40 000 euros, 50 000 euros, parfois plus de 100 000 euros, selon la source consultée, le salaire après une école de commerce peut presque tripler. HEC affiche par exemple un salaire supérieur à 137 760 dollars en équivalent PPA trois ans après le diplôme dans les données du Financial Times, tandis que les données administratives françaises InserSup situent le salaire médian de ses diplômés travaillant en France à 3 750 euros net par mois, douze mois après leur sortie.
Ces chiffres ne se contredisent pas nécessairement. Ils ne mesurent tout simplement pas la même chose. La Conférence des Grandes Écoles observe les jeunes diplômés quelques mois après leur diplomation, InserSup suit administrativement ceux qui travaillent comme salariés en France et le Financial Times interroge des alumni trois ans après leur Master in Management, partout dans le monde.
Quel est le salaire moyen après une école de commerce en 2026 ?
La donnée nationale la plus récente est celle de l’enquête insertion 2026 de la Conférence des Grandes Écoles. Pour les diplômés 2025 issus des écoles de management et travaillant à temps complet en France, le salaire brut annuel moyen atteint 40 825 euros hors primes. La médiane se situe exactement à 40 000 euros.
En intégrant les primes, la rémunération moyenne monte à 46 534 euros brut par an, pour une médiane de 43 800 euros. Ce sont probablement les deux valeurs les plus utiles pour répondre à la question « combien gagne un diplômé d’école de commerce à la sortie ? » : autour de 41 000 euros de fixe et de 46 500 euros en rémunération totale moyenne.
Les écarts restent néanmoins considérables entre les écoles, les métiers et les lieux d’emploi. Un analyste recruté en banque d’affaires à Paris et un diplômé débutant dans le marketing à Nantes ne partent évidemment pas avec la même rémunération.
Lire aussi : Enquête CGE 2026 : ce que révèlent les chiffres sur l’emploi des jeunes diplômés
CGE 2026 , InserSup 2026, Financial Times 2026 : pourquoi les salaires sont-ils aussi différents ?
Comparer les données nécessite d’abord de comprendre ce que mesure chaque organisme.
| Source | Population observée | Moment | Salaire mesuré | Périmètre |
|---|---|---|---|---|
| CGE 2026 | Diplômés des grandes écoles de management | Quelques mois après le diplôme | Brut annuel, avec ou sans primes | Emplois en France |
| InserSup | Diplômés identifiés administrativement | 12 mois après le diplôme | Net mensuel médian en EQTP | Salariés en France |
| Financial Times 2026 | Alumni de MiM | 3 ans après le diplôme | Salaire pondéré et ajusté en PPA | International |
La différence essentielle concerne donc le temps. Le Financial Times ne publie pas un salaire de sortie. Son montant correspond à la rémunération d’anciens étudiants trois ans après l’obtention du diplôme. De plus, les salaires sont ajustés en fonction des parités de pouvoir d’achat afin de pouvoir comparer des diplômés travaillant dans des pays très différents.
InserSup est presque l’inverse : son champ est beaucoup plus français. Le dispositif s’appuie notamment sur les déclarations sociales nominatives des employeurs. Le salaire est exprimé en net, primes et indemnités comprises, avant prélèvement de l’impôt sur le revenu. En contrepartie, un diplômé travaillant à Londres, Zurich ou New York échappe à cet indicateur français.
Quels salaires affichent HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC ou emlyon ?
Pour comparer les écoles entre elles, InserSup possède un avantage considérable : la rémunération n’est pas simplement déclarée par les établissements. Les données proviennent de sources administratives et portent sur les diplômés effectivement identifiés comme salariés en France.
Les données reprises dans les classements français 2026 concernent ici la promotion 2022, observée douze mois après sa diplomation. Elles sont donc plus anciennes que l’enquête CGE 2026, mais permettent une comparaison homogène entre établissements.
