Le notaire est une figure incontournable du paysage juridique français. À la fois officier public et ministériel, c’est à lui que revient la charge de sécuriser les actes de la vie courante (achat immobilier, succession, mariage) et de conseiller les particuliers comme les entreprises. Si le parcours pour devenir notaire est long et exigeant, la dimension humaine et les revenus attractifs de cette profession lui confèrent de sérieux atouts.
En quoi consiste le métier de notaire ?
Le notaire est un professionnel du droit investi d’une mission d’intérêt public. Nommé par l’État, le notaire a pour fonction principale d’authentifier des actes juridiques, afin de leur conférer une valeur légale incontestable. Lorsqu’il ne conseille pas ses clients, le notaire est aussi chargé de concevoir et rédiger des actes et contrats de nature variée.
Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir notaire ?
Exercer le métier de notaire requiert de maîtriser des compétences précises. Il doit avant tout posséder un excellent sens du relationnel, puisque le contact avec les clients est quasi permanent. Devenir notaire implique également d’être extrêmement rigoureux et d’avoir le sens du détail : la moindre erreur sur un document juridique peut coûter cher. Enfin, cet officier public doit démontrer des capacités d’analyse et de synthèse, avoir le sens des responsabilités tout en étant discret et respectueux du secret professionnel.
En plus des qualités mentionnées ci-dessus, le notaire est soumis à l’obligation déontologique et doit se montrer impartial dans tous les dossiers qu’il traite.
Quels sont les différents environnements de travail d’un notaire ?
Il existe plusieurs cadres pour exercer ce métier juridique. Tout d’abord, le notaire peut exercer à titre individuel, à la tête d’un office notarial. En France, tous les offices notariaux sont gérés par le ministère de la Justice. Devenir notaire permet aussi de s’associer à des confrères déjà en activité, soit au sein d’une société d’exercice libéral (SEL), soit d’une société civile professionnelle (SCP).
S’il ne gère pas lui-même d’office notarial, le notaire exerce en tant qu’employé d’un office. Il est alors salarié.
Le métier de notaire, situé à la frontière entre profession libérale et service public, possède donc un statut hybride.
Quel bac pour devenir notaire, quel parcours ?
Les études pour devenir notaire ne sont pas déterminées par le type de baccalauréat obtenu au lycée. Bien sûr, certaines spécialités du BAC peuvent faciliter votre parcours par la suite. Il est ainsi conseillé de choisir un bac général doté de spécialités telles que :
- L’histoire-géographie, la géopolitique et les sciences politiques ;
- Les sciences économiques et sociales ;
- Ou la littérature, les langues et les cultures.
De telles matières participent aux développements de compétences utiles en droit, en rédaction juridique et en analyse.
Un diplôme de Master pour devenir notaire
Après l’obtention du baccalauréat, le parcours pour devenir notaire correspond à un cursus juridique solide. Vous devez d’abord réussir une Licence en droit (Bac +3), puis poursuivre vers un Master 2 en droit (Bac +5).
Posséder un Master pour devenir notaire est essentiel. Ce diplôme est le sésame indispensable pour suivre une formation notariale supérieure. Sans lui, impossible de passer à l’étape supérieure qui prépare au DESN.
Le Diplôme d’Études Supérieures de Notariat (DESN)
Aujourd’hui, c’est le DESN (Diplôme d’Études Supérieures de Notariat) RNCP39262 qui constitue le cœur du parcours pour devenir notaire. Ce diplôme d’État (Bac +7), a succédé aux anciennes voies universitaires et professionnelles.
Le DESN se prépare sur 2 ans en alternance, entre enseignements théoriques et stages pratiques dans un office notarial. Pendant cette période, c’est le statut de notaire stagiaire qui vous est attribué.
Combien d’années d’études pour devenir notaire ?
Les études pour devenir notaire durent en moyenne 7 à 8 ans après le baccalauréat :
- 3 ans pour la Licence en droit ;
- 2 ans pour le Master 2 (bac + 5) ;
- 2 ans pour le DESN en alternance.
Une autre passerelle pour devenir notaire
Au‑delà du parcours classique, il existe des alternatives pour devenir notaire. Celles-ci s’adressent notamment aux professionnels déjà en activité dans le domaine juridique ou notarial, et pouvant justifier d’une expérience significative. Elles peuvent se présenter à l’examen de contrôle des connaissances techniques (ECCT).
Il s’agit d’un recrutement parallèle, justifié par 9 ans d’exercice (ou 4 ans pour les titulaires d’un Master en droit ou équivalent).
Peut-on devenir notaire grâce à la VAE ?
Il n’est effectivement pas possible de devenir notaire grâce à la validation des acquis d’expérience (VAE).
Quel est le salaire moyen d’un notaire ?
La rémunération d’un notaire indépendant varie en fonction de plusieurs facteurs comme la taille de son étude, sa spécialisation, son expérience ou la localisation de ce dernier.
La notoriété peut également être décisive. Le notaire libéral perçoit des honoraires et des émoluments, et a des charges importantes à payer. Cela lui permet toutefois de toucher plus de 15 000 euros bruts par mois. Le salaire d’un notaire au statut de salarié est compris entre 3 200 et 5 500 euros bruts par mois.
