Le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) constitue une bonne opportunité pour mettre ses compétences au service de projets de la solidarité internationale. Encadré par la loi du 23 février 2005, ce dispositif mobilise environ 2 000 volontaires chaque année dans plus de 70 pays. Le VSI s’adresse à toute sorte de profils (jeune diplômé, professionnel confirmé, retraité, etc.) mais peut uniquement s’effectuer en dehors de l’Espace économique européen. Autre aspect important : une mission de VSI dure entre 12 et 24 mois minimum et celles-ci peuvent se renouveler.
C’est quoi un Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) ?
Définition et objectifs du VSI
Le VSI est un dispositif qui permet à des personnes qualifiées de s’engager dans des missions d’intérêt général à l’étranger, principalement dans la coopération au développement et l’action humanitaire. Contrairement au bénévolat, le VSI est encadré par un contrat écrit signé entre le volontaire et une association agréée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
L’objectif est de renforcer les capacités locales et de promouvoir un développement durable. Les volontaires interviennent dans divers domaines : éducation, agriculture, santé, environnement, développement économique ou promotion des droits de l’homme.
À qui s’adresse le VSI ?
Le VSI s’adresse à des personnes qualifiées souhaitant apporter leur expertise à des projets de solidarité internationale. Bien qu’officiellement ouvert à toute personne majeure sans condition de diplôme, la majorité des volontaires possèdent un diplôme de niveau bac+3 ou supérieur.
Le profil type correspond à des personnes de 25-35 ans avec une expérience professionnelle significative. Environ 60 % des volontaires ont moins de 30 ans.
Le rôle de France Volontaires et des organismes agréés
France Volontaires est la plateforme française du volontariat international qui oriente les candidats et propose des missions. La gestion du dispositif VSI est confiée au FONJEP par le ministère.
Pour 2023-2026, 23 associations sont agréées pour envoyer des volontaires : La Guilde, Planète Urgence, le SCD, etc. Ces associations assurent la formation avant le départ, l’accompagnement durant la mission et l’appui à la réinsertion.
Dans quels pays peut-on effectuer un VSI ?
Le VSI ne peut s’exercer qu’en dehors de l’Espace économique européen. Les volontaires ne peuvent pas accomplir de mission dans leur pays de nationalité ou de résidence :
- Au moins 50 % des destinations sont en Afrique subsaharienne (Togo, Sénégal, Madagascar, Bénin, Guinée),
- Un tiers en Asie (Cambodge, Philippines, Inde),
- Le reste en Amérique latine et Afrique du Nord.
Depuis quelques années, des volontaires de pays partenaires peuvent venir en France en tant que VIES (Volontariat International d’Échange et de Solidarité).
VSI, Service Civique et Corps Européen de Solidarité (CES), c’est la même chose ?
Non, le VSI, le Service Civique et le Corps Européen de Solidarité sont trois dispositifs distincts avec des caractéristiques propres.
1) Le Service Civique
Le Service Civique est ouvert aux 16-25 ans (30 ans pour les personnes en situation de handicap) pour des missions de 6 à 12 mois en France ou à l’international. Aucun diplôme n’est requis. En 2026, l’indemnité est fixée à 619,83 euros nets : 504,98 euros versés par l’État et 114,85 euros versés par la structure d’accueil. On ne peut faire qu’un seul Service Civique dans sa vie.
2) Le Corps Européen de Solidarité
Le Corps Européen de Solidarité (CES) concerne les 18-30 ans résidant dans l’UE ou l’EEE pour des missions de 2 à 12 mois dans des pays européens. Il couvre les frais de transport, logement et nourriture, avec une indemnité variant selon le pays. Contrairement au VSI axé sur les pays en développement, le CES se concentre sur l’Europe et la découverte interculturelle.
3) Quelles sont les principales différences ?
Le VSI se distingue par sa durée minimale d’un an (contre 6 mois pour le Service Civique), son exigence de compétences professionnelles et l’absence de limite d’âge supérieure.
L’indemnité VSI varie de 150 € à plus de 1 000 € selon les missions. Il est possible de cumuler plusieurs VSI (maximum 6 ans au total), contrairement au Service Civique qui ne peut être effectué qu’une seule fois.
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Les conditions générales d’accès
Officiellement, le VSI est ouvert à toute personne majeure, sans limite d’âge maximum ni condition de nationalité. Environ 10 % des volontaires ne sont pas français. Le volontaire ne peut accomplir de mission dans son pays de nationalité ou de résidence.
Aucun diplôme n’est requis officiellement, mais dans les faits, la majorité possède au minimum un bac+3 car les missions nécessitent une expertise spécifique. L’âge moyen se situe entre 25 et 35 ans, avec un minimum pratique de 21 ans.
Les compétences linguistiques
Les exigences linguistiques varient selon la destination. Le français est essentiel pour les pays francophones d’Afrique. Pour d’autres destinations, l’anglais, l’espagnol ou le portugais peuvent être requis. Les associations précisent ces exigences dans leurs offres et proposent parfois des formations linguistiques avant le départ.
