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Enquête CGE 2026 : ce que révèlent les chiffres sur l’emploi des jeunes diplômés

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Jeune homme souriant avec sac à dos dans couloir vitré lumineux.

Le diplôme d’une grande école protège-t-il encore contre les difficultés d’entrée sur le marché du travail ? L’enquête d’insertion 2026 de la Conférence des grandes écoles apporte une réponse moins confortable que les éditions précédentes. Les diplômés restent nombreux à obtenir rapidement un poste stable et qualifié, mais le ralentissement des recrutements touche désormais aussi les ingénieurs et les managers.

Bon à savoir

L’étude porte sur les promotions 2023, 2024 et 2025. Les 210 écoles concernées ont interrogé 241 716 diplômés, dont 51 675 réponses exploitables pour la seule promotion 2025. Cette participation permet de dégager des tendances solides, à condition de ne pas transformer des moyennes nationales en classement implicite des établissements.

Le taux d’emploi des jeunes diplômés recule nettement

Le taux net d’emploi de la promotion 2025 atteint 76 %, contre 80,2 % un an plus tôt. La baisse de 4,2 points prolonge une dégradation commencée après le niveau exceptionnel observé en 2023. Parmi l’ensemble des répondants de la promotion sortante, 20,5 % recherchent encore un emploi, soit la proportion la plus élevée enregistrée par cette enquête depuis 2005.

Le diplôme de grande école n’échappe donc pas au retournement du marché des cadres débutants. Lorsque les entreprises réduisent leurs recrutements, elles privilégient davantage les profils expérimentés et repoussent certaines embauches. Les grandes écoles conservent un avantage d’insertion, mais cet avantage ne supprime plus la période de recherche qui suit la diplomation.

Lire aussi : Les écoles de commerce membres de la CGE : recrutements, accréditations et campus

Que signifie réellement un taux net d’emploi de 76 % ?

Le taux net d’emploi ne correspond pas à la part de tous les diplômés qui travaillent. Il rapporte les personnes en activité ou en volontariat à celles qui travaillent, effectuent un volontariat ou recherchent un emploi. Les diplômés en poursuite d’études, en doctorat ou dans une autre situation sont exclus du calcul.

La part de la promotion 2025 déclarant exercer une activité professionnelle atteint 61,8 %, tandis que 8,3 % poursuivent des études ou une formation et 3,5 % préparent une thèse. Comparer ce chiffre de 61,8 % au taux net de 76 % sans tenir compte des définitions conduirait donc à une interprétation erronée.

L’accès au premier emploi reste rapide pour ceux qui sont recrutés

Parmi les diplômés en emploi, 80 % ont trouvé leur poste en moins de deux mois. Près de 61,7 % avaient même signé leur contrat avant l’obtention du diplôme. La difficulté se concentre donc moins sur la lenteur générale des recrutements que sur la séparation entre ceux qui trouvent rapidement et ceux qui restent plusieurs mois sans proposition.

La qualité des emplois demeure élevée. En France, 80,9 % des diplômés salariés occupent un CDI et 83,4 % possèdent le statut de cadre. Ces deux proportions reculent toutefois par rapport à l’année précédente, ce qui confirme un marché moins favorable sur la quantité des postes comme sur leurs conditions.

Les difficultés s’atténuent après une année d’expérience

La photographie prise quelques mois après le diplôme est sévère, mais elle ne décrit pas toute la trajectoire. Pour la promotion 2024, interrogée 12 à 18 mois après sa sortie, le taux net d’emploi atteint 90,7 %. La part des CDI monte à 87,6 % et celle des cadres à 86,6 %.

Après 24 à 30 mois, les taux nets d’emploi de la promotion 2023 se situent entre 91,9 % et 95,2 % selon le type d’école. L’enquête révèle donc surtout un allongement de l’accès au premier poste. Elle ne montre pas, à ce stade, une exclusion durable des diplômés du marché du travail.

