L’Université Paris Dauphine-PSL vient de dévoiler DAUPHINE 2030, sa stratégie pour les prochaines années. L’université souhaite consolider ses acquis et sécuriser un modèle économique fragilisé par la baisse des financements publics. Entre 2021 et 2024, les dotations de l’État aux universités ont reculé de 800 millions d’euros en termes réels et Dauphine a enchaîné plusieurs exercices déficitaires. L’université dispose pourtant d’un atout que peu d’établissements publics peuvent revendiquer, un modèle de financement à part.
Dauphine-PSL revendique son modèle économique singulier
Là où la plupart des universités françaises dépendent presque entièrement de la subvention publique, Dauphine tire près de la moitié de ses ressources de ses propres activités. Sur un budget annuel d’environ 120 millions d’euros, les ressources propres pèsent 45,6 %, contre une moyenne nationale autour de 27,5 %. La formation en apprentissage, la formation continue et les droits de scolarité en constituent l’essentiel.
Cette autonomie financière a longtemps offert à l’université une agilité stratégique rare. Dans un contexte de réduction des dotations publiques, elle devient aussi une nécessité. DAUPHINE 2030 mise donc sur une politique proactive de partenariats, une collaboration renforcée avec la Fondation Dauphine et l’association des alumni, et une démarche de simplification interne pour dégager des marges de manœuvre.
Lire aussi : Tout savoir sur l’Université Dauphine-PSL
DAUPHINE 2030 : international, intelligence artificielle et ouverture sociale
Trois campus à l’étranger et des formations en anglais dès la licence
L’international constitue le deuxième pilier de la stratégie. Dauphine compte déjà plus de 20 % d’étudiants internationaux, 160 partenaires académiques dans plus de 35 pays, et trois campus à l’étranger, à Londres, Tunis et Dakar, ce dernier lancé en 2025 avec BEM Dakar. L’université entend renforcer le rayonnement de ces implantations et y projeter, à terme, ses laboratoires de recherche. À Paris, un parcours entièrement en anglais ouvre dès la rentrée 2026-2027 en troisième année de licence de management, avant une extension progressive aux premières années et à d’autres spécialités.
L’intelligence artificielle occupe une place croissante. Première université à avoir créé une double licence en IA et sciences des organisations, Dauphine est un pilier de la PR[AI]RIE-Paris School of AI et entend poursuivre le développement de formations de pointe tout en soutenant ses laboratoires sur les implications économiques, sociétales et environnementales de l’IA.
Lire aussi : Classement QS 2027 des meilleures universités mondiales : le MIT toujours en tête, l’Asie progresse
Une université sélective qui revendique l’ouverture sociale
La sélectivité de Dauphine est bien réelle. On compte une candidature retenue sur 27 en licence. Mais l’université met en avant une politique d’ouverture qu’elle veut renforcer. Près de 1 000 lycéens sont accompagnés chaque année par le programme Égalité des chances, les droits de scolarité sont modulés selon les revenus, et 250 étudiants en exil ont été accueillis depuis 2020. La Fondation Dauphine, qui collecte environ 4 millions d’euros par an, finance notamment des résidences pour loger les étudiants les moins favorisés.
Ces engagements s’inscrivent dans une trajectoire de long terme. Membre fondateur de PSL, aux côtés de l’École normale supérieure et des Mines de Paris, Dauphine se classe aujourd’hui entre la 19e et la 42e place mondiale selon les classements internationaux, aux côtés d’universités comme Yale ou Princeton. Une position que DAUPHINE 2030 entend consolider, dans un contexte où la désinformation et les contraintes budgétaires fragilisent l’enseignement supérieur et la recherche publics.













