Le métier de journaliste repose sur des compétences strictes et un parcours structuré, plus long et exigeant que le niveau BTS. C’est la raison pour laquelle il n’existe pas de BTS Journalisme en France. Écoles reconnues, université, BUT, alternatives possibles, quelles études poursuivre pour travailler dans le journalisme ?
Est-il possible de suivre un BTS Journalisme ?
Précisions tout de suite qu’il n’existe pas de BTS spécialisé en journalisme en France. Contrairement à d’autres métiers accessibles via des formations courtes, le journalisme est une profession très encadrée et structurée, avec des parcours bien identifiés.
Le métier de journaliste demande des compétences rédactionnelles, une culture générale approfondie et une bonne compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux, raisons pour lesquelles les employeurs privilégient des profils issus d’écoles reconnues ou de cursus académiques solides.
Les exigences du métier nécessitent une formation plus longue et spécialisée, généralement à partir du niveau Bac +3. Les parcours les plus adaptés passent par l’université avec une Licence suivie d’un Master, les IEP (Instituts d’Études Politiques) tel que Sciences Po, ou encore les écoles reconnues par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes.
Le BTS (Brevet de Technicien Supérieur), qui équivaut à un diplôme national français de niveau Bac +2, peut constituer une première étape dans un parcours d’études, mais il devra impérativement être complété par d’autres diplômes pour intégrer le secteur du journalisme.
Quelles études suivre pour travailler dans le journalisme ?
1) S’inscrire dans une école de journalisme reconnue
Il existe 14 cursus qui peuvent être suivis en écoles de journalisme, universités ou IUT, reconnues par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes en France en 2026 :
- CELSA (Sorbonne Université) ;
- CFJ (Centre de Formation des Journalistes) ;
- CUEJ (Centre Universitaire du Journalisme) ;
- EJT (École de Journalisme de Toulouse) ;
- EJCAM (École de Journalisme et de Communication) ;
- EPJT (École Publique de Journalisme de Tours) ;
- EJDG (École de Journalisme de Grenoble) ;
- ESJ Lille (École Supérieure de Journalisme de Lille) ;
- IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) ;
- IPJ Dauphine PSL ;
- IFP (Université Paris II Panthéon-Assas) ;
- EJC (École de journalisme de Cannes) ;
- IUT Lannion ;
- Sciences PO École de Journalisme.
Le principal avantage de ces formations est leur reconnaissance directe par les recruteurs. Elles offrent un apprentissage très concret, en conditions réelles : rédaction d’articles, reportages, enquêtes…. Les étudiants développent rapidement un portfolio solide, indispensable pour débuter dans le métier. De plus, ces écoles disposent souvent de partenariats avec des médias, facilitant l’accès aux stages et aux premières expériences professionnelles.
Il s’agit de la voie la plus classique, et la plus sécurisée pour s’assurer une place dans le secteur. Elle permet d’acquérir les codes du métier, de se constituer un réseau et d’augmenter significativement ses chances d’insertion, que ce soit en presse écrite, radio, télévisée ou web.
2) Intégrer un IEP (Sciences Po)
Les Instituts d’Études Politiques, comme Sciences Po, constituent une autre voie très pertinente pour accéder aux métiers du journalisme. Hormis Paris, vous pouvez étudier à Lille, Lyon, Bordeaux, Aix-en-Provence, Rennes, Toulouse, Grenoble, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Fontainebleau. Ces établissements proposent une formation pluridisciplinaire en sciences humaines : politique, économie, relations internationales, droit ou encore sociologie.
L’un des grands atouts de ce parcours est le développement d’une culture générale approfondie et d’une forte capacité d’analyse de l’actualité. Ces compétences sont particulièrement recherchées dans le journalisme. Les étudiants apprennent à argumenter, à structurer leur pensée et à comprendre les enjeux complexes du monde contemporain. Certains IEP proposent des spécialisations ou des Masters orientés vers le journalisme, voire des partenariats avec des écoles reconnues.
