Les sections internationales ont le vent en poupe. Au lycée, elles permettent de passer le Bac de Français International. Éclairage sur ce parcours, ses atouts et contraintes.
À l’heure de la mondialisation, la maîtrise des langues étrangères est un atout indéniable. Pour la favoriser, le système scolaire français propose des sections internationales du primaire jusqu’en classe de Seconde. En Première et en terminale, le terme n’est plus utilisé mais le cursus continue vers le Bac de Français International (BFI), diplôme instauré depuis la rentrée 2022 en remplacement de l’option internationale du baccalauréat.
Qu’est-ce que la section internationale au lycée ?
Les classes de secondes internationales accueillent des élèves français ou étrangers, issus ou non de collèges avec des sections internationales et qui désirent développer leur ouverture sur le monde. Ils peuvent ensuite intégrer une classe de première dédiée pour préparer le BFI. Des jeunes qui n’auraient pas suivi de section internationale peuvent postuler, mais le test de sélection est relevé. Ce cursus implique en effet un très bon niveau en langue et une forte capacité de travail. « Pour réussir l’examen d’entrée, il faut un niveau B2, presque l’équivalent d’une langue maternelle », estime Asia Kovrigina, professeure dans la section russophone du lycée international des Pontonniers à Strasbourg.
Un accès sélectif
Les sections internationales existent dans 18 langues vivantes et les établissements peuvent proposer des parcours bilingues, trilingues ou quadrilingues. Clémence Dreo a passé le BFI en juin 2025 au lycée Fulbert de Chartres. Elle a opté pour un parcours trilingue anglais-espagnol. « J’ai toujours beaucoup aimé les langues et j’aurais pu prendre les spécialités dédiées. Mais je voulais continuer d’autres matières comme l’histoire et la philosophie qui m’intéressaient beaucoup », explique-t-elle. Le BFI permet ce cumul mais les places sont restreintes.
« En Seconde, sur soixante dossiers déposés, nous n’avons pu en accepter que 32 », regrette Asia Kovrigina. Suite à la guerre en Ukraine, de nombreux réfugiés des pays de l’Est ont voulu poursuivre leurs études en russe. C’est aussi l’une des particularités des sections internationales : faciliter l’intégration des élèves étrangers en France tout en leur permettant un retour dans le système scolaire de leur pays. « C’est difficile de devoir refuser des demandes. Quand les élèves russophones se retrouvent et parlent leur langue, ça leur fait beaucoup de bien, même s’ils viennent parfois de pays en conflits entre eux. Ils sont aussi avec un professeur qui connaît leur problème et comprend ce qu’ils ont vécu », ajoute l’enseignante.
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Préparer le BFI, un parcours exigeant
Dès la Première, les élèves qui préparent le BFI suivent des enseignements en plus du tronc commun et de leurs spécialités. L’enseignement intitulé « connaissance du monde » permet d’aborder la culture et les enjeux contemporains avec notamment un projet à mener avec un partenaire international. L’enseignement « approfondissement culturel et linguistique » a pour objet d’étudier la littérature et la langue. Enfin, une discipline non linguistique (histoire-géographie ou enseignement scientifique) est également dispensée en grande partie en langue étrangère.
Ces enseignements représentent au moins 5 heures de cours en plus par semaine. « La différence entre ce parcours et la spécialité LLCER (langues, littératures et cultures étrangères et régionales, ndlr) est énorme. Il y a beaucoup plus d’heures de cours, un travail plus approfondi sur les textes littéraires étrangers, les documents historiques… À la fin du lycée, les élèves du BFI ont un niveau C1 ou C2. C’est assez prestigieux d’obtenir ce diplôme », assure Asia Kovrigina. Les épreuves du BFI se déroulent toutes en contrôle final. Elles disposent d’un fort coefficient (20) et équivalent à 40 % de la note totale. Mieux vaut donc être averti du challenge et supporter la pression.
Après le BFI, des études variées
Son BFI en poche, Clémence Dreo s’est orientée vers une prépa littéraire avant de finalement rejoindre une licence LEA. Mais ce diplôme ne contraint pas à se diriger nécessairement vers des études de langues puisqu’il est possible de conserver des spécialités diverses (maths, physique-chimie, Sciences de la vie et de la Terre, Sciences économiques et sociales, Humanités, Littérature et Philosophie…). Certains se dirigent donc vers des études de droit en français ou en langue étrangère, d’autres vont en école d’ingénieur, en médecine, en psycho, etc.
Clémence se verrait bien travailler dans l’enseignement ou le tourisme. Elle commence à se renseigner pour étudier à l’étranger pour sa troisième année de Licence. « Beaucoup d’étudiants veulent partir, j’espère que mon parcours en section internationale et mon BFI montreront ma motivation », glisse-t-elle. En attendant, elle poursuit sereinement ses études, rodée à la charge de travail et à la maîtrise des langues.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : être en section internationale au lycée et préparer le Bac de Français International (BFI).
Un parcours linguistique d’excellence au lycée
Les sections internationales permettent aux élèves, dès la seconde, de suivre un cursus renforcé en langues et cultures étrangères, qui se prolonge en première et terminale par la préparation du Bac de Français International (BFI), instauré en 2022.
Une sélection exigeante et des places limitées
L’accès à la section internationale est très sélectif et requiert un niveau linguistique élevé (B2 minimum). Les établissements proposent des parcours dans 18 langues, parfois bilingues ou trilingues, mais les capacités d’accueil restent restreintes.
Un programme intensif et académique
La préparation du BFI implique au moins cinq heures de cours supplémentaires par semaine, avec des enseignements approfondis en langue étrangère (littérature, culture, disciplines non linguistiques comme l’histoire-géographie), menant à un niveau C1-C2 en fin de lycée.
Un diplôme prestigieux mais sous pression
Les épreuves du BFI sont exclusivement en contrôle final, avec un fort coefficient (20), représentant 40 % de la note globale du baccalauréat. Un défi académique qui exige rigueur, autonomie et capacité à gérer la pression.
Un tremplin vers des études supérieures variées et internationales
Le BFI n’oriente pas uniquement vers les langues : il ouvre aussi l’accès à des filières sélectives (prépas, droit, ingénierie, médecine, écoles, universités étrangères) et constitue un atout fort pour la mobilité internationale et l’employabilité.













