Âgés de moins de 30 ans, ces jeunes ont décidé de s’engager dans l’armée de Terre, de l’Air et de l’Espace, ou dans la Marine nationale. Ils nous expliquent pourquoi.
« Des astronautes de la mer ». Enfant, c’est ainsi qu’il se plaisait à imaginer les hommes et femmes évoluant sous les eaux. Guillaume, 24 ans, originaire de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a développé très tôt une fascination pour les sous-marins.
Un univers qu’il pensait inaccessible. « Je n’étais pas très scolaire, alors je me suis fermé la porte tout seul », explique-t-il. Après plusieurs années en gendarmerie maritime, le jeune homme « a peur de passer à côté de quelque chose ». En 2023, il décide d’entamer une formation à l’École de maistrance de Brest (Finistère), dans le but d’exercer un métier technique au sein de la Marine nationale. Toujours animé par la même passion, le Loirain intègre les forces sous-marines.
Aujourd’hui second maître (grade de sortie de cours de l’École de maistrance, qui forme les officiers mariniers, ndlr), il évolue notamment en tant qu’électromécanicien dans un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE).
« C’est un peu comme une usine qui fonctionne 24 heures sur 24. Jour et nuit, il y a toujours du personnel qui travaille ». Lors de son « quart », période durant laquelle il est de service, le militaire, rondier de la zone avant du navire, multiplie les tâches. « Il peut s’agir de la surveillance de conduite, ou encore de veiller à l’étanchéité pour les changements d’immersion. On apprend à aiguiser notre œil sur tout ce qui nous entoure, il faut s’assurer en permanence que tout fonctionne bien. On est très polyvalent », détaille-t-il.
« Coupés du reste du monde »
Un quotidien hors du commun, rythmé par le travail et le temps partagé entre les membres d’équipage. Livres, films, et « tout un tas de choses pour s’occuper » viennent compléter les moments de temps libre. « Pendant deux ou trois mois, nous sommes coupés du reste du monde, ce qui nous permet de vivre pleinement cette vie entre nous. C’est particulier, mais c’est une expérience humaine intéressante », estime le vingtenaire.
Même constat pour Louane, 20 ans. Future atomicienne de propulsion navale, la second maître souligne « l’importance de la cohésion » d’un groupe en autarcie. « On peut être amené à partir pendant cinq mois ou plus en mission. Nos collègues deviennent une deuxième famille ».
Non pas sous mais sur l’eau, elle développe ses compétences dans les chaufferies nucléaires du porte-avions Charles de Gaulle. Un poste qui nécessite « une disponibilité à 100 % en tout temps, en tout lieu, en toute heure ». Et pour cause : « la chaufferie nous sert à produire toute l’électricité à bord, à catapulter les avions, ou encore à la désalinisation de l’eau de mer pour la rendre potable », explique la jeune femme, détentrice du BTS « Maintenance des systèmes de production » de l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA) de Cherbourg (Manche).

« J’ai toujours aimé les métiers qui sortent de l’ordinaire »
Changement de décor et prise d’altitude du côté de Célian, engagé volontaire sous-officier de 25 ans, arrivé à l’École militaire de haute montagne (EMHM) de Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie) en août 2025. Ce centre d’excellence de l’armée française est spécialisé dans le combat et les opérations en milieux montagneux et extrêmes. Il garantit la capacité des forces armées à opérer efficacement, à différents niveaux, dans ces environnements exigeants.
« Le milieu universitaire manquait de concret à mon goût », raconte l’ancien étudiant en médecine. Son expérience en tant que réserviste à l’armée de Terre finit de le convaincre de changer de voie. « J’ai toujours aimé les métiers qui sortent de l’ordinaire, avec de l’action, un quotidien intense ».
De l’intensité, le jeune montagnard originaire de la Drôme en a fait l’expérience dès le début de sa formation. « On se lève entre 5h30 et 6h, et on se couche rarement avant 22h30, 23h. Nous sommes sollicités toute la journée. Ce gros rythme, il faut réussir à le digérer. Mais on s’y fait vite », assure-t-il. Destiné à devenir chef de groupe, le militaire espère intégrer le 4e régiment de chasseurs à Gap, dans les Hautes-Alpes. « On peut être en charge de plusieurs missions, comme contrôler une zone ou reconnaître un itinéraire ». La peur d’un éventuel danger, elle, n’est pas paralysante. « Elle nous oblige au contraire à être présents, à nous concentrer, à commander et à faire exécuter les ordres pour la réussite de la mission ».
Ses proches, non issus de l’armée, craignaient comme de nombreux parents le combat. « Finalement, ils voient que je suis épanoui et heureux dans cette branche-là, que c’est comme ça que je me réalise. Donc ils ont complètement accepté ce choix ».

