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Organisation, sécurité, communication… Quels sont les métiers cachés du Tour de France ?

7 Min. de lecture
Les métiers du Tour de France
Tour de France 2024 - Étape 16 - Gruissan / Nîmes - POGACAR Tadej, WELLENS Tim (UAE TEAM EMIRATES) - Crédits : A.S.O. / Charly Lopez

Des milliers de personnes sont sollicitées chaque année pour assurer le bon déroulé de cet événement sportif hors du commun. « Une véritable petite société », selon l’organisateur, Amaury Sport Organisation (A.S.O). Tour d’horizon de ces métiers de l’ombre.


On ne les distingue pas sur le petit écran, et pourtant. Chaque année, des milliers de femmes et d’hommes se mobilisent pour sécuriser la route du Tour de France. « 2 500 au total », nous indique André Bancala, coordinateur général pour les départements de France.

Ce dernier sillonne les routes du Tour depuis 1997. En presque 30 ans de métier, il a activement participé aux améliorations liées à la sécurité de l’événement sportif. Un sujet « mis en exergue en 1995 », suite au décès du jeune coureur Fabio Casartelli dans la descente du col du Portet-d’Aspet, en Haute-Garonne. « Il avait percuté un parapet en béton. Ce drame a fait prendre conscience à l’organisation que pour être la plus belle course du monde, il fallait aussi qu’elle soit sûre ».

Tous les ans, le coordinateur général et ses équipes s’activent dans l’ombre pour installer du matériel destiné à prévenir les coureurs des dangers sur les routes. « Les départements travaillent dessus depuis le mois d’octobre, quand le parcours est dévoilé au public », indique André Bancala, qui est quant à lui sollicité à partir du mois de mars, jusqu’au Tour de France Femmes inclus.

« Il y a notamment les chicanes, dans les entrées d’agglomérations, dont le but est de casser la vitesse. Pour un peloton, c’est extrêmement dangereux. On installe une botte de paille en protection, un panneau d’avertissement, éventuellement une borne sonore, et une banderole jaune fluo qui permet d’avertir de loin qu’il y a un goulet d’étranglement, un rétrécissement fort ».

GRAND ANGLE

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Les chiffres sont impressionnants : pour cette édition 2025, 365 banderoles et pas moins de 5 600 panneaux seront disposés sur 2 700 points « difficiles », soit dangereux. « On va avoir 650 giratoires, 475 rétrécissements, 600 terre-pleins, et 777 ralentisseurs, détaille André Bancala. On met entre 1 et 3 panneaux par point dur, que l’on trouve en moyenne tous les 1,2km ».

Le public, « qui peut parfois être un peu indiscipliné », peut lui aussi représenter un risque pour les sportifs. « Ils vont courir à côté d’eux, peuvent se prendre les pieds dans le tapis, chuter, ou faire tomber des coureurs ». Ces derniers, en plein effort, risquent de se blesser, de perdre l’étape, ou encore des points au classement. « Dans certains cols identifiés, on met en place un système de piquets et de cordes. Contrairement aux barrières (toujours installées sur certaines parties du parcours), les cordes vont maintenir le public sans le contraindre. Cette année, c’est plus de 35km qui sont piquetés-cordés sur le Tour ». Les forces de l’ordre sont aussi présentes sur place.

Les coureurs, quant à eux, ne sont pas toujours prévoyants. « Ils vont de plus en plus vite, parce qu’ils ont du matériel de plus en plus performant, explique André Bancala. Cette évolution ne va pas dans le sens de ralentir un peloton, bien au contraire », prévient-il, évoquant « un groupe plus jeune et moins prudent ». « Là où un Bernard Hinault aurait donné un coup de frein en se disant ‘je préfère ralentir plutôt que de tomber’, ils vont essayer de passer en force. Ce qui peut entraîner des chutes ». Des accidents loin d’être anodins, un coureur pouvant dépasser les 80km/h dans une descente. Sur des étapes plates, la vitesse moyenne est d’environ 40km/h. « Il y a des vrais enjeux sur la sécurité. C’est aussi une des raisons pour lesquelles le Tour essaie au maximum d’être précurseur, d’apporter des solutions ».

Si la sécurité routière représente un des pans les plus importants du Tour de France, de nombreux secteurs d’activités sont représentés tout au long de l’évènement. « Il y a énormément de métiers qui se déclinent à l’échelle du Tour », nous indique l’organisateur, Amaury Sport Organisation (A.S.O).

