On croise son nom au détour d’une brochure, d’un label ou d’un classement, sans toujours savoir de quoi il s’agit véritablement. La Conférence des grandes écoles, souvent abrégée en « CGE », réunit une large part des grandes écoles françaises et joue un rôle discret, mais central dans l’enseignement supérieur. Voici ce qu’elle est, ce qu’elle fait et qui la compose.
Qu’est-ce que la Conférence des grandes écoles ?
La Conférence des grandes écoles est une association loi 1901 qui rassemble des établissements d’enseignement supérieur, des entreprises et des organismes. Créée en 1973, elle fédère aujourd’hui près de 300 membres, dont une large majorité de grandes écoles françaises, mais aussi quelques établissements étrangers.
Son objet est de représenter ses membres, de valoriser le modèle des grandes écoles et de nourrir la réflexion sur l’enseignement supérieur. Elle fonctionne comme un réseau et un cercle de réflexion, organisé en une dizaine de commissions et de nombreux groupes de travail qui produisent études, enquêtes et prises de position.
Quand et pourquoi la CGE a-t-elle été créée ?
La Conférence des grandes écoles est née en 1973, à l’initiative de douze écoles françaises, pour l’essentiel des écoles d’ingénieurs accompagnées d’une école de commerce. L’assemblée générale constitutive s’est tenue à l’École nationale supérieure des arts et métiers, avec l’ambition de renforcer la coopération entre établissements partageant des exigences communes.
Depuis, le réseau s’est considérablement élargi, en s’ouvrant progressivement aux écoles de management, puis à d’autres familles d’établissements. Cet élargissement a accompagné la montée en puissance du modèle grande école dans le paysage français de l’enseignement supérieur.
Qui sont les membres de la Conférence des grandes écoles ?
Les membres se répartissent en trois collèges. Le premier, et de loin le plus nombreux, regroupe les grandes écoles elles-mêmes. Le deuxième réunit des entreprises concernées par la formation et l’enseignement supérieur. Le troisième rassemble des organismes qui travaillent régulièrement avec les écoles.
Les grandes écoles membres couvrent des profils variés, de l’ingénierie au management, en passant par l’architecture, les sciences politiques, le design, le journalisme, l’agronomie, le domaine vétérinaire et la santé, ou encore les écoles de la défense et les écoles normales supérieures. Toutes sont reconnues par l’État et délivrent un diplôme conférant le grade de master, c’est-à-dire un niveau d’au moins cinq années d’études après le baccalauréat.
Quel est le rôle de la Conférence des grandes écoles ?
La CGE remplit plusieurs missions complémentaires. Elle représente ses membres auprès des pouvoirs publics, des acteurs économiques et de la société civile, et prend position dans les débats qui touchent à l’enseignement supérieur et à la recherche. Elle produit aussi des études et des enquêtes qui font référence, notamment son enquête annuelle sur l’insertion professionnelle des diplômés de grandes écoles.
Elle assure enfin la promotion du modèle grande école, en France comme à l’international, et anime la réflexion collective de ses membres sur des sujets comme la pédagogie, la recherche, l’ouverture sociale ou la transition écologique. C’est à ce titre qu’on la décrit souvent comme un cercle de réflexion, ou think tank, de l’enseignement supérieur.
Quels labels la CGE délivre-t-elle ?
La Conférence des grandes écoles est propriétaire de plusieurs labels de formation qu’elle a déposés et dont elle assure l’accréditation. Les plus connus sont le mastère spécialisé, le master of science, souvent abrégé en MSc, et le BADGE, pour bilan d’aptitude délivré par les grandes écoles. Ces labels correspondent à des formations répondant à un cahier des charges précis, contrôlé par une commission dédiée.
Un point mérite d’être clarifié, car il prête souvent à confusion. La CGE n’accrédite pas les écoles elles-mêmes et n’est pas propriétaire de l’appellation grande école, qui n’a pas de définition juridique officielle. Elle labellise des formations et fédère des établissements, mais elle ne décerne pas le statut de grande école.
Comment une école devient-elle membre de la CGE ?
L’adhésion à la Conférence des grandes écoles répond à des critères exigeants. Sont notamment examinés la structure de l’établissement, ses modalités de recrutement, son approche pédagogique, son ouverture internationale, son lien avec le monde de l’entreprise, l’accompagnement des étudiants et la nature des diplômes délivrés.
La condition centrale tient au diplôme. Une école candidate doit délivrer un diplôme reconnu par l’État et conférant le grade de master. Ce filtre explique que le réseau reste sélectif, malgré son élargissement continu depuis les années 1970.
| Information | Détail |
|---|---|
| Nom complet | Conférence des grandes écoles (CGE) |
| Statut | Association loi 1901 |
| Création | 1973 |
| Membres | Près de 300, répartis en trois collèges : écoles, entreprises et organismes |
| Grandes écoles membres | Reconnues par l’État et délivrant un diplôme conférant le grade de master (au moins bac+5) |
| Rôle | Représenter ses membres, produire des études, animer la réflexion et promouvoir le modèle grande école |
| Labels délivrés | Mastère spécialisé, master of science (MSc) et BADGE |
| À ne pas confondre | La CGE n’accrédite pas les écoles et n’est pas propriétaire de l’appellation « grande école » |
Non. L’appellation grande école n’a pas de définition juridique officielle, et la Conférence des grandes écoles n’en est pas propriétaire. Elle fédère des établissements et labellise des formations, mais elle n’accrédite pas les écoles et ne décerne pas ce statut.
Le ministère de l’Enseignement supérieur habilite les diplômes nationaux et encadre l’enseignement supérieur public. La CGE est une association qui représente ses membres et délivre ses propres labels de formation. Ce sont deux acteurs de nature différente, l’un public et réglementaire, l’autre associatif.
Toute école membre délivre au minimum un diplôme reconnu par l’État conférant le grade de master, soit au moins cinq ans d’études après le baccalauréat. Certaines délivrent aussi des diplômes nationaux de master et le doctorat.
La présidence est assurée par un directeur ou une directrice d’école membre, élu pour un mandat. En 2026, la CGE est présidée par Delphine Manceau, directrice générale de NEOMA Business School. La fonction étant renouvelée régulièrement, il est utile de vérifier la présidence en cours sur le site officiel de l’association.















