Quelles sont les licences les plus difficiles à valider en France ? La réponse n’est pas la même que pour les licences les plus sélectives sur Parcoursup. Une formation peut accepter une grande partie des candidats et se révéler difficile une fois à l’université. À l’inverse, une licence très demandée peut sélectionner de bons dossiers à l’entrée et afficher ensuite des taux de réussite relativement élevés.
Pour mesurer la difficulté à valider le diplôme, les données les plus utiles sont donc celles du ministère de l’Enseignement supérieur sur le passage en deuxième année et l’obtention de la licence en trois ou quatre ans. D’après la dernière Note Flash détaillée du SIES, seulement 40,3 % des bacheliers 2020 entrés directement en L1 ont obtenu une licence en trois ou quatre ans. La réussite varie fortement selon la discipline, de 34,2 % en langues à 45 % en psychologie.
Bon à savoir
Attention toutefois, un faible taux de réussite ne prouve pas à lui seul qu’un programme est académiquement plus difficile. Le niveau scolaire initial, l’origine du baccalauréat, les réorientations et le degré d’adéquation entre le profil de l’étudiant et la formation influencent fortement les statistiques.
Quelles sont les licences les plus difficiles à valider ?
En utilisant le taux d’obtention du diplôme en trois ou quatre ans comme indicateur principal, les disciplines suivies par le SIES se classent ainsi :
Les licences les plus difficiles à valdier
- Langues : 25,3 % de réussite en trois ans et 34,2 % en trois ou quatre ans.
- Administration économique et sociale (AES) : 25,2 % en trois ans et 34,3 % en trois ou quatre ans.
- Sciences et santé : 24,8 % en trois ans et 36,6 % en trois ou quatre ans.
- STAPS : 31,3 % en trois ans et 41,9 % en trois ou quatre ans.
- Sciences économiques : 32,2 % en trois ans et 43,2 % en trois ou quatre ans.
- Droit et sciences politiques : 30,4 % en trois ans et 43,3 % en trois ou quatre ans.
- Psychologie : 33,8 % en trois ans et 45 % en trois ou quatre ans.
Le résultat est assez différent de ce que pourrait laisser penser la réputation des différentes filières. Le droit n’est pas la licence affichant le plus faible taux d’obtention. STAPS n’est pas non plus dernière. Et les langues ainsi que l’AES enregistrent les taux les plus faibles parmi les disciplines isolées dans la publication du ministère.
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Et pourquoi la PASS est absente ?
Le PASS est souvent considéré comme l’une des premières années universitaires les plus exigeantes, mais il ne s’agit pas juridiquement d’une licence. Il n’est donc pas intégré à ce classement. Il faut également distinguer deux notions : valider son année de PASS et être admis en deuxième année de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique ou kinésithérapie. Un étudiant peut obtenir les crédits nécessaires pour valider son année sans être suffisamment bien classé pour accéder à la filière de santé souhaitée.
En plus, il ne faut surtout pas transformer le classement précédent en hiérarchie absolue de la difficulté intellectuelle. Les profils entrants ne sont pas identiques. En droit et sciences politiques, 87,7 % des étudiants concernés étaient titulaires d’un bac général et 36,7 % avaient obtenu une mention Bien ou Très bien. En AES, ces proportions tombaient respectivement à 71,1 % et 15,9 %.
Autrement dit, comparer uniquement les taux bruts revient en partie à comparer des populations étudiantes différentes.
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1. Les licences de langues affichent le plus faible taux de validation
Avec 34,2 % des étudiants obtenant une licence en trois ou quatre ans, les langues arrivent en dernière position dans les données nationales détaillées du SIES. Seulement 25,3 % des étudiants de la cohorte étudiée ont validé le diplôme dans les trois années théoriquement prévues. La catégorie rassemble plusieurs cursus et ne signifie pas que toutes les licences de langues présentent exactement la même difficulté.
En LLCER, les attendus nationaux demandent notamment un très bon niveau dans la langue étudiée, de fortes capacités rédactionnelles, une compréhension fine des textes, un goût prononcé pour la lecture et une importante autonomie dans le travail. La formation ne consiste donc pas simplement à perfectionner son expression orale. Littérature, civilisation, linguistique, traduction et analyse de textes occupent une place importante.