Quels sont les profils privilégiés ?
Les associations recherchent des candidats avec une expérience professionnelle significative dans leur domaine. Les profils ayant une expérience de l’expatriation ou de la coopération internationale sont appréciés. Certaines associations accueillent aussi des jeunes diplômés motivés et des retraités disposant d’une expertise.
Avant le départ, le volontaire doit fournir son casier judiciaire et être sans activité professionnelle pendant toute la durée de la mission.
Combien de temps dure une mission en VSI ?
Durée d’une mission VSI
La durée d’une mission de VSI est généralement de 12 et 24 mois minimum. Cette période d’un an permet une véritable immersion et la réalisation de projets sur le long terme. Le contrat initial est généralement d’un an, renouvelable une fois. Certains volontaires prolongent au-delà de deux ans avec un nouveau contrat.
Plusieurs VSI au cours de sa vie
Il est possible de réaliser plusieurs missions de VSI, à condition que la durée cumulée n’excède pas 6 ans au total. Ces années peuvent être continues ou fractionnées, avec différents organismes. Cette possibilité permet de construire un véritable parcours dans la solidarité internationale.
Est-ce qu’on peut interrompre son VSI avant la fin du contrat ?
Une interruption anticipée est possible avec un préavis d’un mois, mais la prime d’insertion professionnelle n’est versée que si la rupture est justifiée par un motif impérieux.
Quel est le salaire (indemnité) et les droits d’un volontaire en VSI ?
Une indemnité, pas un salaire
Les volontaires en VSI perçoivent une indemnité de subsistance, pas un salaire. Cette indemnité n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu, ni aux cotisations sociales (CSG, CRDS). Elle permet au volontaire d’accomplir sa mission dans des conditions de vie décentes.
Quel est le montant de l’indemnité en VSI ?
Le montant de l’indemnité VSI dépend du pays, du coût de la vie, de la mission et de l’organisme.
| Élément | Montant de l’indemnité VSI |
|---|---|
| Critères de calcul | Le montant dépend du pays d’accueil, du coût de la vie, du type de mission et de l’organisme d’envoi. |
| Indemnité minimale légale | 150 € par mois (arrêté du 1er décembre 2022). |
| Plafond de base légal | 772,87 € par mois, + supplément variable selon le pays. |
| Fourchette constatée en pratique | Environ 150 € à 1 250 € par mois. |
| Moyenne observée | Environ 500 € à 1 500 € par mois selon les destinations et missions. |
| Volontaires accueillis en France (réciprocité) | Environ 800 € à 1 600 € par mois, en raison du coût de la vie plus élevé. |
Prise en charge et couverture sociale
L’association prend en charge les billets d’avion aller-retour, le logement et la nourriture (fournis ou sous forme d’indemnité). Le volontaire bénéficie d’une couverture sociale complète équivalente au régime général français, avec mutuelle santé. Les cotisations retraite sont versées : 90 jours de volontariat valident un trimestre (maximum 4 par an). Le volontaire a droit à minimum deux jours de congé par mois de mission.
Aides au retour et droits sociaux
À la fin de la mission (minimum 12 mois), le volontaire reçoit une indemnité de réinstallation pour faciliter sa réinsertion. Les associations proposent un accompagnement à la réinsertion professionnelle. Le VSI constitue un motif de démission légitime : les droits aux allocations chômage sont conservés (mais suspendus pendant la mission) et le droit au RSA est généralement maintenu. Le VSI est considéré comme une forme d’emploi qui ne doit pas ralentir la carrière.
Que faire si mon VSI ne se passe pas bien ?
Identifier le problème et communiquer
Si votre mission ne se déroule pas comme prévu, il faut tout d’abord identifier la nature du problème : difficultés d’adaptation, désaccords avec l’organisation, problèmes de sécurité ou de santé, décalage entre attentes et réalité, etc. Il faudra communiquer rapidement avec votre référent dans l’organisation d’accueil et votre association d’envoi en France qui ont l’obligation de vous accompagner.
VSI problématique : contacts et solutions
Chaque association désigne un référent pour le suivi du volontaire. Contactez-le par téléphone, email ou visioconférence. Le FONJEP peut être joint :
- Par email : solidariteinternationale@fonjep.org ;
- Par téléphone : +33 6 27 24 24 17.
France Volontaires dispose de aussi de bureaux dans plusieurs pays, pour un soutien local. Selon la gravité, un ajustement de mission, un accompagnement psychologique ou médical peuvent être mis en place. Si nécessaire, le contrat peut être rompu avec un préavis d’un mois.
Comment prévenir les difficultés pendant son VSI ?
Avant le départ, il faut s’assurer de bien comprendre les termes de la mission, les conditions de vie et les attentes. La formation de préparation obligatoire aborde ces questions. Sur place, maintenez un contact régulier avec votre référent et signalez rapidement toute difficulté. Une intervention précoce permet de résoudre les problèmes avant qu’ils ne s’aggravent.