Les salaires InserSup et Financial Times comparés
| École | InserSup net/mois à 12 mois | InserSup net/an | CGE net/mois | CGE net/an | FT à 3 ans/an | FT à 3 ans/mois |
|---|---|---|---|---|---|---|
| HEC Paris | 3 750 € | 45 000 € | 3 084 € | 37 013 € | 137 760 $ | 11 480 $ |
| ESSEC | 3 420 € | 41 040 € | 3 084 € | 37 013 € | 116 422 $ | 9 702 $ |
| ESCP | 3 350 € | 40 200 € | 3 084 € | 37 013 € | 110 466 $ | 9 206 $ |
| emlyon | 3 130 € | 37 560 € | 3 084 € | 37 013 € | 106 239 $ | 8 853 $ |
| EDHEC | 3 030 € | 36 360 € | 3 084 € | 37 013 € | 112 775 $ | 9 398 $ |
| Audencia | 2 900 € | 34 800 € | 3 084 € | 37 013 € | 84 145 $ | 7 012 $ |
| IÉSEG | 2 900 € | 34 800 € | 3 084 € | 37 013 € | 89 585 $ | 7 465 $ |
| GEM | 2 790 € | 33 480 € | 3 084 € | 37 013 € | 82 133 $ | 6 844 $ |
| SKEMA | 2 760 € | 33 120 € | 3 084 € | 37 013 € | 97 455 $ | 8 121 $ |
| NEOMA | 2 750 € | 33 000 € | 3 084 € | 37 013 € | 81 536 $ | 6 795 $ |
| TBS Education | 2 720 € | 32 640 € | 3 084 € | 37 013 € | 74 042 $ | 6 170 $ |
| KEDGE | 2 680 € | 32 160 € | 3 084 € | 37 013 € | 78 345 $ | 6 529 $ |
| Paris School of Business | 2 660 € | 31 920 € | 3 084 € | 37 013 € | 94 098 $ | 7 842 $ |
| MBS | 2 530 € | 30 360 € | 3 084 € | 37 013 € | 73 373 $ | 6 114 $ |
| Rennes School of Business | 2 530 € | 30 360 € | 3 084 € | 37 013 € | 76 440 $ | 6 370 $ |
Le salaire CGE brut a été converti en net de manière indicative, soit environ 3 084 € par mois et 37 000 € par an. Les montants FT ont simplement été divisés par douze pour fournir un équivalent mensuel ; ils restent exprimés en dollars ajustés en parité de pouvoir d’achat. Au demeurant, la conversion des dollars PPA en euros par le Financial Times est une convention de calcul destinée à construire l’indicateur, pas une estimation du salaire réellement perçu.
Sur treizes écoles disposant d’indicateurs comparables, la moyenne simple des salaires médians InserSup atteint environ 2 927 euros net par mois. Attention : il s’agit d’une moyenne de médianes non pondérée par la taille des promotions. Elle ne doit donc pas être présentée comme « le salaire moyen d’un diplômé français ».
En revanche, elle donne un bon ordre de grandeur pour ces établissements. Chez les six grandes écoles HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, emlyon et SKEMA, cette moyenne monte à environ 3 240 euros net par mois.
Lire aussi : Le Classement 2026 des Grandes Écoles de commerce
Quel est la moyenne du salaire entre la CGE, Insersup et du FT ?
| Rang | École | Moyenne des 3 indicateurs mensuels | Moyenne des 3 indicateurs annuels | Campus principal |
|---|---|---|---|---|
| 1 | HEC Paris | 5 566 € | 66 792 € | Jouy-en-Josas |
| 2 | ESSEC | 4 947 € | 59 361 € | Cergy |
| 3 | ESCP | 4 781 € | 57 375 € | Paris |
| 4 | EDHEC | 4 730 € | 56 756 € | Lille métropole |
| 5 | emlyon | 4 607 € | 55 284 € | Lyon |
| 6 | SKEMA | 4 274 € | 51 288 € | Sophia Antipolis |
| 7 | IÉSEG | 4 133 € | 49 595 € | Lille |
| 8 | Audencia | 4 003 € | 48 037 € | Nantes |
| 9 | NEOMA | 3 891 € | 46 689 € | Reims |
| 10 | KEDGE | 3 791 € | 45 495 € | Bordeaux |
| 11 | TBS Education | 3 702 € | 44 423 € | Toulouse |
| 12 | Rennes School of Business | 3 696 € | 44 350 € | Rennes |
| 13 | MBS | 3 623 € | 43 471 € | Montpellier |
Ce classement est un indicateur composite créé par L’Express Éducation en faisant la moyenne de trois mesures différentes : salaire net médian InserSup à 12 mois, rémunération moyenne CGE convertie en net et salaire Financial Times à trois ans converti en euros. Ces indicateurs ne mesurent ni la même population ni le même moment de carrière : cette moyenne vise donc à donner un ordre de grandeur comparatif, et non un salaire réellement perçu par un diplômé.
