Alors que les ingénieurs restent très courtisés, un autre maillon de la chaîne industrielle manque cruellement : les middle managers, ces cadres intermédiaires qui orchestrent équipes, machines et flux de l’industrie 4.0.
Dans les usines en transition numérique, ce sont eux qui assurent le passage de la stratégie aux opérations. Une fonction indispensable, mais souvent délaissée, faute de formations adaptées. À l’ESTIA, école d’ingénieurs implantée au Pays basque, le Bachelor en ingénierie se repositionne précisément sur ce créneau afin de former des profils « opérationnels, techniques et capables d’encadrer », résume son directeur, Patxi Elissalde.
L’industrie 4.0, une révolution qui ne se pilote pas seulement depuis un bureau
Sous ce terme un peu fourre-tout d’industrie 4.0, on retrouve « l’ensemble des technologies numériques au service de la production » : automatisation avancée, capteurs, collecte et traitement des données, robotique intelligente… « Une usine moderne dépend désormais autant de ses équipements que de ses systèmes d’information », rappelle Patxi Elissalde. Cette sophistication accroît mécaniquement les besoins en compétences hybrides : comprendre le fonctionnement d’un robot, interpréter des données, gérer la qualité, planifier les flux… Un terrain où le technicien “+”, le cadre de proximité, devient crucial.
Or cette catégorie se raréfie. « Il y a une vraie pénurie de main-d’œuvre et de cadres intermédiaires. Pas forcément des ingénieurs, mais des profils qui comprennent les problématiques globales d’entreprise et savent animer une équipe. » Dans un secteur où tout n’est pas que stratégie ou R&D, ces « chefs d’orchestre du quotidien » occupent un rôle central : garantir la qualité, superviser les ateliers, organiser la production, veiller à la sécurité.
Un Bachelor pensé pour l’opérationnel
C’est précisément ce créneau que l’ESTIA renforce avec un Bachelor largement professionnalisant, qui se décline désormais en deux spécialisations de 3ᵉ année : « Conception de produits et design industriel » et « Automatisation et robotisation pour l’industrie 4.0 ». Le tronc commun, déjà ancré dans le génie industriel et la mécatronique, couvre l’essentiel : pilotage de la production, supply chain, procédés de fabrication, modélisation 3D, amélioration continue, maintenance, systèmes embarqués.
L’idée est de former des techniciens supérieurs capables d’accompagner la modernisation des entreprises. « Les ingénieurs peuvent être frustrés dans des fonctions très terrain. Les middle managers, eux, sont là où l’action se passe », glisse Patxi Elissalde.
Robotique KUKA, 3DExperience et alternance : des compétences immédiatement mobilisables
Pour crédibiliser ces compétences, l’école s’appuie sur des certifications professionnelles reconnues. Les étudiants peuvent ainsi obtenir la certification 3DExperience pour la voie design, ou la certification KUKA pour la voie robotique. « Cela permet aux employeurs de repérer immédiatement leurs savoir-faire », note le directeur. Autre pilier : l’alternance. En troisième année, la moitié des étudiants choisissent le contrat de professionnalisation, avec une présence en entreprise équivalente à un mi-temps.
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Former au management dès l’école
L’ESTIA intègre une formation progressive pour ses futurs middle-managers : soft skills, gestion de projet, sécurité, bases en économie et en gestion, études de cas, jeux d’entreprise, mises en situation. Les projets “fil rouge”, conduits en équipe et encadrés par des enseignants professionnels, servent de laboratoire : ils vont par exemple concevoir un robot autonome, développer un système de collecte de déchets flottants ou encore imaginer une solution de tri sélectif… Autant de prétextes pour apprendre la coordination, la communication, la prise de décision.
L’international n’est pas oublié : un mois de mobilité est obligatoire, et la maîtrise d’un niveau B2 en anglais est exigée pour être diplômé, un impératif dans un secteur où langages machines, logiciels et notices sont rarement rédigés en français.
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Le middle manager de 2030 : technicien, data-friendly et humain
À quoi ressemblera ce profil dans cinq ans ? « Il devra maîtriser des équipements de plus en plus sophistiqués, comprendre les données, intégrer les outils d’IA dans les processus industriels », anticipe Patxi Elissalde. Il y aura peut-être moins d’ouvriers sur les lignes, mais davantage de techniciens capables de maintenir, piloter et faire évoluer les systèmes. Et toujours ce volet humain : gérer une équipe, rendre compte, défendre un projet.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Middle managers, le maillon manquant de l’industrie 4.0
Une pénurie stratégique dans l’industrie 4.0
Les usines connectées manquent de middle managers, ces cadres intermédiaires qui transforment la stratégie en actions concrètes et assurent la coordination entre équipes, machines et systèmes numériques.
Un métier devenu indispensable face à la numérisation
Automatisation, robotique, capteurs et data exigent des profils hybrides capables de comprendre la technique, interpréter les données et piloter la production, au cœur des ateliers.
Un Bachelor à l’ESTIA orienté terrain et employabilité
Le Bachelor en ingénierie se recentre sur la formation de profils opérationnels et encadrants, avec deux spécialisations : conception/design industriel et automatisation/robotisation pour l’industrie 4.0.
Des compétences immédiatement reconnues par les entreprises
Certifications professionnelles (KUKA, 3DExperience) et formation en alternance rendent les diplômés rapidement opérationnels et attractifs sur le marché du travail industriel.
Le middle manager de demain, un profil technique et humain
À l’horizon 2030, ces cadres devront maîtriser robotique, données et IA, tout en conservant des compétences clés en management, communication et pilotage d’équipe.















