De plus en plus d’université autorisent des jours d’absence pendant les règles parfois douloureuses et/ou abondantes. Zoom sur l’université de La Rochelle où la mesure vient d’être votée.
À la rentrée 2026, l’université de La Rochelle mettra en place un congé menstruel. Le principe ? Permettre aux étudiantes de bénéficier de jours d’absences pendant leurs règles. Les demandes régulières des étudiants, associations et syndicats ont facilement convaincu l’université. D’autant plus que le dispositif s’applique dans de plus en plus d’établissements, presque une vingtaine, en France.
« Nous sommes à l’écoute des étudiants et nous portons un réel intérêt à ces questions de santé. Mais la mise en œuvre est toujours plus compliquée qu’on ne le pense », explique Stéphane Manson, vice-président en charge de la Formation et de la vie universitaire à l’université de La Rochelle. L’établissement a donc tenu à ce que toutes les parties prenantes s’impliquent dans le projet via un groupe de travail. Celui-ci a notamment lancé un questionnaire en ligne, complété anonymement par 200 étudiantes.
Le congé menstruel, une réponse à un vrai problème
L’une d’elles explique ainsi ne pas vouloir prendre systématiquement des antalgiques : « Les médicaments aident certes, mais en prendre juste par prévention tout les mois n’est pas bon. Il m’est arrivé plusieurs fois d’être bloquée dû aux menstruations, de rester assise ou allongée au même endroit ou dans la même position durant des heures ». Ses maux de ventre l’amènent à venir en cours ou en partiel avec une bouillotte, mais perturbée par sa douleur, elle parvient difficilement à se concentrer.
D’autres appréhendent de rester plusieurs heures d’affilée en salle d’examen pendant leurs partiels en raison de leurs règles très abondantes. « J’ai besoin de me changer toutes les deux heures maximum. Alors en épreuve de trois heures, c’est très inconfortable. J’ai constamment peur de tacher le siège de l’amphi », confie une autre étudiante.
Une mesure fondée sur la confiance et la responsabilité
Il aura fallu un an et demi de travail en coulisses avant que le projet ne soit voté en décembre 2025. « C’est une grande satisfaction car ça répond à une vraie attente des étudiantes. On verra sa mise en place en septembre », déclare Alexandre Jaud, vice-président étudiant à l’université de la Rochelle dont l’idée figurait dans son programme.
Le dispositif octroiera jusqu’à quinze jours d’absence par année universitaire, sans justificatif médical. Les étudiantes déclareront simplement leur absence pour ce motif sur une application. « Le mécanisme est fondé sur la responsabilité de chacun et la confiance. Nous nous refusons à effectuer un contrôle que nous n’aurions de toutes façons pas les moyens de mettre en place. On a le recul d’autres établissements, il n’y a aucune raison que ça ne se passe pas bien », assure Stéphane Manson.
Le dispositif existe depuis septembre 2025 à Poitiers. « Il est encore trop tôt pour faire le point mais j’ai des copines qui s’en sont servi et qui ont trouvé que c’était pratique », confirme Lauriane Forte, vice-présidente générale de l’AFEP (Association Fédérative des Étudiants de Poitiers, Ndlr) qui a œuvré à la mise en place du projet. Quoi qu’il en soit la mesure devrait améliorer les conditions de vie des étudiantes.













