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Comment l’enseignement supérieur se prépare à la baisse de la démographie étudiante ?

5 Min. de lecture
Un amphithéâtre rempli d'étudiants.

C’est un fait, la démographie étudiante va diminuer dans les prochaines années. En parallèle, les départs à la retraite des enseignants-chercheurs vont également s’accélérer dans l’enseignement supérieur. De quoi inciter les établissements à modifier les formations et leurs stratégies pour maintenir une qualité académique et un modèle économique.


Pour le moment, l’heure est à la prospective. Après une période de hausse, les effectifs étudiants commenceront à baisser dès 2030 dans l’enseignement supérieur. Des évolutions démographiques que surveillent de près certains établissements de l’enseignement supérieur.

« La question de la baisse du nombre d’étudiants se pose dès aujourd’hui. Depuis mon élection, nous avons fait une projection du nombre d’étudiants attendus sur nos sites pour anticiper notre organisation », estime Vincent Bouhier, président de l’université d’Evry.

Dans les écoles d’ingénieurs, la question se pose d’autant plus que ces établissements subissent une baisse d’attractivité. « Même si les recrutements sont assez stables, nous risquons de subir à moyen terme la baisse de la démographie et celle d’attractivité. Nous devons parvenir à attirer davantage d’étudiants ce qui risque d’accentuer la concurrence entre les filières et les écoles d’ingénieurs », estime Cécile Delolme, vice-présidente de la CDEFI et directrice de l’ENTPE (école d’ingénieurs publique).

Un constat que partage aussi Baptiste Larseneur, expert associé de l’Institut Montaigne sur les questions d’éducation, notamment pour les écoles privées. « La hausse des effectifs étudiants sur ces quinze dernières années a surtout servit l’enseignement privé, qui en a absorbé une partie. La baisse démographique va inévitablement amplifier la concurrence entre les établissements privés ».

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Face à cette perspective, comment les établissements peuvent réagir ? Pour Cécile Delolme, la réponse est claire : « Nous devons continuer à diversifier nos recrutements en nous ouvrant à d’autres profils d’étudiants. »

Avec d’autres écoles d’ingénieurs publiques, l’ENTPE a pour projet de proposer des années de remises à niveau aux bacheliers qui n’auraient pas choisi de spécialités scientifiques au lycée. « L’idée est de les aider à reconstruire une base solide pour intégrer une formation post-bac ou bac + 3 ».

Pour Baptiste Larseneur, les établissements du supérieur doivent changer leur modèle. « Comme ils ne peuvent plus compter sur la massification de l’enseignement supérieur, les établissements devront se recentrer sur la qualité des formations et sur des spécialisations notamment à l’université », indique-t-il.

Selon lui, le modèle LMD a atteint des “limites structurelles” avec un taux d’échec important à l’université. « Le système du bac +5 généraliste arrive à son terme, à l’heure où les IA donnent accès à ces savoirs là. Demain, les entreprises auront besoin de compétences opérationnelles très vite. Les formations vont devoir se repenser pour répondre à ces évolutions ».

C’est en partie ce que l’université d’Evry a déjà amorcé. « Il va y avoir deux temps pour cette baisse de la démographie. Lorsque la pression sera moindre pour les formations de premier cycle, la pression va se reporter sur les formations de master. Nous devons donc ajuster les places ouvertes en master et réduire le nombre de places ouvertes en licence », indique le président.

Avec un impact déjà visible. Certaines formations de premier cycle ont déjà fermé. « Nous avons fermé une dizaine de formations, notamment des licences professionnelles après la réforme des DUT et un parcours de LEA anglais-allemand pour éviter des formations en doublon et avoir une offre de formation plus claire », précise le président qui a aussi réorienté certaines licences pour les ouvrir à davantage d’étudiants.

Il prévoit aussi « de faire preuve d’ingéniosité » en ouvrant de nouveaux parcours de doubles licences sélectives comme droit/informatique, droit/économie, etc. « Avec un meilleur ciblage des étudiants, nous aurons de meilleurs taux de réussite. Cependant, nous gardons les licences générales pour les étudiants qui réfléchissent encore à leur orientation ».

