Douze ans après la fin de son précédent grade de master, l’ESC Amiens referme une longue parenthèse. Son Programme Grande École bénéficie de nouveau de cette reconnaissance académique à compter de la rentrée 2026, pour une durée de trois ans. Une étape symbolique pour une école fondée en 1942, sortie fragilisée de l’épisode France Business School et engagée depuis dans une reconstruction progressive de son offre, de sa recherche et de son implantation territoriale.
La Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion a rendu un avis favorable au renouvellement du visa bac+5 et à l’attribution du grade de master au Programme Grande École pour trois années, du 1er septembre 2026 au 31 août 2029. L’ESC Amiens comptait déjà parmi les premières écoles autorisées à conférer ce grade au début des années 2000. France Compétences fait remonter sa première habilitation au 1er septembre 2003, avant une échéance définitive de l’ancien diplôme en 2014.
Pourquoi l’ESC Amiens avait-elle perdu son grade de master ?
L’histoire récente de l’école est indissociable de France Business School. En 2012, Amiens rejoint Brest, l’ESC Clermont et l’ESCEM Tours-Poitiers dans ce projet de regroupement destiné à créer une nouvelle grande école multicampus. L’expérience tourne court. Les établissements retrouvent progressivement leur autonomie à partir de 2014 et France Business School disparaît officiellement en 2015.
La nouvelle reconnaissance acquise en 2026 ne constitue donc pas un simple renouvellement administratif. Elle marque l’aboutissement d’une reconstruction commencée il y a plus de dix ans.
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Que change le retour du grade de master pour l’ESC Amiens ?
Le grade redonne d’abord au Programme Grande École une reconnaissance académique centrale dans l’univers des écoles de management françaises. Il permet aussi à l’ESC Amiens de se rapprocher de nouveau des standards institutionnels associés aux Grandes Écoles les mieux établies et de prétendre à une meilleure visibilité dans certains classements et réseaux.
Le PGE est accessible après un bac+3 et se déroule sur deux ans. Il propose quatre grandes spécialisations, Business Strategy, Finance d’entreprise, Marketing et transformation digitale et International Strategy, avec plusieurs combinaisons d’options autour de la data, de l’intelligence artificielle, des ressources humaines ou encore du contrôle financier.
Bon à savoir
La professionnalisation occupe une place importante dans le modèle. La direction évoque entre 39 et 45 semaines d’immersion en entreprise selon les cursus et 70,87 % d’apprentis au niveau Master. La direction résume cette orientation par une formule, « l’entreprise dans l’école et l’école dans l’entreprise », en insistant notamment sur les PME et ETI du tissu économique picard.
L’établissement revendique aussi une approche ancienne des compétences comportementales. Dès les années 1980, l’ESC Amiens travaillait sur l’évaluation des soft skills. Depuis 2025, son Certificate of Soft Skills, ou COSS, permet d’intégrer certaines compétences comportementales et extrascolaires dans les crédits ECTS. L’école indique avoir enregistré 75 000 feedbacks et certifié 650 compétences au cours de la première année du dispositif.
Pas de changement de nom au programme pour l’ESC Amiens
Le retour du grade intervient aussi dans un contexte particulier pour l’enseignement supérieur picard. L’ESC Amiens est une association et revendique un positionnement de proximité avec son territoire, ses entreprises et l’Université de Picardie Jules Verne. Si les grandes écoles de commerces traditionelles ont perdu le sigle “ESC” de leurs noms, ce n’est pas dans la volonté immédiate de la direction de l’école, qui souhaite d’abord que l’école renoue avec son passé.
En effet, 68 % de ses étudiants viennent des Hauts-de-France et 65 % des diplômés commencent ou poursuivent leur carrière dans la région. L’étude BSIS réalisée en 2023 évaluait à plus de 32 millions d’euros l’impact économique direct et indirect de l’école sur son territoire. Retisser les liens avec les lycées locaux est primordial, après que la perte du grade ait fermé des portes à l’école.
Une identité locale qui n’entrave pas le cap sur l’international
Cette implantation locale ne signifie pas pour autant que l’école renonce à l’international. Près d’un quart de ses étudiants sont internationaux. Elle compte actuellement 34 universités partenaires et trois doubles diplômes internationaux.
Ces trois accords concernent l’Université de Florence au niveau Bachelor, l’Université de Mons au niveau Master (sans réelle limite de places) et SRH University Heidelberg en Allemagne, en spécialité commerce international.
L’ESC Amiens vise désormais 1 000 étudiants en 2030
L’école accueille aujourd’hui environ 700 étudiants et compte plus de 11 000 diplômés depuis sa création. À l’horizon 2030, elle veut atteindre environ 1 000 étudiants, avec un développement réparti entre le Programme Grande École, le Bachelor et les formations en ligne.
L’objectif affiché n’est pourtant pas de changer brutalement d’échelle. L’école insiste sur la « croissance maîtrisée » et sur la volonté de conserver un modèle à taille humaine. L’école veut parallèlement poursuivre le développement de ses doubles diplômes, renforcer la recherche et travailler sur de nouvelles reconnaissances internationales, notamment dans l’écosystème de l’EFMD.
Le Bachelor représente l’autre pilier historique de l’établissement. Son origine remonte à 1988, bien avant la généralisation des bachelors dans les écoles de commerce françaises. Le diplôme actuel en Gestion et Marketing est visé par l’État pour cinq ans à compter de septembre 2024. Il ne dispose en revanche pas actuellement du grade de licence.
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Quel futur pour l’ESC Amiens ?
Pour l’ESC Amiens, le grade de master retrouvé en 2026 est donc davantage un point de départ qu’une fin. L’école récupère une reconnaissance qu’elle possédait avant France Business School, mais doit désormais la consolider au-delà de 2029, poursuivre l’internationalisation et obtenir les labels qui lui permettraient de réduire encore l’écart institutionnel avec les écoles de management les plus reconnues.
Après être devenue EFMD accredited, l’école pourrait être tentée d’aller chercher l’une des trois accréditations phares : EQUIS, AACSB et AMBA sur un horizon lointain. Mais avant cela, l’étape la plus immédiate, sera peut être, de faire à nouveau partie de la Conférence des grandes écoles (CGE).
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