Les BUT les plus difficiles à valider ne sont pas nécessairement les plus sélectifs sur Parcoursup. Une spécialité peut recevoir des milliers de candidatures puis afficher une très bonne réussite une fois les étudiants admis. À l’inverse, certains BUT perdent une part importante de leur promotion entre l’inscription en première année et l’obtention du diplôme trois ans plus tard.
Les premières données nationales permettent désormais de mesurer ce phénomène. Parmi les néobacheliers entrés en Bachelor universitaire de technologie à la rentrée 2021, 54,9 % ont obtenu leur BUT en trois ans, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Le taux atteint 53,1 % dans les spécialités du secteur de la production et 56,2 % dans celles des services. Près de 45 % des étudiants de la première cohorte n’ont donc pas décroché le diplôme dans sa durée théorique.
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Quels sont les BUT les plus difficiles à valider ?
Les écarts entre spécialités ne permettent pas encore d’établir un classement aussi stable que pour des diplômes plus anciens. Le ministère ne dispose que de la première promotion complète du nouveau BUT, celle entrée en 2021 et diplômée en 2024. La prochaine étude nationale, portant sur la session 2025, doit être publiée en novembre 2026.
Les premiers résultats permettent néanmoins de repérer plusieurs formations où le parcours peut être particulièrement difficile. Le secteur de la production obtient globalement moins de diplômés en trois ans que celui des services, avec respectivement 53,1 % et 56,2 %. Il ne faut pas transformer ces résultats locaux en taux nationaux. Un BUT GEII peut afficher moins de 30 % de diplômés dans un IUT et des résultats nettement meilleurs ailleurs. Le profil des étudiants recrutés, l’alternance, les réorientations et l’organisation pédagogique modifient fortement les résultats.
1-Le BUT Génie électrique et informatique industrielle peut être particulièrement difficile
Le BUT Génie électrique et informatique industrielle, ou BUT GEII, combine électronique, énergie, automatismes, informatique industrielle, mathématiques et physique. Cette polyvalence constitue l’une des forces du diplôme, mais elle impose également de maîtriser simultanément plusieurs disciplines scientifiques et techniques.
Les chiffres de CY Cergy Paris Université donnent un exemple frappant. Pour la promotion 2022-2025, le taux d’obtention du diplôme atteint 36 % sur le site de Neuville-sur-Oise et seulement 24 % sur celui de Sarcelles. L’université calcule bien cet indicateur en rapportant le nombre d’étudiants arrivés jusqu’au BUT3 au nombre d’inscriptions administratives en BUT1.
Ces résultats ne signifient pas que trois quarts des étudiants français échouent en GEII. Ils concernent deux sites précis et une seule promotion. Ils montrent en revanche que le parcours jusqu’au diplôme peut être nettement plus difficile que ne le suggère le seul taux de réussite des étudiants déjà parvenus en troisième année.
2-Le BUT Management de la logistique et des transports
Le BUT Management de la logistique et des transports, anciennement Gestion logistique et transport, demande des compétences particulièrement variées. Les étudiants travaillent sur les différents modes de transport, la supply chain, la gestion des stocks, les systèmes d’information, le droit, les statistiques, la comptabilité, les langues et le management.
À l’IUT de Cergy-Pontoise, 41 % des 70 étudiants inscrits en première année de la promotion 2022-2025 ont obtenu leur BUT trois ans plus tard. La promotion précédente affichait un taux de 48 %. Là encore, le calcul porte sur la cohorte initiale et non uniquement sur les étudiants présents aux examens de troisième année.
Cette différence est fondamentale. Afficher 90 % de réussite parmi les étudiants arrivés en BUT3 peut masquer les départs intervenus pendant les deux premières années. Pour mesurer la difficulté réelle à valider un BUT, il est plus pertinent de suivre les étudiants depuis leur inscription initiale.
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3-Le BUT Génie civil – Construction durable est l’un des plus durs à valider
Le BUT Génie civil – Construction durable forme aux métiers du bâtiment et des travaux publics. Le programme mêle résistance des matériaux, structures, géotechnique, thermique, méthodes de construction, dimensionnement et gestion de projet. La part importante de sciences appliquées et de travaux pratiques rend la formation exigeante pour les étudiants dont les bases scientifiques sont fragiles.
