Vous venez d’apprendre que vous êtes admissible à l’EDHEC Business School. Maintenant vient la vraie question : c’est quoi exactement la Trilogie EDHEC ? Pas d’entretien de personnalité classique ici, pas de grand oral face à un jury. Deux heures découpées en trois phases enchaînées, un mot à piocher au hasard, un cas d’entreprise à trancher collectivement, un entretien individuel qui démarre là où les autres finissent. Un format à part, qui évalue des qualités que les colles habituelles ne travaillent pas vraiment.
Bon à savoir
La Trilogie, c’est quoi concrètement ?
Deux heures découpées en trois parties distinctes, que vous passez par petits groupes. La première phase de la Trilogie EDHEC est individuelle, la deuxième collective, la troisième un entretien en tête-à-tête avec un membre du jury. Coefficient 15 sur 25, soit autant que les langues. Chaque candidat est évalué individuellement tout au long de l’épreuve, y compris pendant le travail de groupe.
Ce que l’EDHEC cherche à observer derrière ce format, ce ne sont pas des candidats brillants en solo. Ce sont des profils capables d’agir, de coopérer et de s’adapter : l’impact, l’engagement et l’innovation sont les trois valeurs que l’école affiche et que cette épreuve est conçue pour repérer.
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Phase 1 de la Trilogie : vous piochez un mot. Vous avez une minute.
Ça commence comme ça. Chaque candidat se présente devant le jury et le reste du groupe, quatre minutes en tout, avec une minute de préparation. Jusque-là, c’est gérable. Sauf que juste avant de prendre la parole, vous piochez un mot au hasard que vous devez intégrer naturellement dans votre présentation.
Les mots tombés lors des sessions passées donnent une idée de l’étendue du spectre : livre, voyage, corruption, liberté, proverbe, enfance, photographie, crise, richesse, lumière… Aucun n’est prévisible, et c’est précisément le but. Ce n’est pas un exercice de culture générale, c’est un test de réactivité et de créativité sous contrainte.
Deux réflexes à éviter absolument. Le premier : apprendre sa présentation par cœur. Quand le mot arrive, une présentation rigide se bloque ou intègre le mot de façon mécanique, ce qui se voit immédiatement. Le second : placer le mot en début ou en fin de présentation pour s’en débarrasser. Le jury n’est pas dupe.
Ce qui fonctionne : avoir une structure souple, bien ancrée dans votre parcours et vos motivations réelles, dans laquelle vous pouvez glisser n’importe quel mot vers le milieu comme une transition naturelle. Et s’être entraîné à improviser autour de mots farfelus bien avant le jour J.
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Phase 2 de la Trilogie : quarante minutes en groupe, sans filet
C’est la phase de la Trilogie EDHEC que les candidats sous-estiment le plus et qui les surprend le plus. Un diplômé de l’EDHEC présente une problématique réelle d’entreprise via une courte vidéo. Trois pistes de réflexion sont proposées, quatre documents distribués. En groupe, vous devez analyser la situation, choisir collectivement une option stratégique et rédiger une argumentation de 300 à 400 mots. Quarante minutes en tout.
Ce qui change tout par rapport à un exercice habituel : le jury n’intervient pas. Il observe. Ce qu’il note, c’est qui prend des initiatives, qui écoute et reformule, qui fait avancer le groupe quand la discussion s’enlise, qui clarifie quand tout le monde parle en même temps. Pas besoin de monopoliser la parole pour être remarqué. Un candidat qui propose d’organiser la lecture des documents, qui reformule une idée floue pour la rendre utilisable ou qui relance le groupe quand il tourne en rond sera tout aussi visible qu’un candidat qui parle beaucoup.
Le piège classique de cette phase : perdre le fil du temps. Quarante minutes, ça paraît long, ça passe très vite. Si personne ne pilote la discussion, le groupe arrive à la synthèse écrite avec dix minutes de retard et une argumentation bâclée. Proposer une méthode dès le départ, suggérer de passer à la rédaction quand le débat a fait le tour de la question : ce sont des gestes simples qui montrent que vous savez prendre des responsabilités sans écraser les autres.
Phase 3 de la Trilogie : l’entretien qui commence là où les autres finissent
Vingt minutes en tête-à-tête avec un membre du jury. L’entretien commence par une question que peu de candidats anticipent vraiment : comment avez-vous vécu la phase 2 ? Vous devez proposer une analyse rapide et lucide de votre propre prestation : le rôle que vous avez joué, une contribution dont vous êtes satisfait, une difficulté que vous avez rencontrée et comment vous l’avez gérée.
Ce n’est pas une formalité. Les candidats qui répondent « ça s’est bien passé, bonne ambiance » passent à côté. Ce que le jury cherche ici, c’est votre capacité à prendre du recul sur vous-même, à analyser une situation collective avec honnêteté. Deux ou trois minutes suffisent, à condition qu’elles soient précises et sincères.
Sauf que ces deux ou trois minutes sont prises sur les vingt de l’entretien. Il vous reste en réalité quinze minutes environ pour les questions classiques : motivations, expériences, pourquoi l’EDHEC, projet professionnel. Quinze minutes, c’est court. Tout ce que vous avez à dire doit être préparé pour être dit rapidement, sans développement inutile.
Ce que personne ne vous dit sur l’épreuve de la Trilogie EDHEC
La Trilogie ne récompense pas les mêmes qualités que les épreuves écrites ou qu’un oral de culture générale. Un candidat très solide intellectuellement mais peu à l’aise en groupe peut s’y retrouver en difficulté. À l’inverse, quelqu’un de moins brillant sur le papier mais capable de fédérer, d’écouter et de s’adapter peut tirer son épingle du jeu.
Ce que l’EDHEC cherche à recruter, c’est visible dans le format de l’épreuve : des gens qui savent agir dans des situations imprévues, coopérer sans ego, et réfléchir vite sans se perdre. Si vous travaillez ces trois dimensions dans votre préparation, le reste suivra.
L’EDHEC publie des annales de la Trilogie sur son site officiel, notamment les problématiques proposées en phase 2. Les consulter avant l’épreuve vous donnera une idée concrète du niveau d’analyse attendu et du type de cas que vous pourriez rencontrer.