Les ingénieurs résistent mieux que les managers

Le taux net d’emploi des ingénieurs atteint 77,5 %, contre 74,5 % pour les diplômés des écoles de management et 72,2 % pour ceux des autres spécialités. Les ingénieurs restent en tête, mais subissent aussi la plus forte baisse annuelle avec un recul de 4,9 points.

Les managers conservent en revanche l’avantage salarial. Leur rémunération annuelle moyenne en France atteint 40 825 euros hors primes, contre 39 284 euros pour les ingénieurs. Ce résultat ne signifie pas que chaque école de management rémunère mieux que chaque école d’ingénieurs. Il reflète des différences de métiers, de secteurs et de localisation à l’échelle de l’ensemble des répondants.

Lire aussi : Les écoles d’ingénieurs membres de la CGE : liste et repères

Le stage et l’alternance restent les principales voies de recrutement

Le stage de fin d’études et l’embauche dans l’entreprise d’apprentissage représentent ensemble 42,3 % des recrutements. Le stage de fin d’études constitue la première voie d’accès pour les ingénieurs, tandis que l’apprentissage occupe une place particulièrement forte chez les managers.

Plus de quatre apprentis en emploi sur dix, soit 43,4 %, sont recrutés par leur entreprise d’accueil. L’enquête d’insertion de la CGE ne montre toutefois pas un avantage uniforme de l’apprentissage. Les ingénieurs apprentis affichent un meilleur taux d’emploi que leurs camarades hors apprentissage, mais la relation s’inverse chez les managers. La spécialité, le type d’employeur et la composition des populations comptent donc autant que le statut étudiant ou apprenti.

Les salaires stagnent à l’entrée dans la vie active

Le salaire brut annuel moyen hors primes atteint 39 679 euros pour les diplômés travaillant à temps complet en France. La médiane se situe à 39 600 euros, ce qui signifie qu’une moitié gagne moins et l’autre davantage. La moyenne n’augmente que de 0,2 % en un an.

Une fois l’évolution des prix prise en compte, le salaire réel diminue de 0,2 %. Le marché ne produit donc pas une baisse nominale générale des rémunérations, mais une quasi-stagnation qui suffit à réduire légèrement le pouvoir d’achat. Deux ans après la sortie, les salaires moyens progressent néanmoins de 7,3 % chez les ingénieurs, de 7,6 % chez les managers et de 9,3 % dans les autres spécialités.

Lire aussi : Diplômes, enquête sur le krach qui vient : « Nous devrions nous en inquiéter sérieusement »

Les écarts entre les femmes et les hommes restent importants

Les femmes affichent un taux net d’emploi de 74 %, contre 77,4 % pour les hommes. Parmi les diplômés salariés en France, 74,8 % des femmes obtiennent un CDI, contre 85,2 % des hommes. L’écart atteint également dix points sur l’accès au statut de cadre, avec 77,5 % pour les femmes et 87,5 % pour les hommes.

Le salaire moyen hors primes atteint 40 580 euros pour les hommes et 38 358 euros pour les femmes, soit un écart de 5,8 %. Il monte à 7,2 % chez les managers et s’établit à 5,4 % chez les ingénieurs. L’enquête constate ces différences, mais ne permet pas d’isoler complètement la part provenant du secteur, du métier, du statut de cadre ou de la localisation.

L’Île-de-France ne concentre plus la majorité absolue des emplois

Parmi les diplômés qui travaillent en France, 50,9 % exercent en Île-de-France et 49,1 % en région. Cette répartition générale masque une opposition nette. Près de 69,3 % des managers travaillent en Île-de-France, tandis que 61,7 % des ingénieurs exercent en province.

Le salaire moyen atteint 42 388 euros en Île-de-France, contre 37 002 euros en province. Cet écart ne mesure pas directement un gain de niveau de vie, car l’enquête ne corrige pas les rémunérations selon le coût du logement et des dépenses locales.

