L’avocat en robe qui plaide à la barre est l’image qui vient spontanément à l’esprit quand on parle de droit. Elle est pourtant très réductrice. Le droit irrigue toute la société, de l’entreprise à la justice, de l’immobilier à la vie des collectivités, et il donne naissance à des métiers qui n’ont parfois pas grand-chose en commun. On y plaide, mais on y juge aussi, on y conseille, on y authentifie des actes ou on y défend les intérêts d’une entreprise. Voici les principales voies qui s’ouvrent à ceux qu’attire le droit, et les études pour y accéder.
Bon à savoir
Quels sont les grands domaines du droit ?
Le droit se divise traditionnellement en deux grandes branches. Le droit privé régit les relations entre les personnes, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises, avec des matières comme le droit civil, le droit des affaires ou le droit du travail. Le droit public encadre l’organisation de l’État et ses rapports avec les citoyens, à travers le droit administratif ou le droit constitutionnel. À côté de cette distinction, il existe aussi le droit pénal, qui sanctionne les infractions, et un droit international en plein essor.
Cette diversité de matières se retrouve dans les métiers. Certains professionnels exercent en libéral, d’autres au sein de l’État, d’autres encore comme salariés d’une entreprise. Un même diplômé en droit peut ainsi viser des voies très différentes et beaucoup changent d’orientation au cours de leur carrière. Mais chaque métier a ses règles d’accès et sa logique propre, qu’il vaut mieux connaître avant de se spécialiser.
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L’avocat : conseiller et défendre
L’avocat est sans doute le métier du droit le plus connu. Il conseille ses clients, particuliers ou entreprises, et les défend, que ce soit devant les tribunaux ou dans le cadre de négociations. Contrairement à une idée répandue, une grande partie du travail de l’avocat se déroule loin des salles d’audience, dans la rédaction d’actes, le conseil et la prévention des litiges.
Le métier couvre des spécialités très variées, du droit pénal au droit des affaires, en passant par le droit de la famille ou le droit fiscal. L’avocat exerce en libéral, seul ou au sein d’un cabinet, ce qui suppose une bonne dose d’autonomie et un vrai sens du contact. Pour accéder à la profession, il faut réussir l’examen d’entrée à l’école des avocats après des études de droit, suivre une formation professionnelle, puis obtenir le certificat d’aptitude à la profession d’avocat.
Le magistrat : juger et requérir au nom de la justice
Le magistrat incarne la justice au sens strict. On distingue les magistrats du siège, les juges, qui tranchent les litiges et rendent les décisions, et les magistrats du parquet, les procureurs, qui représentent la société et requièrent l’application de la loi. Ce sont des fonctionnaires de l’État, recrutés principalement par concours.
Le métier exige une grande rigueur, un sens aigu de l’impartialité et la capacité de décider dans des situations parfois lourdes de conséquences humaines. La voie d’accès la plus courante passe par le concours de l’École nationale de la magistrature, ouvert après plusieurs années d’études de droit, suivi d’une formation longue et rémunérée. Des voies de recrutement latéral existent aussi pour les professionnels expérimentés.
Le notaire : sécuriser les actes de la vie
Le notaire est un officier public chargé d’authentifier les actes et de leur donner une valeur juridique incontestable. On le rencontre lors d’une vente immobilière, d’une succession, d’un mariage ou de la création d’une société. Son rôle est d’apporter sécurité et conseil à des moments souvent importants de la vie des particuliers comme des entreprises.
C’est une profession réglementée, qui combine expertise juridique et relation de confiance avec la clientèle. L’accès se fait après des études de droit approfondies, complétées par une formation spécifique menant au diplôme de notaire. La profession, longtemps perçue comme fermée, s’est ouverte ces dernières années avec la création de nouveaux offices.
Le commissaire de justice : faire appliquer le droit
Depuis juillet 2022, les anciens métiers d’huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire ont fusionné en une seule profession, celle de commissaire de justice. Ce professionnel signifie les actes de procédure, procède au recouvrement des créances, constate des situations par procès-verbal et met en œuvre les décisions de justice. Il peut aussi organiser des ventes judiciaires de biens.
