Le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, le CNSAD-PSL, fait partie des formations les plus sélectives pour devenir comédien en France. Installé rue du Conservatoire à Paris et placé sous la tutelle du ministère de la Culture, il recrute normalement une trentaine d’élèves chaque année parmi près de 2 000 candidats.
Peut-on entrer au CNSAD directement après le bac ?
Pas dans les conditions ordinaires. Pour présenter le concours, il faut avoir plus de 18 ans et moins de 26 ans au 1er octobre de l’année du concours. Il faut également être titulaire du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent.
Surtout, le CNSAD exige une véritable expérience préalable du théâtre. Le candidat doit normalement justifier d’une année scolaire de formation théâtrale intensive suivie avec assiduité. Le règlement définit cette formation comme représentant au moins neuf heures de cours par semaine. Elle peut être suivie dans un conservatoire ou sous la responsabilité d’un professionnel dans un cours d’art dramatique privé.
Bon à savoir
Un lycéen ne peut donc généralement pas terminer sa terminale en juin et entrer directement au CNSAD en septembre. Il doit d’abord se former dans une structure adaptée. C’est la raison pour laquelle de nombreux candidats passent auparavant par un conservatoire, une classe préparatoire aux études supérieures en théâtre ou une école privée comme le Cours Florent.
Combien de fois peut-on tenter le concours du CNSAD ? Et faut-il obligatoirement passer par le Cours Florent ?
Le nombre de tentatives est limité à cinq. Cette règle laisse plusieurs possibilités à un jeune comédien, mais la limite d’âge empêche évidemment d’étaler les candidatures indéfiniment. Un avantage existe toutefois pour les candidats ayant atteint le troisième tour lors de la session précédente ainsi que pour ceux inscrits sur la liste complémentaire. Lorsqu’ils se représentent l’année suivante, ils sont dispensés du premier tour. Ils doivent en revanche présenter de nouvelles scènes.
Ensuite, non. Le Cours Florent est l’une des nombreuses préparations possibles mais ne constitue en aucun cas une étape obligatoire. Les conservatoires municipaux, départementaux ou régionaux, les CPES théâtre et différentes écoles privées permettent également de satisfaire à l’obligation de formation préalable. Le choix de la préparation doit donc surtout permettre d’accumuler suffisamment d’heures de pratique, de découvrir différents répertoires et de préparer les scènes imposées par le concours.
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Existe-t-il des dérogations aux conditions d’admission ?
Oui. Le CNSAD prévoit une commission de dérogation pour certains parcours atypiques. Les candidats ne possédant pas le baccalauréat mais remplissant les autres conditions obtiennent même automatiquement une dérogation.
Une dérogation peut également être demandée concernant l’âge ou la durée de la formation théâtrale. Lorsque le dépassement de la limite d’âge ne dépasse pas un mois, la dérogation est systématique. Au-delà, la commission examine le parcours et la situation particulière du candidat.
La formation préalable peut aussi être inférieure à neuf heures par semaine lorsque le candidat vient d’une région où l’offre de préparation est limitée ou lorsqu’il a étudié dans certains établissements d’enseignement artistique spécialisés. Une expérience professionnelle d’au moins un an comme comédien peut également être prise en compte. La commission reste souveraine dans l’examen des demandes.
Quelles scènes faut-il préparer pour le concours ?
Le candidat doit préparer au moins quatre scènes pour l’ensemble du concours. Une seule peut être un monologue. Le dispositif oblige ainsi à montrer sa capacité à jouer avec un partenaire et non uniquement à défendre un texte seul.
Une scène doit être écrite en alexandrins. Deux autres textes doivent provenir du répertoire théâtral, l’un écrit avant 1980 et l’autre après 1980. Parmi ces trois textes théâtraux, au moins l’un doit avoir été écrit par une autrice.
La quatrième proposition est appelée « parcours libre ». Elle peut relever d’un autre art de la scène comme la danse, le chant, la musique ou le théâtre gestuel. Elle peut également prendre la forme d’un texte personnel ou de l’interprétation d’un texte non théâtral. Le CNSAD cherche ainsi à observer autre chose que la capacité à reproduire les codes traditionnels de l’interprétation.
Chaque scène doit durer au minimum trois minutes. Le candidat ne choisira cependant pas nécessairement tout ce qu’il présentera devant le jury, puisque celui-ci peut décider de voir plusieurs des propositions préparées.
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Comment se déroule le premier tour ?
