L’ISC Paris lance le Cercle des Entrepreneurs, un dispositif sélectif conçu pour encadrer, tester et accélérer les projets étudiants. Mentorat, sessions collectives, réseau alumni et accès à l’écosystème professionnel doivent structurer une dynamique déjà active sur ses campus.
L’ISC Paris enrichit son narratif entrepreneurial
L’entrepreneuriat prend une place de plus en plus nette dans les aspirations étudiantes, et l’ISC Paris entend transformer cette envie en parcours accompagné. Implanté à Paris et à Orléans, le groupe annonce la création du Cercle des Entrepreneurs, un dispositif pensé pour aider ses étudiants à structurer, challenger et accélérer leurs projets. L’initiative intervient dans un contexte que l’école juge révélateur : dans son enquête menée en 2024 sur le bonheur au travail vu par les 18 à 24 ans, dont les résultats ont été présentés en mars 2025, 28 % des jeunes disent considérer la création d’entreprise ou l’exercice en indépendant comme un objectif majeur, contre 24 % en 2022.
Derrière cette progression, l’école accréditée AACSB et AMBA y lit un signal clair : la recherche d’autonomie ne relève plus seulement d’un imaginaire valorisé, elle devient une perspective professionnelle de plus en plus assumée. C’est sur ce terrain que le Cercle des Entrepreneurs veut s’installer. Son objectif n’est pas seulement d’encourager les vocations, mais de donner un cadre à des projets souvent encore fragiles, dispersés ou trop dépendants de l’énergie individuelle de leurs porteurs.
Un cadre pour faire passer les idées à l’épreuve du réel
Le dispositif a été conçu comme un espace collectif, mais aussi comme un lieu d’exigence. L’ISC Paris le présente comme un environnement destiné à favoriser la prise de recul, la confrontation d’idées et la montée en compétence. Le programme repose sur quatre piliers : un mentorat individualisé, des sessions collectives avec des entrepreneurs, dirigeants, CEO et alumni, un accès régulier à des conférences, ateliers et workshops consacrés aux enjeux de stratégie, de développement commercial, de financement ou de structuration juridique, enfin une communauté active appuyée sur l’écosystème de l’école.
Dans cette architecture, le mentorat occupe une place centrale. L’accompagnement doit notamment être assuré par Alain Bloch, professeur émérite en entrepreneuriat, aux côtés d’autres experts mobilisés selon les problématiques rencontrées par les porteurs de projet. L’idée est moins de délivrer une méthode unique que d’apporter des réponses situées, en fonction du niveau de maturité des initiatives, des blocages rencontrés et des ambitions affichées. L’école mise aussi sur la régularité des échanges, avec un suivi individualisé qui s’étend sur une année académique.
Bon à savoir
Bon à savoir : l’ISC Paris apparaît à la 15e place du classement 2026 des écoles de commerce de L’Express Éducation. Ce palmarès ne mesure pas la qualité pédagogique ou la vie étudiante, mais la réputation globale de l’école auprès de plus de 1 000 dirigeants, cadres supérieurs et responsables du recrutement. Autrement dit, il évalue la manière dont l’ISC est perçue par ceux qui recrutent, un indicateur directement lié à sa réputation employeur.
Cette volonté de mise en situation apparaît aussi dans la manière dont le Cercle a été lancé. La première soirée, organisée avec des étudiants et des alumni de l’ISC Paris, a pris la forme de pitchs d’une minute. L’exercice, resserré et frontal, oblige à clarifier une proposition de valeur, à tester la lisibilité d’un projet et à recueillir des retours immédiats de diplômés et de professionnels aguerris. Le parti pris est clair : confronter les idées au réel le plus tôt possible, avant même que les projets n’entrent dans une phase plus avancée de développement.
