Cinq licences, une maîtrise de philosophie et un doctorat bidisciplinaire en études germaniques et en sociologie : le palmarès de Valérie Patanè, enseignante en école de commerce, est impressionnant. Rencontre.
7 diplômes universitaires obtenus en 14 années d’études. Valérie Patanè, 40 ans, a toujours eu soif d’apprendre. Aujourd’hui, elle transmet son savoir à son tour dans deux écoles de commerce à Pau (Pyrénées-Atlantiques), où elle enseigne le droit, l’économie, le management et la géopolitique.
« C’est quelque chose d’assez naturel pour moi, même si à la base, je n’avais pas forcément pour objectif d’exercer ce métier », raconte-t-elle.
Après avoir grandi entre Genève et le sud de la France, la Suissesse, alors âgée de 19 ans, envisage dans un premier temps de devenir traductrice. Elle intègre une prépa intégrée à l’ISIT, école spécialisée dans ce domaine. « En plus des cours de langues, j’ai découvert des matières qui m’étaient complètement inconnues, comme le droit et la géopolitique. Après avoir validé mes deux années de prépa, j’ai obtenu une licence d’anglais à la Sorbonne, puis poursuivi mes études ailleurs ».

Jusqu’à quatre cursus en même temps
Son premier bac+3 en poche, Valérie déménage à 22 ans en Allemagne pour perfectionner sa pratique de la langue officielle. En parallèle, elle s’inscrit dans plusieurs universités françaises pour y suivre des cours à distance. « Je me rendais quand même sur place, à Paris, Toulouse et Strasbourg, pour passer les examens en présentiel », précise-t-elle.
En sept ans, elle obtient 5 diplômes supplémentaires : 4 licences (économie et sociologie, sciences de l’éducation, histoire, lettres modernes) et une maîtrise en philosophie. Avec une période particulièrement éprouvante, se rappelle la professeure. « J’ai fêté mes 25 bougies à la bibliothèque… À l’époque, je suivais quatre cursus en même temps. C’était vraiment l’année la plus difficile et la plus stressante de mon parcours universitaire ».
Valérie ne s’arrête pas là : à ce palmarès déjà impressionnant s’ajoute un doctorat bidisciplinaire en études germaniques et en sociologie. « À ce moment-là, je vivais entre la France et l’Allemagne », détaille-t-elle. Elle s’installe finalement à Lourdes (Hautes-Pyrénées) en 2023, et continue sa carrière d’enseignante à Pau, débutée une dizaine d’années auparavant. « J’ai notamment été prof en prison pendant six mois, une des meilleures expériences de ma vie », s’enthousiasme la quadragénaire.
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« Une question d’organisation et d’hygiène de vie »
Cette réussite dans les études, Valérie l’estime à la portée de tous. « Je pense que c’est une question d’organisation et d’hygiène de vie, mais aussi de persévérance. Pendant mon doctorat par exemple, je me suis fixée 8 heures de sommeil, et je m’y suis tenue. Entre autres rituels. Je savais que j’allais aller jusqu’au bout. D’autres abandonnent en cours de route, mais je ne crois pas que ça soit lié à l’intelligence ».
Sans oublier une « curiosité intellectuelle » présente depuis son plus jeune âge. « Tout m’a toujours intéressée : les matières scientifiques, littéraires… En suivant ces nombreux cursus, je n’avais pas vraiment de but professionnel précis ».
Mais cette accumulation de diplômes est-elle utile sur le marché du travail ? Oui, assure la principale intéressée. « Avoir plusieurs cordes à son arc est un avantage non négligeable. J’ai été professeure de français, d’allemand, de sociologie… Cela m’a permis de me diversifier et m’a apporté une forme de liberté », pointe-t-elle, soulignant une « valeur intrinsèque du diplôme malgré le nombre important d’étudiants ».
« Il faut bien se renseigner sur l’offre qui existe dans les universités. Il y a beaucoup de diplômes bidisciplinaires par exemple. C’est une option très intéressante, parce qu’elle peut permettre de mixer la passion et le débouché. Je le constate, entre autres, avec mes étudiants en master finance et master sport. Certains sont passionnés par le sport, un peu moins par la finance, mais au bout du compte, ils vont très certainement travailler dans le sport grâce à la finance », explique l’enseignante.
« Faites des études, mais ne négligez pas le monde du travail »
« Quand j’entends qu’il ne faut plus faire d’études, que ça ne sert à rien, notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, je ne peux pas du tout valider ce discours ! », continue la docteure, encourageant ceux qui le souhaitent à se lancer. « Le risque cependant, c’est d’avoir des étudiants qui à 30, 35 ans, n’ont jamais travaillé. Ça, c’est inquiétant. Faites des études, mais ne négligez pas le monde du travail. Il me semble important de s’y confronter, en connaître les codes », conseille-t-elle.
De son côté, Valérie ne vise pas, pour le moment, un nouveau diplôme. « Je pense que je vais attendre un peu », sourit-elle, affirmant s’épanouir dans son rôle de professeure.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : elle obtient 7 diplômes en 14 années d’études.
Un parcours académique hors norme
Valérie Patanè cumule cinq licences, une maîtrise de philosophie et un doctorat bidisciplinaire en études germaniques et sociologie en seulement 14 ans. Un parcours universitaire exceptionnel qui illustre une soif d’apprendre constante et une forte capacité de travail.
Jusqu’à quatre cursus suivis en parallèle
Après une prépa intégrée à l’ISIT et une licence d’anglais à la Sorbonne, elle enchaîne les diplômes, parfois jusqu’à quatre formations simultanément, entre la France et l’Allemagne. Une période intense marquée par une organisation rigoureuse et une forte discipline personnelle.
Organisation, persévérance et curiosité intellectuelle
Selon elle, la réussite académique repose moins sur l’intelligence que sur l’hygiène de vie, la méthode et la persévérance. Elle revendique une curiosité intellectuelle transversale, entre sciences humaines, économie, droit et géopolitique.
Des diplômes comme levier de liberté professionnelle
Contrairement aux idées reçues sur la “surqualification”, elle estime que multiplier les diplômes est un atout sur le marché du travail. Cette polyvalence lui a permis d’enseigner différentes disciplines et de construire une carrière flexible, aujourd’hui dans deux écoles de commerce à Pau.
Études longues, oui, mais avec une expérience professionnelle
Si elle défend la valeur des études supérieures, même à l’ère de l’intelligence artificielle, elle met en garde contre un excès d’accumulation académique sans contact avec le monde du travail. Son conseil : faire des études ambitieuses tout en développant une expérience professionnelle concrète.