Le premier tour constitue la grande phase d’écrémage. Le candidat arrive avec ses partenaires et choisit lui-même la première scène qu’il souhaite présenter. Le jury demande ensuite au moins une autre proposition et peut, s’il le souhaite, en regarder davantage.
Un bref entretien sur les motivations complète l’audition. L’ensemble dure environ dix minutes. C’est extrêmement court au regard du nombre de mois ou d’années de préparation nécessaires.
Le jury est composé de cinq personnes issues notamment du CNSAD et du monde professionnel du spectacle. Les critères inscrits dans le règlement sont le talent, l’engagement et la capacité à évoluer. Cette dernière notion est importante : le concours cherche moins un acteur possédant déjà une technique figée qu’un candidat capable de progresser et de transformer son jeu.
Chaque membre attribue une note entre zéro et cinq. Seuls les candidats obtenant entre 20 et 25 points peuvent théoriquement accéder au deuxième tour, mais leur nombre reste limité. Obtenir une bonne évaluation ne garantit donc pas nécessairement la poursuite du concours.
Que demande le deuxième tour ?
La sélection se resserre fortement. Les candidats retenus doivent présenter deux des quatre scènes préparées. Une seule peut être un monologue et chaque passage dure environ trois minutes.
Un entretien d’environ dix minutes suit les scènes. Le jury interroge alors davantage le parcours du candidat, ses motivations et sa personnalité. Ce deuxième tour permet donc de dépasser l’impression produite en quelques minutes au premier.
Le jury est cette fois unique et comprend au moins dix membres, dont plusieurs enseignants ou intervenants du CNSAD ainsi que des professionnels du spectacle. La décision est prise après plusieurs tours de vote.
À l’issue de cette étape, seulement 50 à 65 candidats sont retenus pour le troisième tour. Pour une promotion finale d’environ trente élèves, ceux qui atteignent ce stade ont déjà franchi l’essentiel de la sélection numérique, mais restent encore environ deux candidats pour une place.
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Pourquoi le troisième tour dure-t-il plusieurs jours ?
La dernière étape est radicalement différente d’une audition traditionnelle. Elle prend la forme d’un stage pratique pouvant durer jusqu’à cinq jours. Les candidats doivent donc être disponibles pendant toute la période.
Des textes leur sont envoyés à l’avance et servent de base aux travaux. Contrairement aux deux premiers tours, ils viennent seuls et sans partenaire personnel. Ils sont répartis en groupes et travaillent successivement au plateau avec différents binômes de membres du jury.
Cette formule répond à une difficulté propre aux concours artistiques : quelques minutes d’audition permettent de voir une proposition mais beaucoup moins bien la façon dont un acteur travaille. Pendant plusieurs jours, le jury peut observer comment le candidat écoute une consigne, modifie son interprétation, travaille avec les autres, prend des risques ou réagit lorsqu’une proposition ne fonctionne pas.
Le troisième tour rapproche ainsi le concours du fonctionnement réel de l’école. Le CNSAD ne sélectionne plus uniquement les meilleures scènes préparées à l’avance, mais des personnalités avec lesquelles les enseignants pensent pouvoir travailler pendant trois ans.
Quelle est la sélectivité du CNSAD ?
Le règlement fixe normalement la taille d’une promotion à trente élèves, avec un objectif de parité. Ce nombre peut être légèrement modifié avec l’accord du ministère de la Culture.
Les données disponibles autour des concours récents font état d’environ 2 000 candidats pour ces trente places. L’ordre de grandeur correspond donc à environ 1,5 % d’admis, même si le nombre exact de candidats varie selon les sessions.
La sélection est d’autant plus forte que les candidats ne sont pas de simples bacheliers découvrant le théâtre. Pour être autorisés à participer, ils ont généralement déjà suivi au moins une année de formation intensive. Le concours sélectionne donc parmi une population déjà écrémée.
Le CNSAD recrute-t-il sur Parcoursup ?
Non. Le concours du premier cycle possède sa propre plateforme d’inscription. La procédure est donc indépendante de Parcoursup. Le dossier comprend notamment une photographie, un CV, l’attestation de formation théâtrale, le baccalauréat, le diplôme le plus élevé obtenu et une pièce d’identité. Les candidats concernés doivent également fournir leur justificatif relatif à la Journée défense et citoyenneté et les boursiers leur attestation du CROUS.
L’attestation de formation théâtrale doit normalement dater de moins de trois ans. Lorsque la formation est plus ancienne ou ne correspond pas exactement aux critères ordinaires, une demande de dérogation peut devenir nécessaire.
