À l’heure où le numérique est omniprésent dans la société, la cybersécurité s’impose comme un enjeu central. Pour comprendre les menaces existantes et les besoins en compétences, Nicolas Malbec, directeur du cursus Cyberdéfense à l’École Hexagone, répond à nos questions.
7questions à Nicolas Malbec, directeur du cursus Cyberdéfense à l'École Hexagone

Quels dangers accompagnent l’essor du numérique ?

Nicolas Malbec : Plus nous échangeons de données, plus nous élargissons ce que j’appelle notre « surface numérique ». Or, cette surface est vue par les cyberattaquants comme un territoire d’attaque en constante augmentation. Pour les particuliers, cela peut toucher à leur intimité numérique, à la sécurité de leurs comptes, de leur monnaie en ligne. Ça englobe aussi le vol de données, le cyberharcèlement…
Les entreprises, petites ou grandes, sont elles aussi sous pression : les plus grandes ont progressé en cybersécurité, mais leurs sous-traitants restent souvent vulnérables. Les conséquences peuvent aller jusqu’au dépôt de bilan.
Enfin, les institutions et les États sont ciblés par des groupes criminels organisés ou par d’autres États, dotés de moyens considérables. La cybersécurité touche donc à la liberté, à la prospérité économique et à la sécurité des nations.

Les attaques se sophistiquent. Comment les experts parviennent-ils à garder une longueur d’avance ?

Nicolas Malbec : Le premier impératif, c’est de mettre à jour ses compétences en permanence. Les techniques évoluent vite, tout comme les capacités de calcul ou les outils d’intelligence artificielle mis à disposition des attaquants.
Des centres de Cyber Threat Intelligence (CTI) surveillent l’évolution de la menace et repèrent les nouvelles méthodes d’attaque. La multiplication des objets connectés complexifie encore la donne car chacun constitue un maillon potentiellement vulnérable.
Pour faire monter le niveau de cybersécurité, plusieurs leviers existent : la formation des experts et du grand public, les cadres juridiques européens comme NIS2 ou DORA, les exigences des assurances et les clauses imposées par les services achats. Même si l’on ne peut empêcher toutes les attaques, on peut réduire leur impact grâce au cloisonnement, à la supervision et à des exercices réguliers de gestion de crise.

Le secteur offre-t-il de réelles perspectives pour les jeunes ?

Nicolas Malbec : Absolument. Travailler dans la cybersécurité a du sens car il s’agit de protéger les citoyens, les entreprises et l’État. Et surtout, la demande en compétences explose : plus la surface numérique s’élargit, plus il faut de professionnels pour sécuriser les systèmes.
Même si le marché de l’alternance est devenu plus tendu dans l’enseignement supérieur, les étudiants en cybersécurité s’en sortent mieux que dans d’autres domaines. À l’École Hexagone, tout le monde finit par trouver une entreprise d’accueil, même si cela peut parfois prendre davantage de temps qu’avant.

Quels métiers composent aujourd’hui la cybersécurité ?

Nicolas Malbec : Le secteur est très diversifié. On trouve bien sûr des ingénieurs ou analystes techniques capables de comprendre et de contourner les systèmes. Viennent ensuite les métiers liés à la conformité et à la gouvernance (GRC), qui exigent une bonne compréhension des enjeux métiers et des risques.
On recrute aussi des profils venant des sciences humaines pour l’analyse géopolitique, l’intelligence économique ou la lutte informationnelle. Les juristes spécialisés en droit du numérique sont très recherchés. Et le marché étant dynamique, des besoins existent également en marketing, en commercial ou en communication autour des solutions cyber.
La cybersécurité n’est donc pas réservée aux profils ultra-techniques, l’écosystème est large et ouvert.
À LIRE AUSSI

Comment est structuré le cursus Cyberdéfense de l’École Hexagone ?

Nicolas Malbec : Le master Cyberdéfense accueille des étudiants titulaires d’un bac +3 en informatique et les amène jusqu’à l’obtention d’un bac +5. La formation, en alternance pendant deux ans, conduit à un titre RNCP labellisé SecNumEdu par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, Ndlr), un gage de sérieux et de crédibilité.
L’approche est volontairement généraliste puisque l’on aborde la technique, l’analyse de risque, les aspects juridiques, géopolitiques et l’intelligence économique. Selon leurs appétences, les étudiants pourront devenir analystes dans un SOC (Security Operations Center, centre d’opérations de sécurité, Ndlr), intégrer un CERT (Computer Emergency Response Team, centre de réponse à incidents, Ndlr), travailler comme consultants, pentesters (testeurs d’intrusion) ou, à terme, évoluer vers des postes de pilotage comme RSSI (responsable sécurité des systèmes d’information, Ndlr).

Et au-delà du master, que propose l’École Hexagone ?

Nicolas Malbec : L’école forme des étudiants du post-bac au Bac +5. Les deux premières années se déroulent en prépa intégrée, en présentiel sur les campus de Versailles et Clermont-Ferrand. La troisième année s’effectue en alternance.
En quatrième année, les étudiants choisissent entre trois spécialisations : architecture des systèmes d’information, intelligence artificielle ou cyberdéfense.

Comment s’insèrent les diplômés sur le marché du travail ?

Nicolas Malbec : Aujourd’hui, aucun diplômé ne reste sans solution. Les anciens travaillent dans des entreprises comme AXA, Thales, Framatome et dans de nombreuses PME spécialisées.
Côté salaire, un jeune diplômé peut raisonnablement viser entre 35 000 et 40 000 euros annuels. Certains profils très avancés vont plus haut, mais il s’agit de cas particuliers combinant expérience, personnalité et expertise.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Les métiers de la cybersécurité, des remparts contre la fraude
Une menace cyber en expansion constante
L’explosion des usages numériques élargit la « surface d’attaque » des particuliers, des entreprises et des États, exposés au vol de données, à la fraude, au cyberharcèlement et à des attaques pouvant aller jusqu’à mettre en péril l’économie ou la sécurité nationale.
Des attaques de plus en plus sophistiquées
Intelligence artificielle, objets connectés et capacités de calcul accrues renforcent la puissance des cybercriminels, obligeant les experts à se former en continu et à s’appuyer sur la veille, la réglementation (NIS2, DORA) et des stratégies de gestion de crise.
Un secteur porteur et plein de sens pour les jeunes
La cybersécurité offre de fortes perspectives d’emploi, y compris en alternance, avec un marché dynamique et une mission à forte valeur sociétale : protéger les citoyens, les entreprises et les institutions.
Une diversité de métiers au-delà du technique
Analystes SOC, pentesters, consultants, experts GRC, juristes du numérique, spécialistes en géopolitique ou communication cyber : l’écosystème est large et accessible à des profils variés, pas uniquement ultra-techniques.
Des formations spécialisées et reconnues
Le cursus Cyberdéfense de l’École Hexagone propose une formation en alternance labellisée SecNumEdu par l’ANSSI, menant à des débouchés solides, avec des salaires de sortie attractifs et une insertion professionnelle quasi immédiate.















