Ce 3 juin 2026, alors que des milliers de candidats attendent les résultats d’admissibilité pour intégrer une grande école de management à la rentrée prochaine, l’ESSEC annonce une refonte substantielle de son Master in Management. Fondée en 1907, l’école n’a jamais misé sur sa seule longévité pour conserver son rang. La réforme qu’elle présente aujourd’hui en est une nouvelle illustration. Elle touche à la structure même de l’expérience étudiante, du premier jour de rentrée jusqu’à la mobilité internationale et place au centre du dispositif un concept emprunté au monde militaire et sportif, le « squad », ces cohortes de quarante étudiants aux profils délibérément mélangés, conçues pour faire de l’intelligence collective le moteur pédagogique du programme.
Qu’est-ce que le dispositif des squads mis en place par l’ESSEC ?
Au cœur de la réforme, on retrouve les « squads ». Dès leur entrée en première année de Master in Management, les étudiants de l’ESSEC sont intégrés dans des cohortes stables d’une quarantaine de personnes, constituées pour être délibérément hétérogènes sur le plan des nationalités, des cultures et des parcours d’origine. L’idée n’est pas de simuler la diversité, mais de la faire vivre au quotidien, dans les arbitrages, les désaccords et les prises de décision collectives.
Au sein de ces groupes, les étudiants du Master in Management partagent des temps forts, assument des responsabilités communes et apprennent à confronter leurs points de vue face à des problèmes complexes. Ce modèle s’appuie sur le « peer learning », l’apprentissage par les pairs, avec une conviction pédagogique en arrière-plan : la richesse des parcours et des expériences, lorsqu’elle est bien mobilisée, produit une performance organisationnelle que l’enseignement traditionnel ne peut pas générer seul.
« Nous faisons vivre à nos étudiants l’expérience humaine du multiculturalisme et de la responsabilité partagée dès le premier jour », souligne Wilfried Sand, directeur académique du programme MIM.
Bon à savoir
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Pourquoi l’ESSEC a-t-elle aligné les calendriers de rentrée de ses différents profils ?
Pour que le dispositif des squads produise ses effets, l’école a dû résoudre un problème structurel préalable. Jusqu’ici, les étudiants issus de classes préparatoires et ceux admis sur titre n’intégraient pas le programme au même moment. Un squad constitué sur deux rythmes d’intégration décalés perdait une part de sa cohérence avant même d’avoir commencé à fonctionner. L’ESSEC a donc choisi d’aligner les calendriers de rentrée de l’ensemble de ses profils, leur permettant de partager le socle fondamental dès les deux premiers trimestres et de traverser ensemble une expérience d’intégration unifiée.
Cette décision, qui peut sembler d’ordre organisationnel, est en réalité une condition pédagogique. Elle dit quelque chose de précis sur la façon dont l’école conçoit désormais la cohésion de promotion. Elle s’impose avant même que le contenu académique ne commence à faire son travail.
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Quels changements pour les étudiants venant de classes préparatoires ?
L’année pré-master, qui concerne les élèves entrant depuis les classes préparatoires, a été restructurée en profondeur. Le rythme des enseignements fondamentaux a été revu et des cours électifs ancrés dans les grands enjeux contemporains, géopolitique, sociologie, droit, sont introduits dès le premier semestre. Ces ajustements libèrent une période continue de plus de quatre mois entièrement consacrée à l’immersion professionnelle, avant l’entrée dans le cycle master.
L’intention est de faire arriver les étudiants dans leurs squads avec déjà une expérience du monde du travail, si courte soit-elle. La qualité des échanges au sein des groupes en dépend directement. Un étudiant qui a été confronté à des contraintes professionnelles réelles apporte dans la discussion une matière que les cours ne peuvent pas reproduire.
Quel contenu académique accompagne la réforme du MIM ?
Les squads ne fonctionnent pas en dehors d’un cadre académique repensé. Le contenu du programme a été structuré autour des quatre instituts thématiques de l’ESSEC : IA et Société, Entrepreneuriat et Innovation, Géopolitique et Business, Transition Écologique et Sociale. Ces axes offrent aux étudiants une grille de lecture des mutations en cours, qu’ils sont invités à décrypter collectivement avant d’avoir à les affronter dans leur vie professionnelle.
Tous les étudiants du MIM suivront désormais un séminaire obligatoire intitulé « Future of Business », conçu comme une expérience d’apprentissage immersive centrée sur les grandes transformations qui redéfinissent l’économie et les organisations. L’intelligence artificielle y est abordée non comme un objet de fascination ou d’inquiétude, mais comme un levier stratégique et éthique au service de la création de valeur durable.
Comment le MIM de l’ESSEC s’ancre-t-il dans un réseau international ?
L’ouverture internationale constitue le troisième pilier de cette transformation. L’ESSEC a renforcé ses hubs à Londres, New York et Mumbai, et maintient l’obligation d’une mobilité académique internationale pour tous les étudiants du MIM, qu’il s’agisse d’échanges universitaires, de doubles diplômes ou de stages à l’étranger. L’objectif est de confronter les promotions aux dynamiques collaboratives mondiales, bien au-delà du seul contexte européen.
Les partenariats noués avec la Yale School of Management, la MIT Sloan School of Management et la Smith School of Business au Canada illustrent la portée de ce réseau. Ils connectent les squads de l’ESSEC à des environnements académiques où les questions sur le leadership multiculturel se posent avec d’autres accents, d’autres tensions, d’autres réponses. Ce que le dispositif produira réellement, les premières promotions qui l’auront traversé de bout en bout seront seules à pouvoir le dire.
Non. Les squads constituent une structure stable et transversale qui court tout au long du cursus de master, mais les étudiants conservent une large liberté dans la personnalisation de leur parcours, via les chaires, les filières et les doubles diplômes, en fonction de leur projet professionnel et de leurs domaines d’intérêt.
Oui. L’alignement des calendriers de rentrée entre étudiants issus de classes préparatoires et admis sur titre est précisément l’une des conditions posées par l’ESSEC pour que l’intégration au sein des squads soit commune et cohérente dès le premier trimestre.
Transcend est la feuille de route stratégique que l’ESSEC s’est fixée pour la période 2024-2028. Elle vise à former des leaders capables d’anticiper les grandes transformations contemporaines, en articulant excellence académique, compétences transversales et ouverture internationale. Le Master in Management en est le programme pilote.
Annoncées le 3 juin 2026, ces transformations concernent les promotions intégrant le MIM à partir de cette rentrée.













