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Orthographe : l’enseignement supérieur s’empare du sujet

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Orthographe : l'enseignement supérieur s'empare du sujet

Depuis quelques années déjà, les établissements du supérieurs s’inquiètent du niveau d’orthographe de leurs étudiants. Certains, comme les écoles d’ingénieurs, ont très tôt fait le constat de lacunes importantes chez leurs élèves, nuisant alors à leur insertion dans le monde professionnel. Pour y remédier, elles placent maintenant la maîtrise de la langue française comme un requis diplômant, au même titre que le TOEIC ou le TOEFL en langue étrangère.


Premier partenaire des écoles et universités sur ce sujet de l’orthographe, le Projet Voltaire accompagne de nombreux étudiants dans leur apprentissage de la langue française et permet aux établissements qui le souhaitent de faire passer à leurs élèves une certification ayant une réelle valeur sur le marché du travail. Cet intérêt pour le sujet témoigne de la place centrale que prend de plus en plus la maîtrise de la langue française dans le secteur de l’éducation mais aussi sur le marché de l’emploi. Mélanie Vienot présidente du Groupe Voltaire, nous explique pour quelles raisons et de quelle manière les écoles s’emparent du sujet. 

Les établissements du supérieur ont à cœur de former au mieux les jeunes à leur entrée prochaine dans la vie professionnelle. Or, la maîtrise de l’orthographe est devenue un point de vigilance important pour les recruteurs. Une enquête Ipsos menée en collaboration avec le Projet Voltaire indique d’ailleurs qu’une attention toute particulière est accordée au niveau de langue par les recruteurs. En effet, 86 % d’entre eux estiment que la maîtrise du français (expression écrite et orale) est une compétence prioritaire dans leur secteur d’activité. Ce chiffre atteint 91 % pour les responsables RH. Quelqu’un dont l’expression n’est pas conforme à ce qui est attendu dans l’entreprise peut alors voir son évolution de carrière rallongé. « On a souvent tendance à dire que le niveau d’orthographe baisse. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle exactement. Une chose est certaine, c’est que l’on y est de plus en plus attendu dans le monde de l’entreprise, » confirme Mélanie Vienot.

86 %

des recruteurs estiment que la maîtrise du français est une compétence prioritaire

Stats illustration

Cette attente s’est accrue au moment du Covid et de la généralisation du télétravail. En effet, les temps d’échanges oraux se sont alors nettement réduits et d’autres outils ont été mis en place, comme des chats et des réseaux sociaux d’entreprise, impliquant plus d’écrit. « Savoir écrire vite, choisir ses mots pour bien se faire comprendre et sans faute est une injonction que tous les professionnels ne maîtrisent pas forcément. Parce qu’écrire un mail, ce n’est pas la même chose qu’écrire sur un chat : les codes ne sont pas les mêmes et il faut écrire vite. Cette question-là est ainsi devenue très difficile pour de nombreuses personnes qui avaient développé des stratégies d’évitement », explique Mélanie Vienot.

Aujourd’hui, l’orthographe représente donc un vrai marqueur. Les employeurs recherchent avant tout des collaborateurs à la tête bien faite. « Comment est-ce qu’on identifie la tête bien faite en entretien de recrutement ? Par la manière dont la personne va s’exprimer. Aussi, quand un recruteur voit un bon score au Certificat Voltaire, c’est pour lui l’indication que cette personne va pouvoir évoluer plus facilement. C’est le marqueur de cette fameuse tête bien faite », insiste Mélanie Vienot. 

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Pour maximiser les chances de réussite de leurs étudiants dans le monde professionnel, les établissements du supérieur se penchent donc de plus en plus sur le sujet. Les premières à s’y être intéressées sont les écoles d’ingénieurs qui, pour la plupart, ont ajouté l’orthographe comme prérequis diplômant. « Je crois que les écoles d’ingénieurs ont été celles qui ont eu le plus de facilités à admettre qu’il y avait un problème. Parce qu’effectivement, il y avait cette idée que, comme leurs élèves sont bons en maths, ils ont sans doute plus de lacunes en français. En réalité, aucune étude ne prouve que c’est le cas et que les étudiants d’écoles de management sont meilleurs en orthographe, en grammaire et en expression », raconte Mélanie Vienot. 

Aujourd’hui, le Projet Voltaire met à disposition de tous les types d’établissements des outils à destination de leurs étudiants. C’est ensuite à chaque école ou université de les intégrer à leur formation de la façon dont elles le souhaitent. « Ils utilisent le projet Voltaire soit en proposant la certification, parce que c’est un plus dans l’employabilité des étudiants, soit en l’imposant. Parce qu’ils veulent garantir aux entreprises qui ont recruté leurs diplômés que ces derniers possèdent un bon niveau d’orthographe. Dans ces cas-là, ils intègrent le français dans le cursus comme une matière à laquelle il faut avoir la moyenne pour obtenir son diplôme, à l’instar des autres disciplines. Mais c’est le choix souverain de chaque établissement », explique la présidente de le Projet Voltaire.

Pour aider les étudiants français à améliorer leur niveau de langue, le Projet Voltaire a décidé de s’attaquer en premier lieu à l’orthographe, la grammaire et la conjugaison, parce que ce sont les aspect les plus structurants, les plus visibles et les plus liés au sens. « Quand on fait passer le certificat Voltaire à ChatGPT, il n’obtient pas une très bonne note, car il ne repère pas toutes les fautes qui sont liées au sens », indique Mélanie Vienot. Elle ajoute : « Pour tous les étudiants qui se disent que, de toute façon, tout cela n’est pas grave parce qu’il y a ChatGPT. Sachez que l’outil ne sera pas là en entretien de recrutement, et qu’en plus, il est très moyen. »

Ensuite, le Projet Voltaire va travailler sur l’expression et sur le vocabulaire. « On pense avec les mots que l’on connaît. Donc, moins on a de mots dans son vocabulaire, moins on est en capacité d’élaborer une pensée complexe et de manipuler des concepts abstraits. Or, pour penser le monde qui nous entoure, il faut une certaine capacité d’abstraction ou en tout cas pouvoir manipuler tout un panel de concepts variés. C’est en cela que les mots sont très importants », ajoute Mélanie Viento. Vient ensuite le travail de la syntaxe, qui vient structurer la langue et organiser les idée pour les faire passer correctement. Depuis cette année, le Projet Voltaire travaille également sur l’expression orale qui est essentielle dans la vie de tous les jours et dans le monde de l’entreprise. 

Mélanie Vienot rappelle que l’expression écrite et orale, la maîtrise du français, ne sont pas des talents détenus uniquement par certains privilégiés, mais bien une compétence que tout le monde est capable de développer, à tout âge. « Ce que l’on défend, c’est que bien s’exprimer et être structuré dans son argumentation, savoir rédiger des mails efficaces, être crédible dans un environnement professionnel vis-à-vis du client et des salariés de l’entreprise, sont des compétences essentielles qu’on sait développer et tester au travers de notre certification. » Et de conclure sur l’un des grands avantages d’une bonne orthographe : « Il existe une forme de honte et de gêne à ne pas être à l’aise avec sa langue maternelle. Nous avons rencontré des salariés qui disent qu’ils se sentent libérés maintenant qu’ils maîtrisent mieux l’orthographe. »

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