Tour de France 2024 – Étape 20 – Nice / Col de la Couillole – Crédits : A.S.O. / Aurélien Vialatte

Parmi eux, « tout ce qui touche à l’organisation et l’accueil, les personnes qui gravitent autour des équipes cyclistes, ou encore celles qui assurent la sécurité, comme les policiers, les gendarmes, ou des personnes provenant de compagnies de sécurité ». Côté conduite, « des motards et des pilotes voiture » font aussi partie de l’aventure, ainsi que « toute la partie mécanique, qui intervient s’il y a un souci avec un véhicule ».

Sans oublier la communication et l’audiovisuel, « avec la caravane publicitaire, les médias, les photographes, les caméramans, les réalisateurs, ou encore les chefs d’édition ». Le milieu médical est évidement présent pour prendre soin des coureurs. « Il y a des kinésithérapeutes et des ostéopathes qui travaillent pour les équipes. Nous avons quant à nous un service médical composé de médecins, d’urgentistes, de brancardier, d’infirmiers… Ces professionnels prennent un mois pour travailler sur le Tour par le biais de sociétés particulières ». Le bien-être passe aussi par l’alimentation. « Il y a toute la partie restauration, pour les espaces invités et pour les équipes, qui peuvent d’ailleurs avoir leur propre chef ».

Une « véritable petite société ». « Le Tour de France, c’est 4 500 à 5 000 personnes qui travaillent et se déplacent tous les jours pendant trois semaines », précise A.S.O. L’événement mobilise des professionnels, mais aussi des étudiants et des retraités. « Il y a des gens qui ont un autre métier à côté, et qui prennent un mois de vacances pour venir travailler sur le Tour », ajoute l’organisateur, assurant « que tous les postes sont importants pour le bon déroulé de l’évènement ». Les bénévoles, eux, sont recherchés directement par les villes qui accueillent les différentes étapes pour « aider et guider les personnes, entre autres ».

L’hébergement nécessite quant à lui une organisation toute particulière. « Nous avons un service spécialisé qui réserve les chambres d’hôtels, parfois un an en avance. Tous les soirs, 1 850 lits sont nécessaires. Et ça, uniquement pour les cyclistes et l’organisation ». Les autres protagonistes, comme les journalistes et les sponsors, s’occupent eux-mêmes de leur logement. « Il serait impossible de lister l’intégralité des métiers, résume A.S.O. Quand on se trouve au bord de la route, ou devant sa télévision, on n’imagine pas toute la logistique qu’il y a derrière ».

Une expérience hors du commun qui réserve parfois son lot de surprises. André Bancala et les personnes chargées de la sécurité des routes se sont ainsi déjà retrouvés à retirer des méduses échouées « à l’aide de pelles » sur le passage du Gois, à Noirmoutier. Ou encore à laver le sol après la chute de dosettes de lessive depuis une caravane publicitaire. « Et quand on rince de la lessive, ça fait de la mousse… Ça a bien fait rigoler tout le monde », se souvient-il. Après 30 ans de bons et loyaux services, la passion, elle, est toujours intacte.


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet des métiers cachés du Tour de France.

Une logistique colossale : Le Tour de France mobilise chaque année entre 4 500 et 5 000 personnes, dont des professionnels, des étudiants et des retraités. Tous les métiers, de la sécurité à la restauration en passant par la communication et la mécanique, sont essentiels pour garantir le bon déroulement de l’événement.

La sécurité, une priorité absolue : Depuis le décès du coureur Fabio Casartelli en 1995, la sécurité a été renforcée avec des dispositifs spécifiques : installation de banderoles, panneaux, bottes de paille, chicanes et cordes pour canaliser le public. En 2025, 5 600 panneaux et 365 banderoles seront installés sur plus de 2 700 points dangereux.

Des préparatifs qui débutent des mois à l’avance : Les équipes locales commencent à préparer les routes dès octobre, dès l’annonce du parcours. La sécurisation du Tour s’étend jusqu’au Tour de France Femmes, avec une attention particulière portée aux zones urbaines et aux passages délicats.

Des dangers multiples : Outre les infrastructures routières, le comportement parfois imprudent du public et la vitesse croissante des coureurs augmentent les risques d’accidents. L’évolution du matériel rend les cyclistes plus rapides et, parfois, moins prudents dans les situations critiques.

Une organisation digne d’une entreprise : Hébergement (1 850 lits réservés chaque soir pour l’organisation), logistique, gestion des imprévus, communication, médical… Le Tour de France fonctionne comme une véritable petite entreprise itinérante, avec des milliers de métiers de l’ombre indispensables, souvent méconnus du grand public.

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