Pour GEM et Paris School of Business, le Financial Times 2026 évalue respectivement le MSc Management in International Business et le MSc International Management, et non le Programme Grande École. Ces établissements sont donc exclus de notre classement composite final.
HEC, ESSEC et ESCP creusent-elles réellement l’écart salarial ?
Le croisement des trois sources reproduit assez nettement la hiérarchie habituelle, même si seuls InserSup et le Financial Times différencient les écoles entre elles : la CGE fournit ici un benchmark national commun. HEC arrive première avec 3 750 euros net mensuels selon InserSup et conserve également la tête une fois les données CGE et Financial Times intégrées, avec une moyenne composite d’environ 5 566 euros par mois. L’ESSEC suit à 4 947 euros, devant ESCP à 4 781 euros, EDHEC à 4 730 euros et emlyon à 4 607 euros.
L’avantage des écoles du haut du classement apparaît donc très tôt et ne disparaît pas lorsque l’on change d’indicateur. Dans InserSup, HEC devance déjà d’environ 1 000 euros net par mois plusieurs écoles du milieu de tableau seulement douze mois après la sortie. Dans notre indicateur composite, l’écart atteint près de 1 950 euros mensuels entre HEC et MBS, dernière des treize écoles retenues.
Une hiérarchie étonnamment similaire trois ans plus tard
Bon à savoir
Le résultat le plus frappant apparaît lorsque l’on compare directement les salaires InserSup à douze mois avec ceux du Financial Times trois ans après le diplôme. Malgré des populations, des horizons temporels et des méthodologies radicalement différents, les deux indicateurs produisent des classements très proches. Sur les treize écoles disposant de données réellement comparables, le coefficient de corrélation de rang de Spearman atteint environ 0,94, sachant qu’un coefficient de 1 correspondrait à deux hiérarchies parfaitement identiques.
Ce résultat signifie que l’avantage salarial observé au début de carrière tend très fortement à se retrouver trois ans plus tard. HEC, ESSEC et ESCP restent ainsi aux avant-postes dans les deux sources, tandis qu’EDHEC et emlyon complètent toujours le groupe suivant. Quelques exceptions subsistent, notamment SKEMA, beaucoup mieux positionnée dans le Financial Times que dans InserSup, mais elles ne suffisent pas à renverser la tendance générale : la hiérarchie salariale des écoles apparaît remarquablement stable d’un indicateur à l’autre.
Des écoles montrent les limites de la comparaison
Quelques établissements s’écartent cependant sensiblement de cette hiérarchie. SKEMA ne compte que 2 760 euros net mensuels dans les données InserSup utilisées ici, derrière Audencia, GEM ou IÉSEG. Pourtant, son salaire Financial Times atteint 97 455 dollars trois ans après le diplôme, devant ces trois écoles.
Paris School of Business semble présenter un écart encore plus spectaculaire, avec 2 660 euros net mensuels selon InserSup contre 94 098 dollars dans le Financial Times. Cette comparaison ne peut toutefois pas être interprétée comme une progression salariale du PGE : le FT évalue ici le MSc International Management de PSB. C’est précisément pour cette raison que l’école, comme GEM dont le MSc Management in International Business est classé, a été exclue de notre indicateur composite final.
Ces écarts peuvent notamment refléter la progression professionnelle et l’internationalisation des diplômés. InserSup exclut précisément de son salaire ceux qui travaillent à l’étranger, alors que le Financial Times les intègre. Une école envoyant beaucoup de diplômés vers des marchés fortement rémunérateurs peut donc apparaître beaucoup plus favorablement dans le FT.
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Les salaires annoncés par les écoles sont-ils fiables ?
Une dernière catégorie de chiffres apparaît régulièrement sur les sites des écoles : leurs propres enquêtes d’insertion. L’ESSEC affiche actuellement 65 000 euros de rémunération annuelle brute moyenne pour son MiM. ESCP évoque environ 74 600 euros, primes comprises, tandis qu’emlyon annonce 59 000 euros et Audencia une rémunération située autour de 47 000 à 50 000 euros.
Ces montants ne sont pas nécessairement faux. Ils reposent simplement sur des périmètres différents. Une enquête école peut inclure les emplois à l’international, les primes ou certaines populations de diplômés que la statistique administrative InserSup ne comptabilise pas.
