De nombreuses formations et écoles permettent d’accéder à ce métier passion de motion designer. Profils recherchés : des créatifs dotés d’un sens artistique et de compétences techniques solides.
Le motion designer est un professionnel de l’image animée. On définit le motion design comme l’art de donner vie aux contenus visuels grâce au mouvement. Ces contenus peuvent inclure des vidéos, des textes, des illustrations, des logos… La discipline mêle graphisme, vidéo, animation 2D/3D et développement web. Ces professionnels allient imagination artistique, créativité et savoir-faire technique. « Le motion designer est effectivement un créatif, technicien et narrateur visuel à la fois. Son rôle, c’est de traduire un message ou un concept en une production claire et esthétique », résume Valérie Deflandre conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ)
De la publicité au cinéma, des jeux vidéo au digital, le métier offre la possibilité de travailler dans de nombreux secteurs. Le motion designer est ainsi présent à la télévision, sur les réseaux sociaux, sur les plateformes vidéos…
Le motion designer peut aussi participer à la création visuelle d’une marque ou d’un projet en collaborant avec des directeurs artistiques, designers et développeurs.
Quelles sont les missions d’un motion designer ?
De quoi relève l’activité d’un motion designer ? Il analyse le « brief client », c’est-à-dire les objectifs du projet. Le motion designer s’attèle ensuite à la conception de la narration, et à la recherche de l’univers graphique. Il définit le style et l’ambiance visuelle de l’animation. Puis écrit le scénario et réalise le story-board, c’est-à-dire le fil conducteur du projet. Le motion designer conçoit et anime des éléments 2D et 3D, intègre le son et assure la post-production en adaptant les contenus à leurs supports de diffusion.
La discipline « couvre un large éventail de compétences, qui vont d’animations de logos au montage et à la post-production de films intégrant des effets spéciaux et de la 3D », souligne Stéphane Lamalle, directeur artistique et enseignant de motion design à Intuit-Lab, une école d’art orientée vers le design et la création visuelle.
Ce qui permet au motion designer d’intégrer aussi bien les agences spécialisées que des grandes entreprises ou bien de se lancer en freelance.
Quelles sont les compétences d’un motion designer ?
Le motion designer doit avoir le sens de la narration visuelle et du rythme, le sens du détail. Il doit également être doté d’une bonne culture visuelle, artistique et générale. Mais également faire preuve de rigueur et être capable de gérer des délais. « Il faut respecter les deadlines », insiste Archibald Part, qui collabore actuellement avec le groupe Canal +, après avoir obtenu un mastère en Direction Artistique à l’Institut de l’Internet et du Multimédia en 2021, en alternance avec le groupe M6. Le jeune homme estime qu’un bon motion designer est « force de proposition et sait transformer les contraintes en opportunités. Il est capable de créer même dans le cadre strict d’une charte graphique, et parvient à faire émerger un concept visuel original».
Pour donner vie à ces créations, le motion designer doit maîtriser certains logiciels. Citons Illustrator, After Effects, Premiere Pro, Cinema 4D / Blender, logiciels 3D… « J’utilise surtout After Effects. Mais il y a beaucoup de logiciels complémentaires, de nouveaux outils émergeants en permanence. Il faut être à la page. L’intelligence artificielle et la génération d’images nous permettent aujourd’hui de faire des choses de manière de plus en plus simple » poursuit Archibald Part.
Devenir motion designer : quelle formation choisir ?
Quelles formations pour devenir motion designer ? Il est possible de suivre des cursus de bac +3 à bac + 5. Pour un parcours court, on peut opter pour un BUT MMI (Bachelor universitaire de Technologie Métiers du Multimédia et de l’Internet parcours création numérique) ou un DN MADE (Diplôme National des Métiers de l’Art et du Design) Animation ou Numérique.
On peut également choisir une licence ou une école spécialisées en design graphique, animation, audiovisuel…Citons dans le privé, les écoles Condés, Rubika, LiSAA, ou dans le public les Gobelins ou les Arts Déco de Paris (L’EnsAD).
Certaines écoles d’art, qu’elles soient nationales, régionales et municipales, proposent dans le cadre du DNSEP, diplôme national supérieur d’expression plastique, une spécialisation en multimédia. Ce qui donne une base solide pour devenir motion designer. « Ce sont des métiers qui, auparavant, ne nécessitaient pas forcément de passer par une école spécialisée. Aujourd’hui, c’est davantage le cas », reprend Archibald.
Quelles sont les spécialités à privilégier au lycée pour devenir motion designer ? Les arts plastiques et NSI (Numérique et Sciences Informatiques) sont conseillés pour les lycéens de la voie générale, avec des options arts plastiques, cinéma-audiovisuel, l’histoire des arts.
Pour ceux qui souhaitent suivre la voie technologique, les Bac technologiques ST2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués) ou STI (Sciences et Technologies Industrielles) sont à privilégier.
Le portfolio, la pièce maitresse pour entrer dans une école d’art, fait la différence.
Par ailleurs, « il faut prendre des cours de dessin, se forger une réelle culture du cinéma d’animation et du jeu vidéo, lire la presse spécialisée, aller au cinéma… Il s’agit de développer sa créativité et de repérer les tendances pour faire la différence aux concours, Les membres du jury sont souvent déçus par le manque de culture des candidats », explique la conseillère d’orientation Valérie Deflandre.
Quel est le salaire moyen d’un Motion Designer en 2026 ? Les évolutions du métier à l’ère de l’IA
Les débutants en Motion Design en CDI peuvent toucher de 25 000 à 30 000 € brut par an, les professionnels expérimentés, pour leur part, de 35 000 à 45 000 €. « Les tarifs pour les freelances sont variables selon les clients et les régions. J’ai pu constater que cela va souvent entre 200 et 800 € par jour », précise Stéphane Lamalle.
Au-delà de la rémunération, le métier évolue également sous l’influence des nouvelles technologies. Quel impact de l’IA sur l’exercice de cette profession ? Celle-ci assiste mais ne remplace pas le motion designer, assurent les professionnels. « L’usage de l’IA est désormais intégré par de nombreux motions designer. Ce n’est rien d’autre qu’un outil, explique Stéphane Lamalle. Et un outil n’est efficace que lorsqu’il est utilisé par un cerveau créatif. Si on s’en empare avec discernement, l’IA devient une véritable arme pour la création ».























