ouvrira également un Bachelor of Science en 2027.
Les formations les plus quantitatives exigent un niveau solide en mathématiques, statistiques et économétrie. Le degré d’exigence varie toutefois selon les écoles et les parcours choisis.
Oui dans certaines institutions. La Sorbonne et Clermont proposent des licences d’économie, tandis que TSE ouvre un Bachelor of Science accessible après le bac à partir de 2027. D’autres structures comme PSE recrutent principalement à partir du niveau licence.
Cela dépend du programme, mais les cursus de recherche en économie utilisent fortement les mathématiques, les statistiques et l’économétrie. Les formations de PSE et TSE sont notamment très quantitatives.
Les programmes de PSE sont organisés avec ses établissements partenaires et les diplômes sont accrédités dans ce cadre institutionnel. PSE n’a donc pas le fonctionnement d’une université autonome délivrant seule l’ensemble de ses diplômes.
Son objectif principal est différent. Elle prépare surtout aux métiers de l’intelligence économique, de la veille, du renseignement, de l’influence, de la sûreté et de la stratégie.














