Le bachelor en alternance permet de préparer un diplôme de niveau bac+3 tout en travaillant dans une entreprise. Cette formule attire autant pour l’expérience professionnelle acquise que pour son intérêt financier puisque l’étudiant perçoit une rémunération et ne finance pas directement sa formation. Le fonctionnement varie toutefois fortement d’un cursus à l’autre. Certaines écoles proposent l’apprentissage dès la première année, d’autres uniquement en deuxième ou troisième année. Le rythme, le salaire et les entreprises accessibles dépendent également du contrat et de la spécialisation choisie.
Le terme bachelor recouvre par ailleurs des formations très différentes. Certaines confèrent le grade de licence, tandis que d’autres conduisent à une certification professionnelle enregistrée au RNCP au niveau 6. Ce niveau correspond à un niveau bac+3, mais il ne constitue pas automatiquement un grade universitaire. Avant de choisir un bachelor en alternance, il faut donc vérifier à la fois la reconnaissance du diplôme et les conditions dans lesquelles l’alternance est organisée.
Comment fonctionne un bachelor en alternance ?
Un étudiant en bachelor en alternance partage son temps entre l’établissement de formation et son entreprise. Il possède simultanément un statut d’étudiant et de salarié. Deux contrats sont principalement utilisés, le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Dans l’enseignement supérieur, l’apprentissage est aujourd’hui la formule la plus fréquente.
Le temps consacré aux cours fait partie du temps de travail. En apprentissage, au moins 25 % de la durée du contrat doit être consacrée à la formation. L’étudiant ne travaille donc pas 35 heures en entreprise auxquelles viendraient s’ajouter ses cours. Une semaine passée partiellement ou entièrement à l’école est intégrée à son temps de travail.
Bon à savoir
L’autre différence majeure avec la formation initiale concerne le financement. L’alternant ne paie pas lui-même les frais de formation liés à son contrat. Leur prise en charge repose sur le système de financement de l’alternance. Cette caractéristique peut rendre accessible un bachelor affichant plusieurs milliers d’euros de frais de scolarité par an.
Lire aussi : L’alternance, un tremplin vers l’emploi
Quel est le rythme d’un bachelor en alternance ?
Aucun rythme unique ne s’applique aux bachelors en alternance. L’organisation dépend de l’école, du CFA et de la formation. Une semaine peut par exemple être répartie entre deux jours de cours et trois jours en entreprise. D’autres établissements concentrent davantage les périodes avec une semaine à l’école suivie de deux ou trois semaines en entreprise.
Le choix du rythme influence directement le quotidien de l’alternant. Une présence de plusieurs semaines consécutives en entreprise facilite le suivi de projets longs et l’intégration dans une équipe. Une alternance organisée à l’échelle de la semaine permet au contraire de maintenir un contact très régulier avec les enseignements. Les entreprises peuvent elles-mêmes privilégier une organisation plutôt qu’une autre en fonction des missions proposées.
Le calendrier doit donc être vérifié avant de commencer les candidatures. Deux bachelors portant presque le même intitulé peuvent avoir des rythmes très différents. Le préciser dès le CV ou le premier échange avec un recruteur évite aussi de poursuivre une candidature avec une entreprise dont l’organisation est incompatible avec celle de l’école.
Quel salaire touche un étudiant en bachelor en alternance ?
Le salaire d’un bachelor en alternance dépend avant tout du type de contrat, de l’âge de l’étudiant et de sa progression dans son cycle de formation. En contrat d’apprentissage, la rémunération minimale correspond à un pourcentage du Smic, dont le montant mensuel brut est de 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026.
| Âge de l’apprenti | 1re année | 2e année | 3e année |
|---|---|---|---|
| 18 à 20 ans | 802,82 € brut (43 % du Smic) | 952,18 € brut (51 % du Smic) | 1 250,90 € brut (67 % du Smic) |
| 21 à 25 ans | 989,52 € brut (53 % du Smic) | 1 138,88 € brut (61 % du Smic) | 1 456,27 € brut (78 % du Smic) |
| 26 ans et plus | 1 867,02 € brut (100 % du Smic) | 1 867,02 € brut (100 % du Smic) | 1 867,02 € brut (100 % du Smic) |
À partir de 26 ans, l’apprenti perçoit au minimum le Smic, ou le salaire minimum conventionnel correspondant à son emploi lorsque celui-ci est plus favorable. Certaines conventions collectives et certaines entreprises proposent également des rémunérations supérieures à ces minimums.
Entrer directement en troisième année de bachelor ne signifie pas nécessairement bénéficier du salaire correspondant à une troisième année d’apprentissage. La rémunération dépend du cycle de formation et du parcours antérieur de l’apprenti. Des règles spécifiques existent aussi lorsqu’un étudiant enchaîne plusieurs contrats.
En contrat de professionnalisation, la grille est différente. Elle dépend notamment de l’âge et du niveau de diplôme déjà obtenu au moment de la signature.
Lire aussi : Alternance, le coup de froid après l’âge d’or ?
Quelles entreprises recrutent en bachelor en alternance ?
Bon à savoir
Les possibilités dépendent principalement de la spécialisation choisie. Un bachelor en commerce peut mener vers des postes de commercial, business developer ou chargé de clientèle. En marketing, les offres concernent notamment le digital, la communication, le CRM ou l’assistanat chef de produit. Les bachelors en ressources humaines, finance, achats, logistique, informatique, data ou cybersécurité donnent accès à leurs propres familles de métiers.
