L’École hôtelière de Lausanne ouvrira en septembre 2027 un associate degree de deux ans dédié aux arts culinaires, au fine dining et au management de restaurant. Un format court pensé pour former des profils opérationnels et entrepreneuriaux.
À Lausanne, l’École hôtelière de Lausanne ajoute une nouvelle brique à son offre académique. L’établissement lancera en septembre 2027 un associate degree en Arts Culinaires Internationaux, Expérience Fine Dining et Management de Restaurant, un programme en deux ans qui marque une extension nette vers la gastronomie. Jusqu’ici surtout identifiée à la formation en hospitality management, l’école entend aussi se positionner sur des métiers où la cuisine, le service et la gestion sont de plus en plus imbriqués.
Le choix du format n’a rien d’anodin. L’école explique avoir constaté, pendant la phase de développement du programme, une préférence des étudiants pour les cursus courts, perçus comme plus directs vers l’emploi tout en laissant ouverte la possibilité de poursuivre des études. Ce nouveau diplôme, présenté comme équivalent à un Bac+2 français, doit servir à la fois de rampe de lancement vers le marché du travail et de passerelle vers un bachelor, notamment au sein de l’EHL.
Un diplôme court pour un secteur en recomposition
Le positionnement du programme répond à plusieurs évolutions que l’école juge structurelles. D’un côté, l’intérêt pour la gastronomie, la culture alimentaire et le tourisme culinaire nourrit l’essor des formations spécialisées. De l’autre, les acteurs de l’hospitalité cherchent des profils capables de dépasser la seule maîtrise technique pour penser l’expérience dans son ensemble. La restauration haut de gamme ne se résume plus à la cuisine, elle suppose aussi une compréhension du service, des boissons, de la durabilité, du marketing et des équilibres économiques.
C’est cette polyvalence que l’EHL met en avant. « Le nouveau programme répond également aux attentes évolutives des secteurs de la restauration et de l’hospitalité, ainsi qu’à celles des futurs étudiants et consommateurs. Les professionnels de la gastronomie doivent aujourd’hui combiner expertise culinaire, compétences en expérience client, culture des boissons, durabilité, marketing et gestion d’entreprise », déclare Patrick Ogheard, doyen de l’EHL School of Practical Arts.
Dans cette logique, la formation cible un public de 18 à 25 ans qui souhaite s’orienter vers la cuisine professionnelle, le management de restaurant ou l’entrepreneuriat culinaire sans s’engager immédiatement dans un cursus académique plus long. L’école prévoit des promotions de 20 à 40 étudiants, un format resserré qui doit permettre un accompagnement plus individualisé. À l’heure où de nombreuses institutions cherchent à concilier excellence opérationnelle et personnalisation des parcours, cette limitation des effectifs est aussi un signal sur le modèle pédagogique revendiqué.
Cuisine, fine dining et management dans un même cursus
Le contenu du programme repose sur trois piliers : les arts culinaires, l’expérience client en restauration gastronomique et le management de restaurant. Cette combinaison dit beaucoup du type de diplômés visés. Il ne s’agit pas seulement de former de futurs chefs, mais des professionnels susceptibles d’évoluer dans plusieurs dimensions de l’écosystème food & beverage, du pilotage d’une brigade à la création d’un concept de restauration.
L’EHL promet un enseignement à forte dominante pratique, avec 60 % du cursus consacré à l’apprentissage expérientiel. Les étudiants auront accès aux infrastructures de l’école, qui comptent 13 points de restauration d’application, parmi lesquels un restaurant étoilé Michelin, des cuisines de démonstration et l’Institute of Nutrition R&D. La faculté mobilisée réunira, selon l’établissement, des chefs de renommée internationale, des Meilleurs Ouvriers de France, des champions du monde dans différentes disciplines culinaires et de boissons, ainsi que des professeurs spécialisés et des experts de l’industrie.
Le programme ne se limite pas à l’apprentissage sur campus. Un stage de six mois dans des restaurants partenaires prestigieux est prévu, ainsi que des visites de terrain chaque semestre dans les grandes régions gastronomiques européennes et des masterclasses menées par des chefs invités. L’ensemble dessine une formation qui articule technique, immersion professionnelle et ouverture internationale, en cohérence avec une école qui accueille plus de 4 000 étudiants de plus de 120 nationalités sur trois campus en Suisse et à Singapour.
Cette architecture pédagogique traduit une évolution plus large des attentes du secteur. Les établissements de restauration, en particulier sur le segment haut de gamme, recherchent des profils capables de comprendre à la fois la production, la relation client et les logiques de gestion. L’enjeu n’est plus seulement de maîtriser un geste ou un service, mais de savoir construire une expérience cohérente et viable économiquement.
Des débouchés élargis à EHL, de la cuisine à l’entrepreneuriat
L’EHL inscrit clairement ce nouvel associate degree dans une perspective d’employabilité. Les débouchés annoncés couvrent des fonctions de chef, manager de restaurant, sommelier ou entrepreneur dans le food & beverage. L’école insiste aussi sur la capacité des diplômés à intervenir sur plusieurs segments d’un même univers professionnel, qu’il s’agisse de leadership en cuisine, de développement de concepts ou d’innovation culinaire.
Ce positionnement peut aussi se lire comme une tentative de rapprocher deux cultures parfois séparées dans l’enseignement supérieur : celle de l’exécution, centrée sur les gestes, les rythmes et les standards de production, et celle du management, davantage tournée vers la stratégie, l’organisation et la relation client. En réunissant les deux dans un format en deux ans, l’établissement cherche à capter un public attiré par la gastronomie mais sensible à la promesse d’une insertion rapide et d’une progression possible vers d’autres diplômes.
Bon à savoir
Fondée en 1893, l’institution lausannoise poursuit ainsi l’élargissement de son portefeuille académique à travers un programme qui entend faire le lien entre les métiers de terrain et les responsabilités d’encadrement. Dans un marché de la formation où la lisibilité des parcours devient un argument central, ce nouvel associate degree mise sur une promesse simple : apprendre un métier, comprendre une industrie et garder ouverte la suite du parcours.