L’autonomie peut également surprendre à l’arrivée du lycée. Les étudiants disposent parfois de relativement peu d’heures de cours mais doivent fournir un travail personnel important et régulier.
Les statistiques doivent néanmoins être relativisées. Les étudiants inscrits en langues présentent, dans les données du ministère, un profil scolaire initial moins favorable que ceux inscrits en droit ou en sciences : 77,1 % possédaient un bac général et 25,3 % une mention Bien ou Très bien.
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2. La licence AES : seulement 34,3 % de diplômés en trois ou quatre ans
L’administration économique et sociale affiche un taux presque identique : 34,3 % des bacheliers entrés en L1 obtiennent une licence dans les quatre années suivantes et seulement 25,2 % réussissent en trois ans.
La difficulté de l’AES tient notamment à son caractère extrêmement transversal. Contrairement à une licence spécialisée dès la première année, l’étudiant doit travailler simultanément l’économie, la gestion, le droit, les statistiques, les sciences sociales, les langues et parfois l’informatique.
Un étudiant à l’aise en dissertation peut donc rencontrer des difficultés en statistiques ou en comptabilité. À l’inverse, un profil quantitatif doit maîtriser la méthodologie juridique et les matières rédactionnelles.
Mais l’AES illustre parfaitement la limite d’un classement fondé uniquement sur le taux de réussite. Parmi les disciplines suivies par le SIES, elle accueille la plus faible proportion de bacheliers généraux, 71,1 %, et seulement 15,9 % des étudiants avaient décroché une mention Bien ou Très bien au bac. Il serait donc abusif d’en conclure que les examens d’AES sont nécessairement les plus difficiles de France.
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3. Sciences et santé : une licence difficile à mesurer, mais seulement 36,6 % de réussite
Le groupe sciences-santé affiche 36,6 % de réussite en trois ou quatre ans, avec seulement 24,8 % de diplômés au bout des trois années normales.
Ce chiffre correspond bien davantage à l’image traditionnelle d’études universitaires exigeantes. Mathématiques, physique, chimie, informatique, sciences de la vie ou sciences de la Terre reposent fréquemment sur des connaissances cumulatives. Une lacune dans les notions fondamentales du premier semestre peut handicaper l’étudiant dans les enseignements suivants.
Les formations scientifiques demandent également une combinaison entre raisonnement théorique, calcul, travaux pratiques et parfois programmation. Une licence d’informatique, par exemple, nécessite dès le départ logique, raisonnement et maîtrise d’un socle scientifique, notamment mathématique.
La présence des licences accès santé complique encore davantage le chiffre. Certains étudiants rejoignent médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie au cours du cursus et ne valident donc pas nécessairement la licence initiale.
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4. STAPS : la première année constitue un obstacle important
La licence STAPS affiche 41,9 % de réussite en trois ou quatre ans, un résultat supérieur aux langues, à l’AES et aux sciences-santé. Elle se distingue toutefois par un taux de passage en deuxième année particulièrement faible. La difficulté vient en partie d’une mauvaise représentation de la formation.
STAPS n’est pas une licence où l’essentiel du temps est consacré à pratiquer du sport. Les activités sportives ne représentent qu’une partie de l’emploi du temps. Le reste comprend notamment physiologie, anatomie, biomécanique, psychologie, sociologie, histoire du sport et méthodologie.
Il faut donc être capable de réussir simultanément dans des disciplines scientifiques, rédactionnelles et pratiques. C’est une forme de difficulté différente de celle d’une licence de mathématiques ou de droit : l’étudiant doit davantage être polyvalent que spécialisé dans un seul type de raisonnement.
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5. Sciences économiques : les mathématiques font la différence
Avec 43,2 % de diplômés en trois ou quatre ans, les sciences économiques se placent au-dessus de la moyenne nationale observée dans la Note Flash du SIES. Cela ne signifie pas que la licence est facile.
L’économie universitaire est beaucoup plus quantitative que l’enseignement de SES au lycée. Microéconomie, macroéconomie, statistiques, probabilités, économétrie et parfois programmation apparaissent progressivement dans le cursus.
Les étudiants disposant de bonnes bases quantitatives disposent donc d’un avantage important. À l’inverse, choisir une licence économie uniquement parce que l’on appréciait les SES au lycée peut conduire à sous-estimer la place du raisonnement mathématique.
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6. Le droit est-il vraiment l’une des licences les plus difficiles ?