« Mon truc, c’est les hélicoptères »
Puis, il y a ceux qui ont la tête dans les étoiles. C’est le cas du lieutenant Morgane, militaire d’active (sous contrat, qui sert en permanence dans l’armée contrairement à l’armée de réserve, ndlr), officier communication depuis 2023 à l’armée de l’Air et de l’Espace à Paris.
« J’ai toujours été attirée par l’aéronautique. Mon truc, c’est les hélicoptères. Mais aussi, comme surement beaucoup de personnes, les avions de chasse, la patrouille de France. Je voulais servir mon pays, une armée avec des missions et des aéronefs qui me plaisent, tout en exerçant un métier de communicante. J’ai vraiment trouvé le combo parfait avec ce poste, s’enthousiasme l’ex-étudiante en management des institutions. Lors de ma dernière année de Master, j’ai rejoint l’armée en tant qu’apprentie. Je me suis dit que c’était le moment de foncer, de réaliser ce rêve enfoui au fond de moi ».
Son rôle, « faire rayonner l’armée de l’Air et de l’Espace dans les médias par le biais de reportages, tous supports confondus », indique la Haut-Savoyarde de 28 ans. « Cela veut dire valoriser l’engagement des aviateurs, faire connaître leurs missions en France et à l’étranger, faire comprendre leurs actions – souvent complexes, et très techniques. On passe d’un sujet à l’autre, il faut s’adapter sans cesse, comprendre les besoins des journalistes, fixer les limites, réagir vite… Aucune journée ne se ressemble ! ».
L’une de ses missions consiste « à faire une revue de presse quotidienne pour les principaux responsables de l’armée de l’Air et de l’Espace, que l’on complète avec une revue de presse plus ciblée pour le chef d’état-major, détaille-t-elle. On répond aux sollicitations des journalistes bien sûr, on rédige aussi des communiqués et des dossiers de presse, on organise des voyages de presse, on encadre des reportages sur les bases aériennes, on participe au point presse du ministère, on briefe parfois les personnes qui sont interviewées, etc. »
Femmes dans l’armée : « Ça n’a jamais été un sujet »
Dans un milieu réputé principalement masculin, Morgane assure n’avoir eu aucun mal à se faire accepter, et respecter. « Ça n’a jamais été un sujet. Que l’on soit une femme ou un homme, on est militaire », affirme-t-elle, soulignant une égalité de salaire entre les deux sexes, les militaires étant rémunérés en fonction de leur grade.
Des propos partagés par Louane, âgée d’à peine 20 ans. « Je me suis toujours sentie protégée. Beaucoup de personnes sont venues me voir en me disant qu’elles seraient là s’il se passait quelque chose. Mais je n’ai pas eu d’expérience négative avec les hommes », confirme-t-elle, soulignant la présence de plus en plus de femmes dans la Marine nationale.
Cette dernière, comme l’armée de Terre et l’armée de l’Air et de l’Espace, propose une multitude de métiers. Plusieurs centaines au total sont à découvrir sur les différents sites dédiés.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : pourquoi des jeunes de moins de 30 ans choisissent de s’engager dans l’armée française.
Des vocations portées par la passion et le sens du service
Sous-marins, aéronautique, montagne, nucléaire… Ces jeunes engagés évoquent des passions anciennes et le désir profond de servir la France. L’armée apparaît comme un moyen de donner du sens à leur carrière tout en exerçant des métiers hors du commun.
Des parcours professionnels concrets et valorisants
Qu’ils soient électromécanicien dans un sous-marin nucléaire, atomicienne sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, chef de groupe en milieu montagneux ou officier communication, tous soulignent la dimension technique, opérationnelle et responsabilisante de leur métier, souvent absente des parcours universitaires classiques.
Une expérience humaine intense et structurante
Vie en autarcie, missions longues, rythme soutenu : l’engagement militaire impose une forte exigence personnelle. En contrepartie, ces jeunes mettent en avant une cohésion exceptionnelle, un esprit de corps fort et des liens humains comparables à une « deuxième famille ».
Des carrières accessibles et diversifiées, y compris pour les femmes
L’armée de Terre, la Marine nationale et l’armée de l’Air et de l’Espace offrent plusieurs centaines de métiers, ouverts aux femmes comme aux hommes. Les témoignages convergent sur un point : l’égalité professionnelle est réelle, tant en matière de reconnaissance que de rémunération.
Un choix assumé, parfois contre les idées reçues
Malgré les inquiétudes initiales de l’entourage, ces jeunes militaires disent s’épanouir dans un quotidien exigeant mais stimulant. Loin des clichés, l’armée est présentée comme un espace d’accomplissement personnel, d’action et d’évolution professionnelle rapide.