C’est un métier de terrain, à la croisée du droit et de la relation humaine, qui demande diplomatie et fermeté. L’accès passe par une formation juridique suivie d’un cursus spécifique et d’un examen propre à la profession.
Le juriste d’entreprise : le droit au service de la stratégie
Tous les juristes ne travaillent pas dans un cabinet ou un tribunal. Le juriste d’entreprise exerce au sein d’une société, qu’il conseille sur l’ensemble des questions juridiques liées à son activité, des contrats au droit social en passant par la conformité. Au sommet de cette filière, le directeur juridique pilote la stratégie juridique de l’entreprise et participe aux grandes décisions.
C’est une voie très recherchée, car elle allie droit et vie de l’entreprise, avec des horaires souvent plus prévisibles que ceux de l’avocat d’affaires. Elle est accessible après un master en droit, sans passer par l’examen du barreau, même si beaucoup de juristes d’entreprise ont d’abord exercé comme avocats.
Les autres métiers de la justice
Autour de ces professions phares gravitent de nombreux métiers indispensables au fonctionnement de la justice. Le greffier assiste les magistrats, authentifie les actes de procédure et garantit le bon déroulement des audiences. Les directeurs des services de greffe encadrent les juridictions sur le plan administratif. D’autres professionnels, comme les médiateurs ou les juristes des collectivités et des associations, contribuent eux aussi à faire vivre le droit au quotidien.
Ces métiers, souvent accessibles sur concours, offrent des portes d’entrée variées vers le monde de la justice, y compris pour des profils qui ne visent pas nécessairement le barreau ou la magistrature.
Quelles études pour travailler dans le droit ?
La voie la plus classique commence par la licence de droit, suivie d’un master. La plupart des métiers réglementés, comme avocat, magistrat ou notaire, exigent un niveau master et la réussite d’un examen ou d’un concours spécifique. La spécialisation se joue souvent en master, où l’on choisit une dominante, droit des affaires, droit pénal, droit public ou droit international par exemple.
Au-delà du diplôme, les stages et les expériences pratiques comptent beaucoup pour se forger une vision concrète du métier et construire un réseau. La maîtrise de l’écrit, la rigueur du raisonnement et, de plus en plus, la connaissance des langues étrangères et du numérique font la différence dans un secteur qui évolue lui aussi.
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Quel métier du droit choisir ?
Il n’existe pas de voie idéale, seulement celle qui correspond le mieux à votre tempérament. Si vous aimez plaider, conseiller et travailler en toute indépendance, le métier d’avocat vous attirera. Si vous êtes animé par le sens de la justice et de l’intérêt général, la magistrature pourrait vous convenir. Si vous préférez la sécurité juridique et le conseil au long cours, le notariat ou le métier de juriste d’entreprise seront plus proches de vos attentes. L’essentiel est de vous renseigner tôt, de multiplier les stages et de garder à l’esprit que les passerelles entre ces métiers sont nombreuses.
L’avocat conseille et défend ses clients, en toute indépendance et le plus souvent en libéral. Le magistrat, lui, est un fonctionnaire de l’État qui juge les litiges lorsqu’il est au siège, ou requiert l’application de la loi au nom de la société lorsqu’il est au parquet.
Le métier de juriste d’entreprise est accessible directement après un master en droit, sans examen du barreau. Certains métiers de la justice recrutés sur concours, comme greffier, constituent aussi des portes d’entrée plus directes que l’avocature ou la magistrature.
Il faut généralement atteindre le niveau master, réussir l’examen d’entrée à l’école des avocats, suivre une formation professionnelle, puis obtenir le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Cela représente au minimum plusieurs années après le baccalauréat.
C’est la profession née en juillet 2022 de la fusion des anciens huissiers de justice et commissaires-priseurs judiciaires. Le commissaire de justice signifie les actes, recouvre les créances, dresse des constats et met en œuvre les décisions de justice.













