Reprendre des études pendant plusieurs années pour obtenir un diplôme n’est pas toujours possible, ni nécessaire. La validation des acquis de l’expérience, la VAE, permet d’obtenir une certification reconnue par l’État en faisant valoir ce qu’on a appris sur le terrain. Professionnels en activité, parents au foyer, bénévoles : le dispositif s’adresse à bien plus de monde qu’on ne le croit. Voici comment ça fonctionne.
Bon à savoir
Qu’est-ce que la VAE ?
La VAE, ou validation des acquis de l’expérience, est une troisième voie d’accès à la certification en France, équivalente à la formation initiale, continue ou en alternance. Elle permet à toute personne de faire reconnaître officiellement les compétences acquises par l’expérience, sans avoir à repasser par les bancs de l’école.
Les certifications accessibles par la VAE sont inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles, le RNCP. Il peut s’agir de diplômes d’État, de titres professionnels ou de certificats de qualification professionnelle, à tous les niveaux, du CAP au master.
Lire aussi : Une nouvelle approche dans la formation professionnelle : la VAE inversée
Qui peut faire une VAE ?
Depuis la loi du 21 décembre 2022, toute personne peut déposer un dossier, quels que soient son statut, son âge ou sa nationalité. La condition de durée minimale d’expérience d’un an, qui existait avant la réforme, a disparu depuis le 1er janvier 2024. Le dossier est désormais évalué sur la pertinence des compétences, pas sur la durée brute.
La VAE prend en compte une large diversité d’expériences, qu’elles soient professionnelles, bénévoles ou volontaires. Une activité salariée, une mission de bénévolat, une période d’aidant familial ou même un stage peuvent être valorisés, à condition d’être en lien avec la certification visée.
Quels diplômes peut-on obtenir par la VAE ?
La VAE donne accès à des certifications de tous niveaux, du CAP au master. Les diplômes d’État délivrés par l’Éducation nationale, comme le bac professionnel ou le BTS, sont accessibles. Les diplômes de l’enseignement supérieur, comme les licences ou les masters universitaires, le sont également, tout comme les titres professionnels du ministère du Travail.
Sur la plateforme France VAE, plus de 1 400 certifications professionnelles sont déjà accessibles. La liste s’étend progressivement depuis le déploiement de la réforme. Les agents publics suivent une procédure différente et ne passent pas par cette plateforme.
Comment fonctionne la procédure VAE ?
Le parcours VAE débute par le dépôt de la candidature sur la plateforme France VAE. Un architecte accompagnateur de parcours est ensuite attribué automatiquement au candidat. Cet accompagnateur aide à construire le dossier de validation, appelé livret 2, dans lequel le candidat décrit en détail les activités exercées et les compétences développées, en les mettant en regard des attendus de la certification visée.
Le dossier est ensuite examiné par un jury composé de professionnels et d’enseignants. Ce jury peut prononcer une validation totale, une validation partielle portant sur certains blocs de compétences, ou un refus. En cas de validation partielle, le candidat sait précisément quels blocs il lui reste à valider, par formation ou par une nouvelle VAE.
Qu’est-ce que le congé VAE ?
Le congé VAE est un droit qui permet aux salariés de s’absenter de leur poste pour préparer et présenter leur dossier. Depuis le décret du 10 avril 2024, ce congé est passé de 24 à 48 heures. Il s’applique aux parcours VAE initiés à compter du 13 avril 2024. L’employeur ne peut pas le refuser, sauf report justifié.
La VAE est-elle financée ?
La VAE peut être financée par plusieurs dispositifs selon le profil du candidat. Les salariés peuvent mobiliser leur compte personnel de formation, le CPF, pour couvrir les frais d’accompagnement. Les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier d’une prise en charge par France Travail. Certaines régions proposent aussi des aides spécifiques.
Le coût d’une VAE varie selon la certification visée et l’organisme accompagnateur. Les frais de dossier et de jury sont en général à la charge de l’établissement certificateur, tandis que l’accompagnement peut représenter plusieurs centaines d’euros selon sa durée.
Combien de temps dure une VAE ?
La durée d’un parcours VAE varie selon la complexité de la certification visée, le temps disponible du candidat et la qualité de son expérience. En pratique, un parcours se déroule sur six mois à deux ans entre le premier dépôt de candidature et le passage devant le jury.
La réforme de 2022 a simplifié le processus pour le rendre plus rapide, notamment grâce à la plateforme numérique unique et à l’accompagnement systématique. Mais la partie la plus exigeante reste la rédaction du livret 2, qui demande un vrai travail de formalisation de son expérience.
Quel est le taux de réussite de la VAE ?
Les chiffres montrent que la VAE reste sélective. En 2020, environ 42 000 personnes se sont portées candidates. Parmi elles, 18 000 ont obtenu la certification complète, soit un taux de réussite de 61 %, sans compter les validations partielles qui représentaient 27 % des candidats. La réforme vise à améliorer ces résultats en rendant le parcours plus lisible et mieux accompagné.
Non. Seules les certifications inscrites au RNCP sont accessibles par la VAE. Plus de 1 400 certifications sont disponibles sur la plateforme France VAE, mais certains diplômes ne sont pas encore accessibles via ce dispositif. Il faut vérifier sur la plateforme si la certification visée est éligible.
Non, depuis le 1er janvier 2024. La réforme issue de la loi du 21 décembre 2022 a supprimé la condition de durée minimale d’expérience. Le dossier est désormais évalué sur la pertinence des compétences par rapport à la certification visée.
Oui. Les diplômes de l’enseignement supérieur, y compris les masters universitaires, sont accessibles par la VAE. La procédure passe par l’université concernée, qui organise l’examen du dossier et le passage devant le jury.
En cas de validation partielle, le jury indique précisément les blocs de compétences validés et ceux qui restent à acquérir. Le candidat peut alors compléter sa certification par une formation courte ou présenter à nouveau une VAE sur les blocs manquants.















