Né en 2012 au lycée Henri-IV en partenariat avec l’université PSL, le CPES (cycle pluridisciplinaire d’études supérieures) est encore l’un des dispositifs les moins connus du paysage français de l’enseignement supérieur. Et pourtant, il s’est imposé en une dizaine d’années comme une voie d’excellence à part entière, distincte de la classe préparatoire, mais hébergé dans les mêmes lycées prestigieux. Trois ans, un diplôme conférant le grade de licence, une pédagogie pluridisciplinaire et une ambition forte d’ouverture sociale. Tour d’horizon complet du CPES, de son fonctionnement à ses débouchés, pour comprendre à qui il s’adresse et comment il s’inscrit dans l’offre post-bac.
Bon à savoir
Avant d’entrer dans le détail, un repère utile. Le CPES est souvent comparé à la classe préparatoire aux grandes écoles, dont il partage l’environnement du lycée et le caractère sélectif. Pour comprendre l’architecture complète des CPGE, leur rythme, leurs filières et leurs concours, vous pouvez consulter notre guide complet sur la classe préparatoire aux grandes écoles.
Qu’est-ce que le CPES exactement ?
Le CPES est une formation post-bac sélective de trois ans, accessible via Parcoursup, qui délivre un diplôme conférant le grade de licence, soit 180 crédits ECTS. Sa singularité tient à son architecture hybride. Chaque CPES naît d’un partenariat local entre un lycée disposant de classes préparatoires aux grandes écoles et un établissement d’enseignement supérieur (université ou grande école). Les enseignements sont partagés entre les professeurs des deux institutions, ce qui fait du CPES une formation qui marie la rigueur méthodologique de la prépa et la richesse intellectuelle de l’enseignement supérieur universitaire.
La première année se déroule majoritairement au lycée, au sein de petites promotions (souvent 20 à 35 étudiants par parcours), sous l’encadrement de professeurs de classes préparatoires. La deuxième année mêle enseignements au lycée et cours sur le campus de l’établissement partenaire. La troisième année se déroule presque entièrement à l’université ou dans la grande école, avec une spécialisation marquée. La logique est celle d’une spécialisation progressive, à l’opposé de la spécialisation immédiate exigée par une CPGE classique.
Bon à savoir
Premier point de vigilance, ne pas confondre le CPES avec la classe préparatoire aux études supérieures, qui porte le même sigle dans certains lycées. Cette dernière est une formation d’un ou deux ans pensée comme une mise à niveau pour intégrer ensuite une CPGE ou un autre cursus du supérieur. Le cycle pluridisciplinaire d’études supérieures, lui, est une formation diplômante en trois années.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Nom complet | Cycle pluridisciplinaire d’études supérieures |
| Durée | 3 ans |
| Diplôme délivré | Diplôme conférant le grade de licence (180 ECTS) |
| Lieu de formation | Lycée (1re année) + université ou grande école partenaire (2e et 3e années) |
| Accès | Parcoursup, en première année uniquement |
| Profils recherchés | Bacheliers généraux, mention Bien ou Très Bien le plus souvent |
| Volume horaire | 25 à 35 heures de cours hebdomadaires |
| Évaluations | Contrôle continu, partiels semestriels, projets tutorés, stages de recherche |
| Approche pédagogique | Pluridisciplinaire, spécialisation progressive |
| Politique sociale | Au moins 40 % de boursiers visés (50 % au CPES PSL-Henri-IV) |
| Effectifs | Petites promotions (20 à 35 étudiants par parcours, jusqu’à 180 à PSL-Henri-IV) |
| Coût | Droits universitaires standards, gratuit pour les boursiers |
| Débouchés principaux | Masters sélectifs, admissions sur titre en grandes écoles, ENS, IEP, écoles d’art ou de journalisme |
| Nombre en France | Une trentaine de CPES répartis en métropole et à La Réunion |
Lire aussi. CPGE : économique, scientifique ou littéraire, laquelle choisir ?
Comment fonctionne le CPES ?
Le rythme du CPES se situe entre celui de la classe préparatoire et celui d’une licence universitaire classique. Le volume horaire de cours hebdomadaires oscille entre 25 et 35 heures selon les établissements, complété par un travail personnel conséquent. Les évaluations prennent la forme d’un contrôle continu, de partiels semestriels, de projets tutorés et, dans certaines spécialités, de stages d’initiation à la recherche dès la première ou la deuxième année. Pas de concours en ligne de mire, contrairement à la CPGE, mais une exigence académique soutenue tout au long du cursus.