Pourquoi les chiffres officiels sont souvent plus faibles
Le contraste avec InserSup est particulièrement visible pour les écoles très internationalisées. Un diplômé travaillant à Londres, Zurich ou New York avec une rémunération élevée pourra apparaître dans l’enquête carrière de l’école mais pas dans le salaire InserSup, qui mesure l’emploi salarié en France.
La moyenne accentue également les différences. Quelques diplômés très fortement rémunérés en conseil en stratégie, private equity ou banque d’investissement font monter la moyenne beaucoup plus rapidement que la médiane. InserSup utilise justement une médiane : la moitié des diplômés gagne davantage et l’autre moitié moins.
À combien peut-on réellement s’attendre en sortant d’un MiM ?
Pour un diplômé d’école de management travaillant en France, l’enquête CGE donne le meilleur point de départ général : environ 40 800 euros brut par an hors primes, ou 46 500 euros en moyenne lorsque les primes sont intégrées.
Pour les principales écoles françaises, les données InserSup montrent cependant qu’un niveau plus élevé est fréquent. HEC, ESSEC, ESCP, emlyon et EDHEC se situent toutes au-dessus de 3 000 euros net mensuels dans les données utilisées pour cette comparaison.
Il serait en revanche trompeur d’annoncer les 100 000 euros du Financial Times comme « salaire de sortie ». Ces rémunérations correspondent à des diplômés ayant déjà trois années de carrière et peuvent inclure des personnes installées sur des marchés beaucoup plus rémunérateurs que la France.
Le salaire progresse rapidement pendant les premières années
L’enquête CGE permet justement de suivre cette progression. Pour les managers de la promotion 2025, le salaire brut annuel moyen hors primes est de 40 825 euros. Pour les diplômés de la promotion 2023 observés deux ans plus tard, il atteint 43 947 euros, tandis que la médiane passe de 40 000 à 43 000 euros.
Avec primes, la moyenne des managers atteint 50 426 euros après environ deux années de carrière, contre 46 534 euros pour la promotion sortante.
Cette évolution reste très inférieure aux montants du Financial Times, ce qui confirme que l’international, la composition de l’échantillon FT et son ajustement en parité de pouvoir d’achat jouent un rôle majeur dans l’écart.
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Finance et conseil : pourquoi les écoles du haut gagnent-elles davantage ?
Le diplôme n’est qu’une partie de l’explication. Les grandes écoles ne répartissent pas leurs diplômés de la même manière entre les métiers. Or le conseil, la finance d’entreprise, la banque d’investissement, le private equity ou certaines fonctions technologiques affichent des rémunérations d’entrée nettement supérieures à celles du marketing, de la communication ou de nombreux métiers commerciaux.
Les établissements les plus sélectifs sont particulièrement présents dans ces secteurs. L’ESSEC indique par exemple que 40 % de ses diplômés concernés s’orientent vers le conseil et 28 % vers le management et la finance. Chez emlyon, le conseil et la finance représentent également plus de la moitié de certaines promotions.
La géographie amplifie encore ce phénomène. La CGE constate qu’en 2026 les managers de la promotion 2025 gagnent en moyenne 42 799 euros hors primes en Île-de-France, contre 36 511 euros en province, soit un écart de plus de 6 000 euros par an.
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Salaire d’école de commerce : quelle donnée regarder avant de choisir son école ?
Pour savoir ce que l’on peut gagner immédiatement en France, InserSup est probablement l’indicateur le plus concret. Il mesure un salaire net réellement déclaré par les employeurs et neutralise en partie l’effet de quelques très hauts salaires grâce à la médiane. Pour connaître l’état général du marché des jeunes diplômés, la CGE constitue la meilleure référence nationale. Son chiffre de 40 825 euros brut hors primes permet de situer une école au-dessus ou en dessous du marché des diplômés de management. Le Financial Times répond enfin à une troisième question : combien vaut le diplôme après quelques années de carrière sur un marché international ?
Bon à savoir
Aucune de ces statistiques ne suffit donc seule. Mais lorsqu’elles convergent, le signal devient beaucoup plus solide. Et sur ce point, les données 2026 sont assez nettes : HEC conserve le plus fort avantage salarial parmi les grandes écoles françaises, tandis qu’un groupe ESSEC-ESCP-EDHEC-emlyon suit derrière. Les écarts entre établissements apparaissent dès la première année et restent largement visibles trois ans plus tard.
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