Le conseil, la finance et le numérique dominent toujours

Les sociétés de conseil, d’ingénierie et les bureaux d’études recrutent 24,3 % des nouveaux ingénieurs. Les services informatiques arrivent ensuite avec 17,4 %. Ces deux secteurs concentrent à eux seuls 41,7 % de leurs premiers emplois, loin devant le transport, la construction et l’énergie.

Chez les managers, la banque et l’assurance représentent 18,2 % des emplois, presque autant que le conseil à 18,1 %. Le commerce et les services informatiques arrivent ensuite. Le diplôme de management ouvre donc un éventail large, mais les recrutements restent concentrés dans quelques secteurs à forte demande de cadres débutants.

Lire aussi : Classement Financial Times Masters in Finance 2026 : la France domine encore le MiF

L’intelligence artificielle est déjà devenue un outil courant

Seuls 22,1 % des diplômés en emploi déclarent ne jamais utiliser l’intelligence artificielle générative. L’usage est ponctuel pour 43,4 % et régulier pour 34,4 %, contre 25,6 % un an auparavant. Les managers sont les utilisateurs réguliers les plus nombreux, avec un taux de 45,6 %.

La rédaction de contenu, la recherche d’information et le résumé de documents dominent. Les usages plus avancés restent minoritaires, avec 29,8 % pour l’automatisation de tâches, 28,2 % pour l’analyse de données et 13,3 % pour l’aide à la décision. L’enquête montre donc une adoption massive, mais encore largement concentrée sur l’assistance individuelle.

Les diplômés en poste restent majoritairement satisfaits

Parmi les diplômés de 2025 qui travaillent, 89,8 % considèrent que leur emploi correspond à leur niveau de qualification et 85,6 % qu’il correspond au domaine de leur formation. La dégradation du recrutement ne s’accompagne donc pas d’une généralisation des emplois sous-qualifiés.

La satisfaction globale atteint 83,8 %. Les relations avec les collègues et les conditions de travail obtiennent les meilleurs résultats, tandis que la rémunération suscite davantage de réserves. Le marché est devenu plus difficile à intégrer, mais les diplômés qui franchissent cette étape occupent encore majoritairement des postes jugés cohérents et satisfaisants.

Lire aussi : Le Classement 2026 des Grandes Écoles de commerce

Que révèle finalement l’enquête CGE 2026 ?

Bon à savoir

L’édition 2026 ne décrit ni l’effondrement du modèle des grandes écoles, ni une insertion restée intacte. Elle montre un choc concentré sur les premiers mois, avec davantage de diplômés en recherche d’emploi, moins de CDI et une stagnation des salaires. L’avantage du diplôme réapparaît plus nettement après une année d’expérience.

Elle confirme aussi que la professionnalisation est devenue centrale. Le stage et l’apprentissage fournissent plus de quatre emplois sur dix, tandis que les écarts de genre, de localisation et de secteur restent considérables. Le diplôme demeure puissant, mais il ne fonctionne plus seul. L’expérience acquise avant la sortie, la spécialité et le positionnement sur les secteurs recruteurs pèsent de plus en plus lourd.

Questions fréquentes sur l’enquête d’insertion CGE

Non. Les comparaisons salariales principales sont limitées aux emplois exercés en France afin d’éviter de mélanger des niveaux de rémunération et des monnaies très différents.

Non. Il facilite souvent l’embauche dans l’entreprise d’accueil, mais son avantage statistique varie selon le type d’école et la spécialité.

Non. Le rapport publie des résultats agrégés par grandes catégories d’établissements. Il ne permet pas de comparer directement deux écoles ou deux programmes.

Le chiffre de 39 679 euros correspond au salaire brut annuel moyen hors primes des diplômés salariés à temps complet travaillant en France.

Non. Il s’agit de la part des répondants de la promotion 2025 qui déclarent rechercher un emploi. La population, la période et la méthode diffèrent de celles utilisées pour mesurer le chômage national.

Le taux moyen est supérieur chez les ingénieurs en 2026, mais les résultats varient selon l’école, la spécialité, l’expérience et le secteur recherché.

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