La licence de droit possède probablement l’une des réputations de difficulté les plus fortes à l’université. Pourtant, 43,3 % des étudiants de la cohorte étudiée obtiennent leur licence en trois ou quatre ans, soit mieux que la moyenne générale.
Le paradoxe s’explique en partie par le profil des étudiants. Car le droit et les sciences politiques accueillent davantage de bons dossiers scolaires que plusieurs autres disciplines. Près de 88 % des étudiants de la cohorte étaient titulaires d’un bac général et 36,7 % avaient obtenu une mention Bien ou Très bien.
Malgré ce profil plus favorable, seulement environ la moitié des néo-bacheliers passent directement en deuxième année. Cela confirme l’existence d’un véritable choc méthodologique en L1. L’étudiant découvre le commentaire d’arrêt, le cas pratique et la dissertation juridique, avec un vocabulaire et des raisonnements nouveaux. Le droit constitue donc un bon exemple de licence pouvant être académiquement exigeante sans apparaître au bas d’un classement brut des taux de réussite.
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Psychologie : très demandée, mais la meilleure réussite du comparatif
La psychologie fournit probablement la meilleure démonstration de la différence entre sélectivité et difficulté à valider.
Elle est extrêmement demandée sur Parcoursup, mais atteint le taux de réussite le plus élevé parmi les disciplines isolées par le SIES : 45 % en trois ou quatre ans, dont 33,8 % dans les trois années prévues.
Cela ne signifie évidemment pas que le cursus est facile. La licence comprend notamment psychologie cognitive, sociale, clinique et du développement, mais également neurosciences, statistiques et méthodologie scientifique.
Le chiffre montre surtout qu’une forte demande à l’entrée ne permet absolument pas de déduire le niveau d’échec une fois inscrit.
C’est précisément pour cette raison qu’un classement des licences les plus difficiles à valider doit être séparé d’un classement des licences les plus sélectives sur Parcoursup.
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Pourquoi les taux de réussite ne permettent pas de mesurer parfaitement la difficulté
Le principal problème tient à un biais de sélection à l’entrée. Les étudiants n’arrivent pas dans chaque filière avec le même niveau scolaire. La dernière étude détaillée du SIES montre un écart spectaculaire selon la mention au bac : 69,7 % des titulaires d’une mention Très bien obtiennent leur licence en trois ou quatre ans, contre 21,6 % des bacheliers sans mention ayant obtenu leur diplôme dès le premier groupe et seulement 8,8 % pour ceux passés par le rattrapage.
Le type de bac joue encore davantage. Le taux atteint 46,1 % chez les bacheliers généraux, contre 14 % chez les bacheliers technologiques et 6,5 % chez les bacheliers professionnels.
La situation sociale est également corrélée à la réussite : 48,8 % des étudiants issus des catégories sociales les plus favorisées obtiennent leur licence en trois ou quatre ans, contre 32 % parmi les catégories défavorisées.
L1 ou L3 : à quel moment une licence est-elle la plus difficile à valider ?
Une autre erreur consiste à regarder uniquement la réussite en L3. Les étudiants arrivés en troisième année ont déjà franchi les principaux filtres du cursus. À l’échelle nationale, environ la moitié seulement des néo-bacheliers inscrits en L1 passent directement en L2 l’année suivante.
Bon à savoir
Le taux de réussite d’une L3 peut donc être relativement élevé tout en appartenant à un cursus où une grande partie de la promotion initiale a déjà redoublé, changé de formation ou quitté l’université. Pour déterminer quelles licences sont réellement difficiles à valider, l’indicateur le plus pertinent reste donc le suivi d’une cohorte depuis la L1 jusqu’à l’obtention du diplôme trois ou quatre ans plus tard.
À cette mesure, les langues, l’AES et le bloc sciences-santé présentent actuellement les taux les plus faibles. Mais si l’on cherche plutôt la difficulté académique intrinsèque des enseignements, le classement devient beaucoup moins évident : sciences quantitatives, économie, droit et STAPS imposent chacune des compétences très différentes et ne recrutent pas les mêmes étudiants.
C’est aussi pourquoi ce classement ne préjuge en rien du prochain consacré aux licences les plus difficiles à intégrer. Les deux questions sont statistiquement et académiquement distinctes.














