Que ce soit pour obtenir un diplôme, apprendre une nouvelle langue ou simplement valider leur année de césure, chaque année, des millions d’étudiants dans le monde décident de partir à l’étranger. Découvrez, avec l’Express Éducation, quelles sont aujourd’hui leurs destinations favorites.
Nathan Lusseau, chargé de liaison pour les Affaires de la Jeunesse au sein de l’association ESN (NDLR : Erasmus Student Network) et Donatienne Hissard, directrice générale de Campus France, nous aident à mieux comprendre les chiffres de la mobilité étudiante.
D’après les derniers rapports, ce sont pas moins de 114 000 élèves français et 6,9 millions d’étudiants à l’échelle mondiale qui sont mobiles à l’étranger. Et, en effet, plusieurs pays et villes se distinguent dans les classements.
Les tendances mondiales sur les dernières années
Vous pouvez étudier à l’étranger par le biais de différents programmes. « Il n’y a pas que Erasmus +, les partenariats bilatéraux entre deux écoles rendent également possible les échanges », rappelle Nathan Lusseau. Pour information, le programme Erasmus comprend les 27 États membres de l’UE, auxquels sont ajoutés 6 autres pays : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Turquie, la Macédoine du Nord et la Serbie.
Jetons d’abord un œil à la mobilité internationale. Selon le rapport 2025 de Campus France, ces dernières années, les États-Unis et le Royaume-Uni figurent en tête des pays les plus prisés par les élèves. Sans oublier l’éternelle Australie, destination qui, elle aussi, brille sur le CV.
Une ombre plane toutefois au-dessus du Royaume-Uni. « Le territoire, exclu du programme Erasmus suite au Brexit, accuse une perte de 40% d’étudiants européens depuis », explique Donatienne Hissard. (NDLR : En décembre 2025, Londres et Bruxelles ont officiellement scellé le retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+ le Royaume-Uni a réintégré le programme Erasmus +, ce qui pourrait faire évoluer ces chiffres).
D’un autre côté, l’Allemagne et le Canada gagnent des places dans le classement et font office de pays idéals pour étudier à l’étranger. Tout comme les Pays-Bas et l’Irlande bénéficiant de la venue d’étudiants qui cherchent à améliorer leur anglais mais qui ne peuvent plus se rendre au Royaume-Uni.
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Les étudiants français partent où ?
Intéressons-nous désormais à la mobilité étudiante française. D’après un récent rapport de Campus France, la France serait ainsi le 7e pays d’origine des étudiants mobiles dans le monde. Selon Donatienne Hissard, les destinations privilégiées des élèves français seraient souvent les mêmes, parmi lesquelles nous retrouvons le Canada, la Belgique, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Espagne. « C’est toujours serré entre le Canada et la Belgique », affirme-t-elle.
Mais la montée en puissance du Canada (+ 37% sur 2021-2022) pourrait bien s’inverser à l’avenir. En effet, le pays a annoncé, le 22 janvier 2024, un plafonnement des permis d’études internationaux à hauteur de 364 000, soit 35 % de moins qu’en 2023.
Un futur déclin canadien qui s’expliquerait aussi par le fait que « depuis la Covid, les élèves ont tendance à davantage choisir des destinations proches à cause des séquelles laissées par la pandémie (NDLR : période à laquelle les étudiants se sont vu refuser l’accès à de nombreux pays éloignés en raison des mesures sanitaires), ajoute D. Hissard.
Les destinations d’aujourd’hui et de demain
Les différents classements disponibles en ligne prennent en compte des statistiques établies deux voire trois ans auparavant. Pour l’Express Éducation, Donatienne et Nathan, avec leur connaissance des tendances les plus récentes, tentent de “spoiler” les futures destinations favorites des étudiants.
Dans un premier temps, Nathan Lusseau s’interroge sur la réintégration du Royaume-Uni dans le programme Erasmus + à partir de 2027. Un retour qui pourrait grandement bénéficier au territoire anglo-saxon dans les prochaines années. La directrice de Campus France, quant à elle, précise que beaucoup de pays se sont récemment lancés dans l’attraction d’étudiants étrangers : la Chine, les Émirats arabes unis, le Maroc ou encore la Thaïlande. « Depuis quelques années, les établissements chinois font pâlir la plupart des pays dans le monde, c’est une destination en plein essor », souligne Donatienne Hissard.
D’un autre côté, les pays traditionnels d’accueil prennent, depuis quelque temps, des mesures restrictives face à l’arrivée des étudiants sur leur territoire. Nous avons évoqué le plafonnement mis en place par le Canada, mais il ne faut pas oublier également les décisions politiques prises sous l’administration Trump. Ces dernières « commencent déjà à avoir des effets », déclare la représentante de Campus France, les étudiants se détournant graduellement du pays de l’Oncle Sam. Pour cause, le visa devient de plus en plus compliqué à obtenir et les documents administratifs trop nombreux à fournir.
Trouver l’échange étudiant idéal
Chaque mobilité est différente et le choix de la destination dépend en grande partie de l’étudiant. Plusieurs facteurs entrent en compte dans la prise de décision : la réputation de l’école, le positionnement géographique du pays et aussi le coût de la vie sur place. D’après les étudiants mobiles avec qui Nathan a souvent l’occasion d’échanger, l’Irlande et la Grèce semblent cocher la plupart des cases. C’est également le cas des Pays-Bas et de la Scandinavie. D’ailleurs, son organisation, l’ESN, élit chaque année les meilleures villes Erasmus, les derniers lauréats étant Thessalonique (Grèce), Gand (Belgique), Porto (Portugal) et Aarhus (Danemark).
Donatienne Hissard, quant à elle, fait l’éloge de l’Espagne, de l’Italie, des Pays-Bas, du Canada et aussi de la France. Pour conclure, la directrice de Campus France évoque la Turquie qui s’appuie sur l’argument du “faible” coût de la vie mais aussi sur sa proximité, d’une part, géographique avec l’Europe et de l’autre, culturelle avec les pays arabes.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : les destinations favorites des étudiants pour partir étudier à l’étranger.
Une mobilité étudiante mondiale toujours très dynamique
Près de 6,9 millions d’étudiants dans le monde et 114 000 Français partent chaque année étudier à l’étranger, via des programmes comme Erasmus+ ou des partenariats entre établissements.
Les destinations historiques restent en tête, malgré des évolutions
Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie demeurent attractifs, mais le Brexit a provoqué une chute de 40 % des étudiants européens au Royaume-Uni, exclu du programme Erasmus+.
Le Canada et l’Europe du Nord gagnent du terrain
L’Allemagne, le Canada, les Pays-Bas et l’Irlande séduisent de plus en plus, notamment pour l’enseignement en anglais. Toutefois, le Canada pourrait reculer après le plafonnement des permis d’études internationaux.
Les étudiants français privilégient la proximité géographique
Les destinations favorites des Français restent le Canada, la Belgique, la Suisse, l’Espagne et le Royaume-Uni, avec une tendance post-Covid à choisir des pays plus proches et accessibles.
De nouvelles destinations émergent pour l’avenir
La Chine, les Émirats arabes unis, le Maroc, la Thaïlande ou la Turquie investissent fortement pour attirer les étudiants internationaux, tandis que les contraintes administratives aux États-Unis pourraient freiner leur attractivité.