Les droits d’inscription au concours sont fixés par le ministère de la Culture et ne sont pas remboursables lorsque le candidat abandonne ou lorsque sa demande de dérogation est refusée. Les candidats boursiers peuvent bénéficier de l’exonération prévue par l’établissement.
Que fait-on pendant trois ans au CNSAD ?
Une fois admis, le candidat devient élève d’une école supérieure publique et non simplement membre d’un cours de théâtre. La formation dure trois ans. L’interprétation en constitue le cœur, mais elle est entourée d’enseignements techniques, corporels, vocaux, théoriques et culturels. Les élèves travaillent avec des professeurs permanents mais également avec des artistes invités lors d’ateliers, de stages et de master classes.
Le cursus cherche progressivement à rendre l’élève autonome. Les premières années permettent d’acquérir et de consolider les outils nécessaires au jeu. Les projets deviennent ensuite plus personnels et les présentations publiques occupent une place importante.
Le CNSAD appartient également à l’Université PSL. À la fin du premier cycle, les élèves obtiennent le DNSPC ainsi qu’une licence du Cycle pluridisciplinaire d’études supérieures (CPES) de PSL, dans la spécialisation Histoire et théorie des arts. La formation est donc reconnue au niveau bac+3.
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Le CNSAD forme-t-il uniquement au théâtre ?
Le théâtre reste son domaine central, mais la conception contemporaine du métier de comédien dépasse largement la seule interprétation d’une pièce classique. Les élèves travaillent : corps, voix, chant, danse, techniques de scène, différentes formes de jeu. Les rencontres avec des metteurs en scène et artistes aux esthétiques différentes les exposent au théâtre contemporain, à la création collective et à des formes plus expérimentales.
Le diplôme vise d’abord le spectacle vivant, mais les diplômés peuvent également travailler au cinéma, dans les séries, le doublage ou d’autres productions audiovisuelles. L’école ne constitue toutefois pas l’équivalent d’une école de cinéma spécialisée dans le jeu face caméra. Sa formation reste fondée sur une conception large de l’acteur et de l’art dramatique.
Peut-on poursuivre ses études après le CNSAD ?
Oui. Le premier cycle n’est désormais qu’une partie de l’offre de l’établissement et conduit au Diplôme national supérieur professionnel de comédien, le DNSPC, ainsi qu’à une licence délivrée dans le cadre de PSL.
Le CNSAD propose également un deuxième cycle en 2 ans « Jouer et mettre en scène », destiné à des artistes souhaitant approfondir la création et la mise en scène. Cette formation possède son propre concours, organisé tous les deux ans. Elle est ouverte aux titulaires d’un DNSPC ou d’un diplôme équivalent et d’une licence, y compris lorsqu’ils viennent d’autres écoles supérieures. Elle n’est donc pas réservée aux anciens élèves du CNSAD.
L’établissement participe également au doctorat SACRe de PSL, consacré à la recherche par l’art. Cette formation de troisième cycle permet à des artistes de développer un projet de recherche-création en lien avec les autres grandes écoles artistiques de PSL, dont La Fémis, les Beaux-Arts, les Arts Décoratifs et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
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Que devient-on après le CNSAD ? Quels acteurs en sont issus ?
Le principal débouché reste évidemment le métier de comédien. Les diplômés peuvent rejoindre des compagnies, participer aux créations de théâtres publics ou privés, travailler avec des metteurs en scène indépendants ou développer leurs propres projets. Une carrière d’acteur reste néanmoins marquée par l’incertitude. Intégrer le CNSAD n’offre ni emploi garanti ni statut permanent à la sortie. Les diplômés doivent passer des auditions, rencontrer des directeurs de casting et souvent alterner les productions.
Le principal avantage de l’école ne se résume donc pas à son diplôme. Trois années de formation intensive créent aussi un réseau composé des autres élèves, enseignants, artistes invités, metteurs en scène et professionnels rencontrés au cours des projets. Dans un secteur où une grande partie des opportunités repose sur les collaborations artistiques, cet environnement constitue un élément important de la formation.
Bon à savoir
Le CNSAD reste ainsi l’une des voies les plus exigeantes vers le métier de comédien en France. On peut notamment citer une liste impressionnante d’alumni devenus acteurs célèbres : Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Isabelle Huppert, Nathalie Baye, Pierre Niney, Louis Garrel, Guillaume Gallienne, Catherine Frot, Carole Bouquet, Sandrine Kiberlain et Jonathan Cohen.














