Devenir expert-comptable en France, c’est gravir trois marches successives. Le DCG, le DSCG et le DEC forment un cursus d’État cohérent, dans lequel chaque diplôme prépare au suivant tout en valant pour lui-même. On peut s’arrêter à chaque étape et trouver un emploi. Mais pour porter le titre d’expert-comptable et s’inscrire à l’Ordre, il faut les avoir franchies toutes les trois. Dans cet article, découvrez le parcours, de bout en bout.
Qu’est-ce que le DCG ?
Le DCG, diplôme de comptabilité et de gestion, est le premier diplôme d’État de la filière. Il se prépare en trois ans après le baccalauréat et confère le grade de licence, soit un niveau bac+3. Il est organisé en 13 unités d’enseignement couvrant la comptabilité, le droit, la fiscalité, la finance, le management, l’économie et les langues.
Chaque unité d’enseignement se valide indépendamment. Une note de 10 sur 20 à une épreuve valide l’UE sans limitation de durée. Les candidats peuvent donc étaler leurs présentations sur plusieurs sessions, à leur rythme, sans être contraints de tout passer d’un coup. C’est l’une des caractéristiques distinctives de la filière par rapport aux autres cursus de l’enseignement supérieur.
Le DCG est accessible directement après le bac, mais aussi après un BTS comptabilité et gestion, un BUT gestion des entreprises et des administrations ou un autre diplôme de niveau bac+2. Avec un DCG en poche, on peut travailler comme collaborateur en cabinet, responsable comptable ou assistant contrôleur de gestion, sans poursuivre vers le DSCG. Dans les faits, la majorité des diplômés continuent vers l’étape suivante.
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Qu’est-ce que le DSCG ?
Le DSCG, diplôme supérieur de comptabilité et de gestion, est le deuxième diplôme de la filière. Il se prépare en général en deux ans après le DCG et confère le grade de master, soit un niveau bac+5. Il est organisé en 7 unités d’enseignement qui approfondissent les matières du DCG, avec une exigence nettement plus élevée et une orientation davantage tournée vers la pratique professionnelle.
Les UE se valident là aussi de façon indépendante. Une note de 10 sur 20 valide l’UE définitivement. Les notes entre 6 et 9,99 sur 20 sont conservées pendant 5 ans. Une note inférieure à 6 sur 20 empêche la délivrance du diplôme, même si la moyenne générale est atteinte. Le DSCG s’obtient avec une moyenne d’au moins 10 sur 20 à l’ensemble des épreuves.
L’accès au DSCG est ouvert aux titulaires du DCG, mais aussi aux titulaires d’un master comptabilité contrôle audit, ou CCA, qui bénéficient de dispenses automatiques sur plusieurs UE. Ces dispenses permettent de valider une partie du DSCG sans repasser les épreuves correspondantes.
Le DSCG peut s’arrêter en lui-même. Il ouvre des débouchés directs comme analyste financier, responsable du contrôle de gestion ou auditeur. Mais c’est aussi la condition indispensable pour accéder au stage d’expertise comptable et passer le DEC.
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Qu’est-ce que le DEC ?
Le DEC, diplôme d’expertise comptable, est l’aboutissement du cursus. C’est le seul diplôme qui donne droit au titre d’expert-comptable et à l’inscription au tableau de l’Ordre des experts-comptables. Il correspond à un niveau bac+8 dans la classification nationale des certifications.
Le DEC se prépare au cours d’un stage professionnel de trois ans en cabinet d’expertise comptable. Ce stage est salarié et rémunéré.
Il comprend trois épreuves :
- Une épreuve de déontologie,
- Une épreuve de révision légale des comptes,
- La soutenance d’un mémoire. Ce dernier représente l’épreuve la plus exigeante, avec un coefficient de 4 et une note minimale de 10 sur 20.
La rédaction du mémoire mobilise en moyenne 500 heures de travail réparties sur plusieurs mois, en parallèle du stage.
Une dérogation existe pour les candidats qui n’ont pas encore validé la totalité du DSCG. Ils peuvent commencer les deux premières années du stage s’ils ont validé au moins 4 UE sur 7 du DSCG. La troisième année de stage ne peut débuter qu’une fois le DSCG complet obtenu.
Une réforme en cours depuis la rentrée 2026
La filière traverse une réforme d’ampleur depuis la rentrée 2026. De nouveaux programmes ont été déployés dans les établissements, issus d’un arrêté publié au Bulletin officiel le 28 août 2025. Les premières épreuves bâties sur ces nouveaux référentiels auront lieu à la session 2027.
Le cœur de cette réforme porte sur la professionnalisation. Les attendus mettent davantage l’accent sur l’acquisition de compétences pratiques, le raisonnement appliqué et la restitution structurée, en réponse aux évolutions des métiers du chiffre. La réforme intègre aussi une meilleure articulation entre le DCG et le DSCG, et encadre l’usage de l’intelligence artificielle générative dans les épreuves. Les candidats qui préparent le DCG ou le DSCG depuis 2026 doivent donc utiliser des supports alignés sur les nouveaux référentiels, les annales et manuels antérieurs pouvant ne plus couvrir les attendus actuels.
Peut-on intégrer la filière sans passer par le DCG ?
Oui. La filière est conçue avec des passerelles. Un titulaire d’un master CCA peut accéder directement au DSCG avec des dispenses sur plusieurs UE, sans avoir passé le DCG. Un diplômé d’une grande école de commerce peut également, sous conditions, bénéficier d’équivalences.
Ces voies d’accès alternatives séduisent des profils qui ont suivi un autre parcours avant de décider de viser l’expertise comptable. Elles rendent la filière plus ouverte qu’elle n’y paraît, même si le chemin reste exigeant quelle que soit la porte d’entrée.
Quels débouchés à chaque étape des études en comptabilité et gestion ?
À chaque étape du cursus correspond un niveau d’employabilité. Le DCG ouvre sur les postes de collaborateur en cabinet, de responsable comptable ou d’assistant contrôleur de gestion. Le DSCG élargit les perspectives vers l’audit, le contrôle de gestion, l’analyse financière et des postes à plus fortes responsabilités en cabinet ou en entreprise. Le DEC, enfin, donne accès au titre d’expert-comptable, qui permet d’exercer en libéral, de créer son cabinet ou d’occuper des postes de direction financière dans les grandes organisations.
La filière recrute régulièrement. Selon les chiffres de l’Ordre, les recrutements en cabinet progressent en moyenne de 6 % par an depuis dix ans.
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Le parcours complet représente environ huit ans après le baccalauréat, soit trois ans de DCG, deux ans de DSCG et trois ans de stage pendant lesquels est préparé le DEC. Ces durées peuvent varier selon le rythme de chaque candidat.
Oui. Le DCG et le DSCG peuvent tous les deux être préparés en alternance. C’est une voie très répandue dans la filière, qui permet d’acquérir une expérience professionnelle solide tout en préparant les épreuves.
Non. Les notes de 10 sur 20 et plus obtenues aux épreuves du DCG sont conservées sans limitation de durée. Celles comprises entre 6 et 9,99 sur 20 au DSCG sont valables pendant cinq ans. Cela permet de gérer le cursus à son rythme.
Oui. Le DEC permet également de préparer le certificat d’aptitude aux fonctions de commissaire aux comptes, dit CAFCAC. Les deux métiers partagent des bases communes, et il est possible de les exercer conjointement sous certaines conditions.