Des projets déjà identifiés, une sélection assumée
La soirée de lancement a aussi donné un aperçu très concret des profils et des ambitions que le Cercle souhaite accompagner. Parmi les projets présentés, Angelo, DJ sous le pseudonyme Peperose, cherche à structurer son activité dans l’univers musical et événementiel, avec l’objectif de nouer des partenariats auprès de clubs, de bars et d’organisateurs d’événements. Ellen développe de son côté une application dédiée à la valorisation des petits producteurs du Morbihan par les circuits courts. Son projet réclame désormais un appui technique, en particulier autour du développement web, ainsi qu’un accompagnement stratégique. Enfin, Seikina a présenté Part’Age, une application centrée sur l’autonomie par l’entraide intergénérationnelle, déjà expérimentée dans le tissu associatif de l’école et en quête de partenaires, d’appui technique et de structuration.
À travers ces premiers exemples, l’ISC Paris dessine un entrepreneuriat étudiant qui ne se limite ni à la tech ni à la création de start-up calibrées pour la levée de fonds. Les projets évoqués touchent à la culture, à l’impact territorial, aux solidarités et aux services, avec des besoins très différents selon les cas. C’est précisément cette diversité qui justifie, aux yeux de l’école, la création d’un cadre plus robuste. « L’entrepreneuriat est avant tout une posture », affirme Stéphanie Hublin-Besson, directrice groupe de l’engagement étudiant à l’ISC Paris, avant d’ajouter que la réussite repose sur la capacité « à bien s’entourer, à coopérer et à mobiliser des expertises complémentaires ».
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Bon à savoir
Le Cercle s’inscrit d’ailleurs dans une continuité déjà amorcée. L’ISC Paris rappelle qu’il prolonge la logique du Master Business Development & Entrepreneuriat, ouvert en 2023, et vient renforcer un écosystème entrepreneurial que l’école cherche à structurer davantage.
Pour cette première cohorte, 44 candidatures ont été sélectionnées sur inscription. Le format revendique donc une forme de sélectivité, avec l’idée d’éviter un accompagnement trop généraliste ou trop diffus. L’implication des alumni doit aussi jouer un rôle décisif, sous la forme de mentorat ponctuel, de retours d’expérience sectoriels, de participation aux jurys de sélection ou aux soirées de pitch.
Une stratégie d’écosystème plus qu’un simple programme d’aide
Ce lancement s’inscrit enfin dans une logique de mise en réseau. Les membres du Cercle doivent bénéficier d’un accès direct au réseau professionnel de l’école, qui comprend 22 000 alumni et des partenaires entreprises. Des mises en relation avec des investisseurs, business angels ou financeurs issus du réseau ISC sont également envisagées lors d’événements de networking dédiés. L’ambition est nette : faire du Cercle un outil de professionnalisation, mais aussi un sas d’entrée vers des interlocuteurs capables d’accélérer, de crédibiliser ou de financer les projets les plus solides.
L’ISC Paris avance quelques indicateurs pour justifier cette montée en puissance. Chaque année, une dizaine de projets émergeraient au sein de l’école, portés par des étudiants ou de jeunes diplômés.
Bon à savoir
Sur les cinq dernières années, une vingtaine d’entreprises auraient été créées dans des secteurs aussi variés que la formation, la tech, le marketing ou la restauration. Le Cercle des Entrepreneurs vise précisément à donner davantage de cohérence et de continuité à cette dynamique, en offrant un accompagnement plus resserré et un accès élargi aux ressources jugées stratégiques pour la croissance.
La suite est déjà annoncée. Un prochain événement doit être organisé sur un format inspiré de « Qui veut être mon associé ? », avec la volonté de mettre en lumière les projets portés par des étudiants entrepreneurs et des alumni devant de potentiels financeurs, investisseurs et partenaires. En filigrane, l’école cherche moins à multiplier les initiatives vitrines qu’à installer un parcours entrepreneurial identifiable, du premier pitch jusqu’à la confrontation avec des acteurs du financement. Dans un paysage où l’envie d’indépendance progresse chez les plus jeunes, le pari de l’ISC Paris consiste à transformer cette aspiration en méthode, en réseau et, peut-être, en entreprises durables.
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