C’est l’une des transformations les plus profondes de la formation des enseignants depuis des décennies. Depuis la rentrée 2026, le parcours pour devenir professeur ou conseiller principal d’éducation a été entièrement repensé. Le concours se passe plus tôt, la formation devient rémunérée et de nouvelles licences font leur apparition. Voici ce qu’il faut retenir de cette réforme et de ses conséquences concrètes.
Pourquoi une réforme de la formation des enseignants ?
La réforme répond à une crise d’attractivité qui frappe les métiers de l’enseignement depuis plusieurs années. De nombreux postes ne sont plus pourvus aux concours, faute de candidats en nombre suffisant, et le métier peine à recruter dans certaines disciplines comme les mathématiques ou les lettres.
L’ancien système présentait aussi un défaut structurel, les étudiants préparaient un master pendant deux ans, puis passaient le concours à la fin, à bac+5, sans être rémunérés et sans garantie de réussite. La réforme vise à sécuriser ce parcours, à professionnaliser plus tôt les futurs enseignants et à rendre le métier plus attractif financièrement.
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Quel est le principal changement de la réforme ?
Le changement central est le déplacement du concours de recrutement. Auparavant passé en fin de master, à bac+5, il se présente désormais en fin de licence, au niveau bac+3. Cette bascule concerne tous les grands concours enseignants, le CRPE pour le professorat des écoles, le CAPES, le CAPET et le CAPEPS pour le second degré, ainsi que le concours de CPE.
Ce déplacement change toute la logique du parcours. La réussite au concours devient la condition d’entrée dans le master de formation, et non plus son aboutissement. Un étudiant sait donc dès la fin de sa licence s’il est recruté, avant même de commencer son master.
Qu’est-ce que le master M2E créé par la réforme ?
La réforme du recrutement des enseignants crée un nouveau master de formation, le master M2E, ou master Enseignement et Éducation, qui remplace l’ancien master MEEF. Ce master se suit en deux ans après la réussite au concours, et non plus avant. Il conserve trois parcours, le professorat des écoles, le second degré et l’encadrement éducatif pour les futurs CPE.
Autre grande nouveauté, la rémunération. Les étudiants du master M2E perçoivent environ 1 400 euros net par mois la première année, comme élèves fonctionnaires, puis environ 1 800 euros la seconde, comme fonctionnaires stagiaires. En contrepartie, ils s’engagent à servir l’État pendant plusieurs années après leur titularisation. La formation renforce aussi la place du terrain, avec une entrée en classe dès la première année.
Quelles nouvelles licences accompagnent la réforme ?
La réforme s’accompagne de la création de licences dédiées à la préparation du métier d’enseignant. La plus emblématique est la licence professorat des écoles, la LPE, accessible sur Parcoursup depuis la rentrée 2026. Elle prépare spécifiquement au métier de professeur des écoles et au concours désormais placé en fin de licence.
Cette nouvelle licence couvre l’ensemble des matières enseignées à l’école primaire et intègre des stages dès les premières années. Pour le second degré, les étudiants continuent de suivre une licence disciplinaire dans la matière qu’ils souhaitent enseigner, tout en préparant le concours en parallèle.
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Que deviennent les étudiants engagés dans l’ancien système ?
Une période de transition est prévue pour ne pas pénaliser les étudiants déjà engagés. Ceux qui étaient inscrits en master MEEF avant la rentrée 2026 peuvent terminer leur cursus et passer les concours de niveau bac+5 jusqu’à la session 2027. Le concours bac+5 est donc maintenu à titre transitoire pendant deux ans.
Depuis la rentrée 2026, plus aucune nouvelle inscription en première année de master MEEF n’est possible. Les nouveaux candidats s’orientent directement vers le concours en fin de licence, puis vers le master M2E en cas de réussite. À partir de 2028, seul le nouveau système subsistera.
Quelles critiques suscite la réforme du recrutement des enseignants ?
La réforme ne fait pas l’unanimité. Plusieurs organisations du secteur pointent un calendrier de mise en œuvre jugé trop serré, qui laisse peu de temps aux étudiants et aux universités pour s’adapter. Des étudiants ont notamment appris tardivement qu’ils devraient passer le concours dès la fin de leur licence, sans préparation spécifique prévue de longue date.
Une autre inquiétude porte sur la place de la recherche dans la nouvelle formation. Certains craignent que le master, désormais centré sur la professionnalisation et l’entrée rapide en classe, laisse moins de place à la dimension universitaire et réflexive du métier. L’effet réel de la réforme sur l’attractivité et sur la qualité de la formation ne pourra être mesuré qu’après les premières promotions.
La réforme s’applique depuis la rentrée 2026. Les concours se passent désormais en fin de licence dès la session 2026, avec une période de transition maintenant les concours bac+5 jusqu’en 2027.
Non. Depuis la réforme, le concours se passe en fin de licence, à bac+3. La réussite au concours conditionne l’entrée dans le master de formation, qui se suit ensuite sous statut de fonctionnaire rémunéré.
Tous les grands concours enseignants sont concernés, le CRPE pour le professorat des écoles, le CAPES, le CAPET et le CAPEPS pour le second degré, ainsi que le concours de conseiller principal d’éducation. L’agrégation, elle, reste un concours de niveau bac+5.
Oui, après la réussite au concours, les étudiants intègrent le master M2E, rémunéré environ 1 400 euros net par mois la première année et 1 800 euros la seconde, en tant que fonctionnaires stagiaires.















