Depuis le 17 avril 2026, c’est officiel. Le PASS et la LAS disparaissent. Les deux ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé ont annoncé leur remplacement par une voie unique dès la rentrée 2027, baptisée « licence portail santé ». Pour les lycéens qui visent la médecine, la pharmacie ou d’autres filières de santé, faisons le point sur ce qui change concrètement.
Pourquoi le PASS et la LAS sont-ils supprimés ?
Instauré en 2020 pour remplacer la PACES, le duo PASS et LAS devait diversifier les profils et rendre l’accès aux études de santé plus humain. Six ans plus tard, le bilan est sévère. L’Académie nationale de médecine elle-même a qualifié le système d’« excessivement complexe » et d’« incompris des lycéens, de leurs parents et de la société ». Les grandes disparités entre universités, le stress généré et le parcours jugé illisible ont conduit le gouvernement à trancher, malgré les demandes de report formulées par la Conférence des doyens de médecine.
À lire aussi
Qu’est-ce que la licence portail santé ?
La licence portail santé est la nouvelle voie unique d’accès aux études de santé qui remplacera le PASS et la LAS à compter de la rentrée 2027. Elle concerne les cinq filières réunies sous l’acronyme MMOPK : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie.
Un seul vœu est formulé sur Parcoursup, avec des sous-vœux disciplinaires selon la spécialité choisie pour le deuxième bloc d’enseignement. La formation s’organise autour de trois blocs complémentaires. Le premier, le bloc santé, représente environ la moitié des enseignements et couvre les connaissances scientifiques fondamentales communes à toutes les filières. Le deuxième, le bloc disciplinaire, comprend les enseignements d’une licence contributive, biologie, droit, sciences humaines et sociales ou soins infirmiers, selon le choix de l’étudiant. Le troisième, le bloc transversal, intègre les compétences psycho-sociales, la communication et l’éthique médicale.
Qui est concerné et à partir de quand ?
Les bacheliers de juin 2027 sont les premiers directement concernés. Ce sont eux qui intégreront l’enseignement supérieur avec le nouveau système en septembre 2027. Les lycéens qui ont obtenu leur bac en 2026 ne sont pas concernés : le PASS et la LAS restent en vigueur pour eux. Pour les étudiants qui commencent leurs études de santé à la rentrée 2026, une transition vers le nouveau programme sera organisée à la rentrée suivante.
À lire aussi
Ce qui change concrètement par rapport au PASS et à la LAS
La disparition de la dualité PASS et LAS est le changement le plus visible. Une seule voie d’entrée, harmonisée sur tout le territoire, remplace les deux parcours parallèles. Le programme est décrit comme allégé et recentré sur l’essentiel par rapport au PASS actuel, dont la charge était jugée écrasante.
Deux tentatives restent possibles pour intégrer les filières MMOPK, en fin de première année et en fin de deuxième année de licence. Le classement sera fondé sur l’ensemble du parcours académique et non sur un seul examen final. Les épreuves orales seront encouragées selon les organisations propres à chaque université. La sélection reste, le nombre de places dans les filières MMOPK demeurant limité.
Des passerelles élargies en licence portail santé
La réforme prévoit aussi de renforcer les voies d’accès alternatives. Les titulaires d’une licence complète pourront candidater à certaines filières santé, pour favoriser les vocations tardives. Les passerelles paramédicales sont renforcées pour les professionnels de santé ayant validé trois ans de cursus. La pharmacie devrait bénéficier d’une voie d’admission directe expérimentale pour les candidats souhaitant s’orienter exclusivement vers cette filière, afin de remédier aux places vacantes constatées ces dernières années.
Ce qui reste encore à préciser
Si les grandes lignes sont officielles, plusieurs modalités restent à affiner dans les prochains mois. Les coefficients exacts entre les blocs, les modalités détaillées des épreuves et la place des oraux selon les universités seront précisés par les textes réglementaires à venir. Il est conseillé de suivre les communications du ministère de l’Enseignement supérieur et de l’université visée au fil des annonces.
Oui. Le système actuel reste pleinement en vigueur pour les bacheliers de 2026. La réforme ne s’applique qu’à partir de la rentrée 2027, pour les bacheliers de juin 2027.
Les cinq filières MMOPK sont concernées : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Les formations paramédicales comme l’infirmier ou l’orthophoniste ne passent pas par cette voie et conservent leurs propres modalités d’accès.
Non. Le nombre de places dans les filières MMOPK reste limité et la sélection est maintenue. Le changement porte sur les modalités : un classement fondé sur l’ensemble du parcours plutôt que sur un seul concours final, avec deux tentatives possibles.
Les candidats formuleront un vœu principal pour cette première année de santé, assorti de sous-vœux disciplinaires selon la spécialité choisie pour le bloc disciplinaire. Les modalités précises de candidature seront disponibles sur Parcoursup à l’approche de la rentrée 2027.















