MBA, MSc, Mastère Spécialisé… Ces formations promettent un tremplin pour booster une carrière mais leurs dénominations suscitent la confusion. Présentation.
Master in Business Administration (MBA), Master of Science (MSc), Mastère Spécialisé (MS)… Difficile de s’y retrouver dans cette jungle de diplômes aux appellations proches mais aux objectifs distincts. Ces formations de haut niveau, dispensées par des écoles privées ou publiques, s’adressent à des publics variés et répondent à des besoins spécifiques du marché de l’emploi.
Master in Business Administration (MBA)
Né sur le campus de Harvard au début du XXe siècle, le MBA s’est imposé comme une référence mondiale en gestion des affaires. Ce diplôme s’est diversifié, avec des spécialisations variées et des formats adaptés à différents publics. « En France et en Europe, on distingue deux types de MBA : les Executive MBA (EMBA), destinés aux cadres en activité, et les MBA classiques ouverts aux étudiants post-bachelor », explique Pascal Capellari, directeur exécutif à l’ESLSCA.
Les Executive MBA, souvent suivis à temps partiel, permettent aux salariés de développer une vision stratégique et d’affiner leurs compétences en management. L’autre format est accessible aux étudiants dès Bac+3, avec une entrée possible en deuxième année pour les Bac+4 et Bac+5.
Ces programmes couvrent des domaines variés : finance, marketing, data, gestion des ressources humaines, stratégie d’entreprise… « La formation repose sur des études de cas, des projets en groupe et des mises en situation, favorisant une employabilité rapide », ajoute Pascal Capellari.
Toutefois, le MBA n’étant pas un titre protégé, sa reconnaissance varie. S’il est inscrit au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), c’est une preuve de son sérieux. « Un MBA est aussi un gage de qualité s’il est accrédité par des labels internationaux comme l’AMBA (Royaume-Uni), l’AACSB (États-Unis) ou l’EQUIS (Europe) », prévient Fanny Domenach, consultante en orientation à Bordeaux et fondatrice d’Orientation 360.
En termes d’employabilité, les résultats varient selon les écoles et les formations. À l’ESLSCA, par exemple, à l’issue d’un MBA en finance, 84 % des étudiants sont en poste dans les six mois, contre 100 % pour le MBA gestion de patrimoine et Banque-assurance et 74 % pour le MBA Trading et Finance de Marché.
Master of Science (Msc)
Créé en 2002 par la Conférence des Grandes Écoles (CGE), le MSc – Master of Science est un label protégé. À ne pas confondre avec la dénomination anglo-saxonne, utilisée plus librement par certaines écoles françaises. Le Master of Science est délivré à l’origine à l’étranger par des établissements d’enseignement supérieur.
Accessible après un Bac+3 ou Bac+4, il valide un niveau Bac+5 et vise les étudiants souhaitant faire une carrière internationale. Preuve de cette orientation : 78 % des formations sont dispensées exclusivement en anglais, selon la CGE. On recense aujourd’hui plus de 150 MSc en France, répartis entre écoles de management (75 %) et écoles d’ingénieurs (25 %). Le cursus comprend une mission en entreprise d’au moins quatre mois.
Mastère Spécialisé (MS)
Créé en 1983 par la Conférence des Grandes Écoles, le Mastère Spécialisé (MS) est une certification exclusivement délivrée par les écoles membres de la CGE. Son objectif : répondre aux besoins du marché en formant des experts sur des niches peu couvertes par les formations classiques.
Destiné aux titulaires d’un Bac+5 ou d’un Bac+4 avec trois ans d’expérience professionnelle, le MS dure un an, dont quatre mois de stage. Il délivre un diplôme d’établissement de niveau Bac+6. « Le MS permet d’acquérir une double compétence ou une expertise sectorielle très ciblée, souvent en lien avec les attentes des recruteurs », explique Pascal Capellari.
En ce qui concerne l’insertion professionnelle de ses jeunes diplômés, selon l’enquête annuelle de la Conférence des Grandes Écoles, la promotion 2023 affiche un taux net d’emploi de 85,8 % (près de 85 % ont été recrutés dans les deux mois après la fin de leurs études, 84,2 % ont décroché un CDI et 86,4 % un statut de cadre). Ces chiffres englobent l’ensemble des diplômés, sans distinction particulière pour les MS, mais témoignent d’une belle insertion générale.
Quels critères pour choisir le bon programme et la bonne formation ?
Pour s’assurer de la qualité d’une formation, mieux vaut vérifier son adossement à un titre RNCP ou une accréditation réputée internationalement. « Le commerce attire beaucoup, et certaines écoles recrutent sans réelle sélection, moyennant des frais de scolarité élevés. L’insertion est correcte, mais avec quels salaires et quelles responsabilités ? » s’interroge Fanny Domenach.
« L’employabilité n’est pas liée au nom du diplôme, mais à sa spécialisation ainsi qu’à la notoriété de l’école. Notre établissement existe depuis 75 ans, ce qui nous permet de développer une réelle expertise et des liens solides avec les entreprises », ajoute Pascal Capellari. Le choix de formation ne se fait donc pas à la légère. Entre réputation, reconnaissance et spécialisation, mieux vaut bien étudier le terrain avant de se lancer.
Notre résumé en 5 points clés par L’Express Connect IA
(vérifié par notre rédaction)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : MBA, MSc, Mastère Spécialisé, comment s’y retrouver parmi ces formations exécutives ?
Distinction des diplômes : Les formations en MBA (Master in Business Administration), MSc (Master of Science) et Mastère Spécialisé (MS) répondent à des besoins spécifiques. Le MBA est centré sur le management et la stratégie, le MSc vise une carrière internationale avec un contenu majoritairement en anglais, tandis que le MS se concentre sur des expertises sectorielles ciblées.
Réputation et accréditation : La reconnaissance des diplômes varie, le MBA n’étant pas un titre protégé. Il est important de s’assurer qu’il soit inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) ou accrédité par des institutions reconnues comme l’AMBA ou l’AACSB pour garantir sa qualité et sa valeur sur le marché.
Emplois et insertion professionnelle : Les taux d’insertion professionnelle pour les diplômés sont encourageants. Par exemple, à l’ESLSCA, 84 % des diplômés en MBA finance sont en emploi dans les six mois, et 100 % des diplômés en gestion de patrimoine. Ces chiffres témoignent de la solidité des formations proposées.
Importance de la spécialisation : Les étudiants doivent choisir une formation d’excellence non seulement sur la base du nom du diplôme, mais aussi selon la spécialisation et la réputation de l’école. Une formation axée sur des compétences spécifiques répond mieux aux attentes des employeurs et augmente les chances d’employabilité.
Nécessité d’une bonne préparation : Avant de s’engager, il est crucial d’évaluer les conditions d’admission et d’accès aux programmes de formation, ainsi que d’explorer les opportunités offertes. Les étudiants sont encouragés à rechercher activement des informations sur les écoles et à analyser comment chaque programme peut aligner leur carrière avec leurs aspirations professionnelles.