3) Suivre un cursus universitaire
Le cursus universitaire est très fréquent pour devenir journaliste. Il consiste généralement à suivre une Licence (lettres, histoire, science politique, information-communication), puis à se spécialiser en Master. Ce parcours est apprécié pour sa flexibilité et la diversité des disciplines proposées.
L’avantage principal réside dans l’acquisition de compétences solides en rédaction, en analyse et en synthèse, des compétences intrinsèquement liées à la pratique journalistique. En parallèle, les étudiants peuvent multiplier les expériences : stages, participation à des médias étudiants, création de blogs ou de podcasts.
Quelles sont les alternatives au BTS Journalisme possibles en Bac+2 ?
1) Le BTS Communication
Le BTS Communication est souvent considéré comme la formation la plus proche du journalisme à Bac +2. Il permet de découvrir le fonctionnement des médias, les stratégies de communication et les techniques de rédaction adaptées à différents supports.
Le principal avantage du BTS Communication est l’acquisition de compétences en rédaction et en compréhension des médias. Il développe également la créativité et la capacité à adapter un discours selon le public. Cependant, il ne s’agit pas réellement d’un BTS Communication option Journalisme. Par conséquent, cette formation reste orientée vers la publicité et la communication d’entreprise. Elle n’aborde que très peu les fondamentaux du journalisme, comme l’enquête, la vérification des sources ou le traitement de l’information. Il est donc indispensable de poursuivre ses études après ce BTS pour se spécialiser.
2) Le BTS Édition
Le BTS Édition est une formation spécialisée dans la production de contenus écrits, notamment dans le secteur du livre. Les étudiants y apprennent la correction, la mise en page, la gestion de manuscrits et les étapes de publication.
Ce BTS représente une bonne alternative au BTS Journalisme car il offre une excellente maîtrise de la langue écrite et des techniques éditoriales. Il forme à la rigueur, à la précision et à la qualité du contenu, des compétences essentielles pour rédiger des articles clairs et fiables.
Cependant, il ne prépare pas directement au traitement de l’actualité ni aux techniques d’enquête journalistique. Comme les autres BTS, il constitue une base solide pour travailler l’écriture, mais nécessite une poursuite d’études pour se diriger vers le journalisme.
Hors BTS, quelles formations post-bac pour travailler dans le journalisme ?
1) Le BUT Information-communication Parcours Journalisme
Le BUT Information-Communication parcours Journalisme est une formation spécifiquement conçue pour préparer aux métiers de l’information. Contrairement au BTS Information-Communication, il intègre pleinement les codes et les pratiques journalistiques. Dispensé en IUT sur trois ans (niveau Bac +3), il forme les étudiants à la recherche, au traitement et à la diffusion de l’actualité sur différents supports.
Ce cursus présente un réel avantage pour le journalisme, car il développe des compétences directement liées au métier : collecte et vérification des sources, écriture journalistique, hiérarchisation de l’information et adaptation aux formats numériques. La formation accorde une place importante à la pratique, avec des projets concrets et des stages réguliers en rédaction. Cette immersion progressive permet de construire un portfolio solide, élément essentiel pour débuter dans le secteur.
Contrairement aux BTS plus généralistes, ce BUT constitue donc une voie directement orientée vers le journalisme. Il peut permettre une insertion professionnelle à Bac +3, même s’il est souvent conseillé de poursuivre en Master ou en école reconnue pour maximiser ses opportunités.
2) Les Bachelors en Journalisme
Certaines écoles privées proposent des Bachelors en Journalisme ou en médias, accessibles directement après le Bac (ou après un Bac+2 en troisième année avec ou sans alternance). Ces formations mettent l’accent sur la pratique : écriture d’articles, tournage de reportages, montage vidéo ou animation radio.