Les grands groupes recrutent chaque année plusieurs milliers d’alternants. BNP Paribas accueille environ 2 000 alternants par an dans près de 300 métiers, notamment en développement commercial, informatique, finance, marketing et ressources humaines. Carrefour recrute du CAP au bac+5 dans ses magasins, sièges et entrepôts. Orange propose également des contrats dans les métiers commerciaux, numériques et techniques. SNCF affiche plusieurs milliers d’opportunités d’alternance dans le ferroviaire, la maintenance, les fonctions support et la relation client.
L’industrie constitue aussi un vivier important. EDF accueille des alternants du bac professionnel au bac+5 dans des métiers techniques comme tertiaires. Safran recrute dans l’industrie, l’ingénierie, le numérique et les fonctions support. L’Oréal propose notamment des postes en marketing, finance, ressources humaines, digital et communication. Les PME et ETI ne doivent pas être négligées pour autant. Elles peuvent proposer des fonctions plus polyvalentes et donner rapidement davantage d’autonomie à un étudiant en bachelor.
Comment trouver une entreprise pour son bachelor en alternance ?
La recherche doit idéalement commencer plusieurs mois avant la rentrée. Les grandes entreprises lancent souvent leurs campagnes au printemps pour une arrivée entre septembre et octobre. Certaines offres apparaissent dès février ou mars, tandis que les recrutements se poursuivent parfois durant l’été. Attendre l’inscription définitive dans l’école avant de commencer à candidater peut donc faire perdre une partie des opportunités.
L’école constitue un premier point d’entrée grâce à ses partenariats, ses forums et son réseau d’anciens étudiants. Les plateformes publiques consacrées à l’alternance permettent ensuite d’élargir la recherche. Les sites carrière des entreprises restent particulièrement utiles pour les grands groupes, tandis que les candidatures directes peuvent être efficaces auprès des PME. LinkedIn et les plateformes d’emploi permettent également d’identifier rapidement les offres correspondant au niveau bac+2 ou bac+3.
Le CV doit rendre visibles en quelques secondes la formation préparée, la spécialisation, la date de disponibilité et surtout le rythme d’alternance. Les recruteurs veulent savoir immédiatement combien de jours ou de semaines l’étudiant pourra être présent en entreprise. Les candidatures gagnent aussi à rester cohérentes avec le projet de formation. Postuler simultanément en comptabilité, recrutement, communication et développement commercial rend le positionnement moins lisible.
Lire aussi : Comment toucher la prime d’activité en contrat d’alternance ?
Un bachelor en alternance est-il plus intéressant qu’en formation initiale ?
L’intérêt financier constitue l’une des différences les plus évidentes. Un étudiant en formation initiale peut devoir payer plusieurs milliers d’euros de frais de scolarité tout en finançant ses dépenses courantes. En alternance, les frais liés à la formation sont pris en charge et l’étudiant perçoit parallèlement un salaire. Sur une ou plusieurs années, l’écart financier peut devenir très important.
L’avantage est également professionnel. Un étudiant qui réalise deux années d’alternance peut obtenir son bachelor avec près de deux années d’expérience en entreprise. Cette expérience facilite l’entrée directe sur le marché du travail et peut également renforcer un dossier de candidature en master. Les missions réellement exercées comptent toutefois davantage que la seule présence du mot alternance sur le CV.
Le rythme est en contrepartie plus exigeant que celui d’une formation initiale. L’alternant possède les obligations d’un salarié, doit suivre ses cours et préparer ses examens en parallèle. Les vacances universitaires traditionnelles disparaissent en grande partie au profit des congés prévus par le contrat de travail. Cette organisation convient particulièrement aux étudiants qui souhaitent rapidement se confronter au monde professionnel.
Comment vérifier qu’un bachelor en alternance est reconnu ?
La possibilité d’effectuer une formation en alternance ne constitue pas en elle-même une garantie sur la reconnaissance académique du bachelor. Le mot bachelor n’est pas associé à un diplôme national unique comparable à la licence. Les candidats doivent donc vérifier le statut exact de la formation proposée.
Une certification RNCP de niveau 6 atteste d’un niveau de qualification correspondant au bac+3. Certaines formations bénéficient parallèlement du grade de licence, accordé après évaluation et qui facilite notamment la lisibilité académique du diplôme et la poursuite d’études. Les bachelors des écoles de commerce peuvent aussi bénéficier d’un visa du ministère chargé de l’Enseignement supérieur.
Cette vérification est particulièrement importante lorsqu’un étudiant souhaite poursuivre ensuite en master. Un bachelor permettant une bonne insertion professionnelle ne donne pas nécessairement accès dans les mêmes conditions à toutes les poursuites d’études. Il vaut donc mieux contrôler les reconnaissances officielles avant de signer son contrat d’alternance plutôt qu’au moment des candidatures en bac+5.
Oui. L’étudiant possède un contrat de travail et reçoit un salaire. Son montant dépend notamment de son âge, du contrat signé et de sa progression dans le cycle de formation.
L’alternant ne finance pas directement sa formation dans le cadre de son contrat. La prise en charge repose sur les mécanismes de financement de l’apprentissage ou du contrat de professionnalisation.
Oui. De nombreux établissements proposent l’alternance uniquement en troisième année, notamment pour les étudiants intégrant le bachelor après un BTS, un BUT ou une deuxième année d’études supérieures validée.
Il n’existe pas de rythme idéal pour toutes les formations. Les organisations hebdomadaires facilitent la régularité des cours, tandis que les périodes plus longues en entreprise permettent de suivre plus facilement certains projets.
Il est préférable de commencer plusieurs mois avant la rentrée. Les premières campagnes de recrutement des grands groupes peuvent débuter dès le premier trimestre de l’année pour les contrats commençant en septembre.
Non. Le niveau 6 du RNCP correspond à un niveau de qualification bac+3, tandis que le grade de licence est une reconnaissance académique distincte.