À CY Cergy Paris Université, 57 % de la promotion entrée en 2022 a atteint la diplomation en 2025. L’indicateur porte sur 104 étudiants initialement inscrits en BUT1. Les résultats varient néanmoins énormément entre établissements. L’Université d’Artois annonce par exemple 89 % de réussite globale sur les trois années du BUT Génie civil en 2025. Le contraste illustre parfaitement pourquoi il serait trompeur de présenter un taux unique comme celui de tous les BUT Génie civil français.
4-Le BUT Qualité, logistique industrielle et organisation
Le BUT QLIO associe organisation industrielle, supply chain, gestion de la qualité, statistiques, systèmes d’information et amélioration continue. Les étudiants doivent comprendre à la fois les flux physiques d’une entreprise, son organisation et les outils permettant de mesurer et d’améliorer sa performance.
Bon à savoir
À Cergy, le taux d’obtention de la promotion 2022-2025 atteint 57 %. Le calcul porte sur les 46 étudiants inscrits en première année et ayant ensuite obtenu le diplôme en trois ans. D’autres IUT affichent des performances beaucoup plus élevées. À Nantes, le taux de réussite communiqué sur trois ans pour la promotion 2025 atteint 88,24 %. Cette amplitude montre une nouvelle fois que le nom du BUT ne suffit pas pour prédire la réussite d’un étudiant.
5-Le BUT Réseaux et télécommunications est considéré très difficile
Réseaux informatiques, télécommunications, cybersécurité, programmation, administration des systèmes et électronique font du BUT Réseaux et télécommunications une formation technique dense. Les étudiants qui l’intègrent uniquement pour son lien avec l’informatique peuvent être surpris par la place des réseaux physiques, des télécommunications et des enseignements scientifiques.
À l’IUT de La Roche-sur-Yon, Nantes Université indique un taux de réussite de 65,3 % en 2025 pour le BUT Réseaux et télécommunications. Le taux atteint en revanche 94 % pour les alternants. Le passage en alternance peut en effet sélectionner des étudiants ayant déjà franchi les premières étapes du cursus et leur apporter un cadre professionnel supplémentaire.
6-Le BUT Gestion des entreprises et des administrations
Le BUT Gestion des entreprises et des administrations, ou BUT GEA, n’est pas une formation scientifique, mais sa polyvalence peut elle aussi provoquer des difficultés. Comptabilité, fiscalité, droit, contrôle de gestion, économie, management et statistiques imposent de passer constamment d’un type de raisonnement à un autre.
L’exemple de l’Université de Tours montre que la première année peut constituer le principal filtre. En 2024-2025, 63,2 % des étudiants présents dans le cursus validaient leur BUT1. Sur le parcours Gestion comptable, fiscale et financière, le taux montait ensuite à 80,5 % en BUT2 et à 91,2 % en BUT3.
Ces chiffres ne correspondent pas au même indicateur que le suivi national sur trois ans : ils mesurent la validation de chaque année. Ils révèlent néanmoins un phénomène important dans les IUT : la difficulté se concentre souvent en BUT1. À l’échelle nationale, seuls 71,8 % des néobacheliers entrés en BUT en 2021 sont passés directement en deuxième année.
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7-Le BUT Génie biologique fait partie lui aussi des plus durs
Le BUT Génie biologique demande de solides bases scientifiques et une grande régularité. Biologie, biochimie, microbiologie, physiologie, chimie et techniques de laboratoire accompagnent les étudiants avant leur spécialisation dans des parcours comme Biologie médicale et biotechnologie ou Sciences de l’environnement et écotechnologies.
À Cergy, les deux parcours proposés affichent chacun 70 % d’obtention du diplôme pour la promotion 2022-2025. Le parcours Biologie médicale et biotechnologie comptait 47 étudiants lors de l’entrée en première année.
Un taux de 70 % reste supérieur à la moyenne nationale de l’ensemble des BUT, mais signifie tout de même que trois étudiants sur dix de la cohorte initiale n’obtiennent pas ce diplôme dans les trois années prévues. Leur situation peut toutefois relever aussi bien d’une réorientation que d’un échec.
8-Le BUT Métiers du multimédia et de l’Internet
Le BUT MMI présente une difficulté différente. Il faut simultanément travailler le développement web, la création numérique, la communication, le design, l’audiovisuel et la gestion de projet. Un étudiant très à l’aise dans une dimension du cursus peut donc rencontrer davantage de difficultés dans les autres.