En parallèle de cette chute de la démographie étudiante, les départs à la retraite des enseignants-chercheurs augmenteraient de 47 % d’ici 2030 selon le SIES. Une situation qui doit aussi être prise en compte par les établissements du supérieur.

De son côté, Vincent Bouhier ne prévoit pas de réduire ses recrutements d’enseignants-chercheurs. « Nous avons travaillé en tension pendant plus de dix ans. L’État ne nous a pas alloué de moyens supplémentaires, si bien que le taux d’encadrement a chuté. Nous manquons d’enseignants par rapport aux étudiants accueillis. Aussi, malgré la pression budgétaire qui pèse sur notre université, j’ai fait l’effort de maintenir les campagnes d’emplois pour garder le même taux d’encadrement. »

L’université suit, par ailleurs, le nombre d’enseignants et les départs à la retraite prévus spécialité par spécialité pour anticiper les besoins. « Nous recrutons des maîtres de conférences à l’international dans certaines disciplines où il y a beaucoup d’anglais. Pour anticiper, nous remplaçons nos enseignants-chercheurs par des maîtres de conférences plus jeunes qui pourront évoluer et s’engager dans une carrière au sein de notre université. »

C’est aussi ce que préconise Baptiste Larseneur qui considère que malgré les départs à la retraite, il faut continuer de recruter des enseignants-chercheurs pour ne pas tarir le vivier. « Si on ferme des postes parce que la démographie baisse, il va être difficile de relancer le recrutement par la suite. Il reste essentiel de recruter des enseignants pour maintenir une qualité de formation plus forte encore ».

Un constat que partage Cécile Delolme. « La question du renouvellement des départs à la retraite dépend des établissements. Il est certain que nous devons attirer des enseignants et des enseignants-chercheurs de qualité pour maintenir de bons enseignements et de la recherche ».

Pour se faire, son école l’ENTPE recrute de nombreux profils internationaux, avec 25 % de maîtres de conférences qui sont de nationalité étrangère. Elle préconise aussi d’inciter davantage d’étudiants en écoles d’ingénieurs à se tourner vers le doctorat.

Cependant, selon elle, les embauches d’enseignants-chercheurs ne pourront se faire que s’il y a un modèle économique. « Nous devons répondre à un besoin de formation et à des besoins économiques. La baisse démographique des étudiants va impacter certains modèles économiques. Nous avons besoin du soutien de nos tutelles pour répondre aux enjeux qui se posent. »

AI Summary

NOTRE RÉSUMÉ EN

5 points clés

PAR L'EXPRESS CONNECT IA

(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : comment l’enseignement supérieur se prépare à la baisse de la démographie étudiante

  • Anticiper la baisse des effectifs

    Les établissements prévoient une diminution des étudiants dès 2030, combinée à une concurrence accrue entre écoles et universités. Les projections démographiques sont utilisées pour ajuster l’organisation et l’offre de formation.

  • Diversifier les profils d’étudiants

    Pour compenser la baisse, certaines écoles proposent des parcours de remise à niveau et élargissent le recrutement à des profils non scientifiques ou internationaux, favorisant la mixité et l’inclusion.

  • Repenser les modèles de formation

    La massification du système LMD atteint ses limites. Les universités et écoles doivent se recentrer sur la qualité, la spécialisation et l’adaptation aux besoins opérationnels des entreprises, notamment face à l’automatisation et aux nouvelles technologies.

  • Ajuster l’offre académique

    Des fermetures de formations redondantes ou peu attractives sont déjà effectives. Les établissements développent des parcours innovants, comme des doubles licences sélectives, pour mieux cibler les étudiants et améliorer les taux de réussite.

  • Maintenir le recrutement d’enseignants-chercheurs

    Malgré la baisse démographique, il est crucial de continuer à recruter pour assurer la qualité de l’enseignement et de la recherche. Les écoles misent sur des recrutements internationaux et le soutien des tutelles pour maintenir un modèle économique viable.

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