Leur principal avantage est leur côté professionnalisant et concret. Les étudiants sont rapidement plongés dans des situations proches du terrain et peuvent constituer un portfolio dès les premières années. Il s’agit d’une bonne alternative à un BTS Journalisme dans le milieu sportif ou d’actualités par exemple, et notamment pour les profils qui préfèrent apprendre sur le terrain.
Attention :
Il faut toutefois être vigilant, toutes ces écoles ne sont pas reconnues par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes, ce qui joue un rôle déterminant auprès des recruteurs. Ces formations peuvent donc être une première étape, mais il est souvent recommandé de poursuivre ensuite vers un diplôme reconnu.
3) Les écoles spécialisées en audiovisuel ou médias
Si vous êtes attiré par le journalisme télévisé, radio ou web, les écoles d’audiovisuel représentent une alternative intéressante. Elles forment notamment aux techniques de production : prise de vue, montage, son, réalisation… Des compétences particulièrement utiles pour devenir journaliste reporter d’images (JRI) ou journaliste multimédia. En revanche, ces formations doivent souvent être complétées par un apprentissage du traitement de l’information et de l’écriture journalistique.
Peut-on devenir journaliste après un BTS Communication ?
Oui, mais avec une poursuite d’études ! Il est possible de devenir journaliste après un BTS Communication, mais de manière indirecte et avec plusieurs étapes supplémentaires. Le BTS Communication peut constituer une première base intéressante, notamment pour comprendre le fonctionnement des médias, les techniques de rédaction et les stratégies de diffusion de l’information. Toutefois, il ne permet pas, à lui seul, d’accéder directement au métier de journaliste.
En effet, cette formation reste principalement orientée vers la communication d’entreprise, la publicité et le marketing. Elle aborde peu les fondamentaux du journalisme comme l’enquête, la vérification des sources ou le traitement de l’actualité. Pour cette raison, il est généralement recommandé de poursuivre ses études vers un niveau Bac +3 minimum, voire Bac +5. Cela peut passer par une Licence, un BUT, puis idéalement une école de journalisme reconnue ou un Master spécialisé.
Les recruteurs dans ce secteur accordent une grande importance à plusieurs éléments : la reconnaissance du diplôme, bien sûr, mais aussi l’expérience professionnelle. Les stages, les piges et la constitution d’un portfolio solide sont essentiels pour se démarquer. Le journalisme est un métier où les compétences pratiques et les réalisations concrètes comptent énormément. Ainsi, même sans passer par une école reconnue, il est théoriquement possible de devenir journaliste après un BTS Communication. Néanmoins, dans la pratique, le parcours est plus long et plus exigeant.
Comment obtenir sa carte de journaliste ?
La carte de journaliste, que l’on appelle également carte de presse, est délivrée par la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels). Il s’agit d’un document officiel qui atteste du statut de journaliste en France. Contrairement à une idée reçue, elle n’est pas obligatoire pour exercer, mais elle constitue une reconnaissance professionnelle importante dans le secteur.
Elle sert avant tout à justifier de son activité auprès des institutions et des interlocuteurs : accès facilité à certains événements (conférences de presse, manifestations…), crédibilité renforcée auprès des sources, et parfois avantages spécifiques (tarifs réduits, conditions d’accès particulières…). Elle permet également de confirmer que le journalisme est bien l’activité principale du titulaire.
Pour l’obtenir, il ne suffit pas d’avoir un diplôme. La commission examine des critères précis : il faut exercer une activité journalistique régulière, principale et rémunérée. Concrètement, la majorité des revenus doit provenir du journalisme. Les candidats doivent fournir des justificatifs : contrats, fiches de paie, publications ou collaborations.
La carte de presse est attribuée pour une durée d’un an et doit être renouvelée chaque année. Elle repose donc davantage sur la réalité de l’exercice du métier que sur le parcours académique. Il est donc possible de l’obtenir sans avoir suivi une école spécifique.