À l’instar de nombreuses professions, c’est avant tout le statut qui influe sur la rémunération du notaire. Les revenus peuvent ainsi varier fortement entre un notaire salarié débutant, un professionnel chevronné ou un notaire libéral installé à son compte. D’autres facteurs entrent également en jeu, comme l’emplacement géographique de l’étude notariale, sa taille, le volume d’activité ou encore la notoriété du notaire.
Quelles sont les différences entre un notaire et un clerc de notaire ?
On entend souvent parler de notaire et de clerc de notaire sans distinction. Pourtant, les deux professions ne doivent pas être confondues.
Devenir clerc de notaire n’implique pas les mêmes missions au quotidien. Le clerc travaille dans une étude notariale. Il prépare les dossiers et rédige les actes juridiques, mais il n’est pas autorisé à les authentifier.
Autre différence notable : les différences de parcours pour devenir clerc de notaire. Devenir notaire exige un Bac +7 minimum, un Master et le Diplôme d’Études Supérieures de Notariat (DESN). Pour être clerc de notaire, les certifications nécessaires sont différentes :
- BTS Collaborateur juriste national ;
- Licence professionnelle métiers du notariat ;
- Diplôme des métiers du notariat (DMN).
Enfin, sachez qu’il est très difficile de devenir clerc de notaire sans diplôme. Le secteur est exigeant et très encadré. Des compétences juridiques solides sont presque toujours indispensables.
Beaucoup de professionnels entament leur carrière en tant que clerc de notaire avant d’évoluer vers le métier de notaire.
Reconversion et évolution professionnelle : quelles sont les perspectives de carrière ?
Des études longues sont nécessaires pour exercer en tant que notaire. Cela n’empêche pas de devenir notaire en reconversion ni de gravir les échelons dans votre pratique professionnelle. La profession étant très réglementée, un changement de carrière nécessite un haut niveau de qualification juridique.
Peut-on vraiment devenir notaire à 40 ans ?
Comme de nombreux métiers du droit, celui de notaire reste accessible en reconversion à 40 ans. Plusieurs options s’offrent à vous en fonction de votre parcours antérieur. Si vous souhaitez devenir notaire en reconversion sans expérience juridique, vous devrez suivre la voie classique et reprendre des études de droit (licence + Master + DESN).
En revanche, si vous possédez déjà une certaine expérience dans le droit, votre parcours peut être valorisé. Certaines formations acceptent les titulaires d’un Master en droit ou les professionnels ayant déjà exercé dans un office notarial.
La voie interne pour devenir notaire en reconversion
Il existe également une autre passerelle pour devenir notaire en reconversion. On l’appelle la voie interne, parce qu’elle s’adresse principalement aux professionnels en poste dans une étude notariale. Ce parcours s’appuie sur votre expérience pratique, mais n’est accessible qu’en respectant des conditions précises :
- Justifier d’au moins 9 ans d’expérience en office notarial ;
- Être titulaire d’un diplôme de notariat (DMN, diplôme de premier clerc) ;
- Suivre une formation complémentaire.
Posséder un Master en droit permet parfois de réduire la durée d’expérience exigée à 4 ans.
À l’issue de ce parcours, vous devez réussir l’examen de contrôle des connaissances techniques (ECCT) composé d’épreuves écrites et orales. En découle le certificat d’aptitude aux fonctions de notaire.
Les évolutions de carrière possibles pour un notaire
Les perspectives de carrière d’un notaire sont nombreuses au sein de la profession. Elles s’accompagnent généralement d’un niveau de responsabilités croissant.
En justifiant de quatre années d’exercice, vous pouvez choisir de vous spécialiser. Il convient alors d’en faire la demande auprès du Centre National d’Enseignement Professionnel Notarial (CNEPN). Les domaines de spécialité sont les suivants :
- Droit rural et de l’entreprise agricole ;
- Conseil en organisation et gestion du patrimoine ;
- Droit de l’urbanisme et de l’environnement ;
- Et enfin, droit de l’entreprise et des sociétés.
Une autre évolution de carrière possible est le passage du statut de salarié en office notarial à celui d’indépendant libéral. Le notaire reprend une étude notariale, ou se retrouve nommé à la tête d’une nouvelle étude. À noter que seul le ministère de la Justice est en mesure de créer de nouveaux offices, ce qui en complique fortement l’acquisition.
Enfin, il est possible d’exercer d’autres professions juridiques après avoir été notaire plusieurs années. C’est notamment le cas de celle de commissaire de justice (anciennement huissier de justice ou commissaire-priseur judiciaire).
Il n’est alors pas nécessaire de suivre un nouveau cursus en intégralité. En tant que notaire, vous devez vérifier votre éligibilité aux dispenses mises en place (diplômes, examens d’entrée, etc.) Ensuite, vous avez le choix entre trois options :
- Suivre la formation de l’Institut national des commissaires de justice (INCJ), d’une durée de 2 ans en alternance ;
- Effectuer une reconversion professionnelle pour devenir commissaire de justice ;
- Ou effectuer une validation de l’expérience professionnelle passée.
























