L’école de l’ingénierie numérique a créé son propre laboratoire d’IA, où les étudiants sont à la fois formés et formateurs. Lancé en 2025 à Paris, il a rapidement été sollicité par des entreprises en quête d’innovation dans ce domaine.
En mars 2025, l’ECE, école de l’ingénierie numérique, a inauguré son premier Intelligence Lab à Paris. En un an, entre 150 et 200 personnes l’ont déjà rejoint, nous indique Maxime Schneider, Responsable du Programme Ingénieurs et du Pôle Projets.
Parmi eux, les « makers », à savoir les étudiants formateurs accompagnateurs et animateurs de la vie du Fablab de l’intelligence artificielle. « C’est un bon démarrage, on avance petit à petit en développant de l’expertise et en écrivant des formations. Les entreprises nous sollicitent beaucoup. Plusieurs projets sont en cours, qu’ils viennent d’industries, d’entreprises partenaires, du centre de recherche… Dans un premier temps, il faut que l’on puisse les gérer et mobiliser des gens dessus ».
L’Intelligence Lab, comment ça marche ?
En quoi consiste ce concept novateur ? « L’idée, c’est d’avoir un écosystème d’étudiants », explique Paul Nouaille Degorce, en dernière année à l’ECE et Responsable de l’Intelligence Lab. Mathis, lui aussi « maker », s’apprête à prendre le relais à la tête du « Lab ».
« Nous avons une quarantaine d’étudiants qui ont tous un intérêt pour l’intelligence artificielle. Ce ne sont pas forcément des passionnés, mais des utilisateurs qui ont envie de pousser la technologie, de l’adapter, d’être au courant de ce qui se fait, développe Paul. Le but de cet écosystème est de faire circuler la connaissance. De fait, les étudiants de l’école vont à la fois former à des compétences (les « makers »), et être formés ».
« Accessible à tous »
L’Intelligence Lab a pour objectif de s’adresser « à un large public », souligne l’étudiant. « On a construit des formations dont l’entrée est accessible à tous. On va avoir des notions de data quality, que l’on considère comme l’essence de l’intelligence artificielle. On traite aussi la data privacy par exemple, des choses assez tangibles pour des personnes novices ».
Des sujets « plus poussés techniquement » sont également abordés, comme la machine learning, l’apprentissage automatique. « Au fur et à mesure, on va aller le plus loin possible en fonction des avancées technologiques et des besoins de nos différentes parties prenantes », ajoute Paul. Les inscriptions se font gratuitement via une plateforme dédiée « dans la limite des places disponibles pour que cela reste des moments d’échange en présentiel et à taille humaine », précise Maxime Schneider.
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« Un vrai plus sur le CV »
« Via cette initiative, l’école s’est fixée deux missions principales, détaille le Responsable du Programme Ingénieurs de l’ECE. La première consiste à former tous les étudiants volontaires pour les monter en compétences dès la première année. La deuxième à travailler sur des cas d’usage concrets et d’actualité majoritairement confiés par nos entreprises partenaires. Cela représente une belle expérience professionnelle pour les étudiants, et un vrai plus sur leur CV ».
Certains des projets de ce laboratoire d’IA mutent en startups incubées au sein même de l’Intelligence Lab. « Cela permet aux étudiants de se créer leurs propres opportunités, complète Paul. Ils peuvent effectuer leur stage au sein de ces entreprises. Il y a un vrai bouillonnement engendré par la diversité des profils, des parcours. Il se passe toujours des choses ! », s’enthousiasme le jeune homme.
Mi-mars 2026, l’Intelligence Lab comptait une vingtaine de partenaires dans les domaines de l’ingénierie, de l’automobile ou encore de la santé. « Ils viennent nous voir avec une problématique bien précise et nous demandent d’essayer de trouver une solution. De notre côté, on réunit une équipe qui va se creuser la tête pendant un voire plusieurs mois. Nous avons une promesse de moyens, mais pas forcément de résultats ».
« Avoir des compétences en IA est primordial pour les ingénieurs »
Plus largement, l’intelligence artificielle est devenue incontournable dans de nombreux domaines de l’ingénierie, particulièrement celui de l’ingénierie numérique, affirment Paul et Mathis. « Aujourd’hui, avoir des compétences en intelligence artificielle est primordial pour les ingénieurs. On y sera forcément confronté, en tant qu’améliorateur, créateur, ou utilisateur. Et pour utiliser le mieux possible ce genre d’outils, il faut les comprendre et les expérimenter ».
Paul, en Master Energie et Environnement, évoque notamment l’analyse de signaux de capteurs dans une éolienne. « L’IA intervient pour décrypter des tendances et faire de l’OAM (Operations And Maintenance), c’est-à-dire de la maintenance préventive. De nombreuses entreprises s’intéressent aux outils permettant d’accéder rapidement et pertinemment aux données. C’est une question centrale ».
En face, les écoles s’adaptent pour répondre au mieux à ces nouveaux défis technologiques. Avec son Intelligence Lab, l’ECE ambitionne ainsi de former les leaders de l’IA de demain, tout en multipliant les partenariats avec des acteurs majeurs du secteur.