Les chiffres disponibles montrent néanmoins que cette polyvalence ne conduit pas nécessairement à de faibles résultats. À Cergy, 88 % des 60 étudiants de la promotion 2022-2025 ont obtenu leur diplôme en trois ans. À l’Université de Tours, les taux annuels 2024-2025 étaient de 85,1 % en première année, 77 % en deuxième année et 86 % en troisième année parmi les étudiants présents aux examens.
MMI permet ainsi de rappeler qu’une formation au programme chargé n’est pas automatiquement l’une des plus difficiles à valider statistiquement. La difficulté académique ressentie et le taux de diplomation sont deux notions différentes.
9-Le BUT Informatique est-il difficile à valider ?
Le BUT Informatique est souvent perçu comme exigeant en raison de la programmation, de l’algorithmique, des bases de données, des systèmes et réseaux et des mathématiques. La première année peut notamment surprendre les étudiants qui aiment l’informatique mais n’ont jamais réellement programmé ou qui sous-estiment la dimension théorique de la formation.
Les taux publiés localement peuvent toutefois être élevés. À l’IUT de Nantes, la promotion 2025 affiche 87,97 % de réussite sur trois ans, avec 82,61 % en BUT1, 89,02 % en BUT2 et 94,03 % en BUT3. Une fois encore, la difficulté du programme ne se traduit donc pas mécaniquement par un faible taux d’obtention.
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10-Le BUT Techniques de commercialisation est-il facile ?
Le BUT Techniques de commercialisation, ou BUT TC, peut sembler plus accessible que les spécialités industrielles parce que son programme ne repose pas sur les mêmes disciplines scientifiques.
Mais les résultats varient fortement selon les établissements. À Cergy, 69 % de la promotion 2021-2024 a obtenu le diplôme en trois ans sur le site de Sarcelles, contre 78 % à Pontoise et Saint-Martin. À Tours, les taux de validation de la promotion 2024-2025 atteignaient au contraire 98,1 % en première année et jusqu’à 100 % dans certains parcours de deuxième et troisième année parmi les étudiants présents aux examens.
Ces deux séries de chiffres ne mesurent pas exactement la même chose. Cergy suit une cohorte depuis son inscription en BUT1 jusqu’au diplôme, tandis que Tours calcule la réussite annuelle des étudiants présents aux examens. C’est précisément pourquoi il faut vérifier la définition d’un « taux de réussite » avant de comparer deux IUT.
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Pourquoi seulement 54,9 % des étudiants valident-ils leur BUT en trois ans ?
Le chiffre national de 54,9 % peut paraître étonnamment faible pour une formation sélective à l’entrée. La première explication tient au mode de calcul : le ministère suit tous les néobacheliers administrativement inscrits en BUT1 en 2021 et vérifie s’ils ont obtenu le BUT trois ans plus tard. Toute sortie du cursus fait donc baisser le taux.
Une partie des étudiants se réoriente après quelques mois ou après la première année. D’autres quittent l’IUT après deux années, notamment après l’obtention du DUT intermédiaire, pour poursuivre dans une autre formation. Ces trajectoires ne sont pas nécessairement des échecs scolaires, même si elles apparaissent comme des non-diplomations au BUT.
Le passage en BUT2 constitue d’ailleurs le principal verrou. Pour la première cohorte, 71,8 % seulement des étudiants sont passés directement en deuxième année. Le taux de passage en troisième année tombe à 57,5 %, avant d’aboutir à 54,9 % de diplômés en trois ans.
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Quel bac donne les meilleures chances de valider un BUT ?
Bon à savoir
Le type de baccalauréat produit des écarts bien plus importants que les quelques points séparant les secteurs de formation. Parmi les néobacheliers de 2021, 62,4 % des bacheliers généraux obtiennent leur BUT en trois ans, contre 44,9 % des bacheliers technologiques et 37,7 % des bacheliers professionnels. Pour les seuls STMG, le taux atteint 46,9 %.
La mention au bac est encore plus discriminante. 66,4 % des titulaires d’une mention Très bien et 64,2 % de ceux ayant obtenu une mention Bien décrochent leur diplôme en trois ans. Le taux descend à 39,6 % pour les bacheliers admis sans mention au premier groupe et à seulement 18,6 % pour ceux ayant obtenu leur bac au rattrapage.
Cela ne signifie pas qu’un bachelier technologique ou professionnel ne peut pas réussir en IUT. Les BUT ont au contraire vocation à accueillir une part importante de bacheliers technologiques. Les données montrent simplement que le niveau scolaire au moment de l’entrée reste fortement lié aux chances de terminer le cursus dans les trois années prévues.
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