L’enseignement est organisé en parcours pluridisciplinaires plutôt qu’en filières strictes. Au CPES PSL-Henri-IV, par exemple, trois parcours sont proposés en première année, autour des sciences, des humanités et société et de l’économie, société et droit. Chaque parcours associe plusieurs disciplines, parfois éloignées (un parcours « Sciences » inclut mathématiques, physique, biologie, sciences humaines et anglais), avec une spécialisation qui s’affine en deuxième puis en troisième année. D’autres CPES proposent des parcours plus orientés (par exemple sciences et technologies, ou mobilités douces et développement durable), selon les partenariats locaux.
L’encadrement pédagogique est l’une des marques de fabrique du dispositif. Petits effectifs, suivi individualisé, tutorat par des étudiants plus avancés ou par les enseignants partenaires, dispositifs d’accompagnement spécifiques pour les boursiers. Le CPES revendique d’ailleurs explicitement une politique d’ouverture sociale, avec une cible d’au moins 40 % de boursiers du supérieur dans la plupart des promotions (50 % au CPES PSL-Henri-IV).
Lire aussi. CPES ou CPGE : quelles différences entre ces deux formations sélectives ?
À qui s’adresse le CPES ?
Le CPES s’adresse en priorité à des bacheliers généraux ayant obtenu d’excellents résultats au lycée, le plus souvent mention bien ou très bien au baccalauréat. Mais le profil recherché va au-delà des seuls résultats. Les commissions d’admission valorisent la curiosité intellectuelle, la capacité à articuler des disciplines variées, l’ouverture d’esprit et la motivation à intégrer une formation exigeante sans avoir nécessairement arrêté un projet professionnel précis.
Les spécialités requises au lycée varient selon les parcours. Pour un parcours scientifique, la spécialité mathématiques en première et en terminale est généralement attendue, complétée par une spécialité scientifique (physique-chimie, SVT, sciences de l’ingénieur ou informatique). Pour un parcours économique et droit, les mathématiques restent recommandées, associées à une spécialité de sciences humaines (SES, HGGSP). Pour un parcours humanités, les spécialités HLP, LLCE, HGGSP ou littérature et langues anciennes sont les plus valorisées, la spécialité mathématiques étant parfois remplacée par l’option mathématiques complémentaires.
Le CPES poursuit aussi une ambition affirmée de diversification sociale. Le dossier Parcoursup intègre une simulation de l’échelon de bourse du supérieur, et les boursiers bénéficient de dispositifs d’accompagnement spécifiques (tutorat renforcé, aides au logement, etc.). La sélection reste exigeante, mais la composition des promotions vise un équilibre entre excellence académique et diversité des parcours.
Quels sont les débouchés après un CPES ?
Le diplôme conférant le grade de licence ouvre un large éventail de poursuites d’études. Les diplômés du CPES postulent majoritairement aux masters sélectifs des grandes universités françaises et internationales, à travers les disciplines couvertes par leur parcours. Ils peuvent également intégrer les grandes écoles via les procédures d’admission sur titre à bac+3 (écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, écoles normales supérieures, IEP), c’est-à-dire sur dossier et entretien, sans passer par les concours post-prépa classiques.
D’autres diplômés rejoignent l’École nationale des chartes, les écoles d’art, les écoles de journalisme ou se lancent directement dans des cursus de recherche en s’appuyant sur l’initiation à la recherche reçue durant le cursus. La diversité des sorties est l’une des forces du dispositif, et reflète la pluridisciplinarité de la formation elle-même. Une enquête récente du CPES PSL-Henri-IV indique d’ailleurs que 100 % des diplômés poursuivent leurs études après l’obtention du grade de licence.
Lire aussi. CPGE et université : les différences que personne ne vous dit avant Parcoursup
Comment candidater au CPES sur Parcoursup ?
L’admission au CPES se fait exclusivement via Parcoursup, en première année de licence. Aucune entrée latérale n’est prévue en deuxième ou troisième année dans la grande majorité des établissements. Le dossier de candidature est examiné par une commission constituée principalement des enseignants de la formation, qui apprécient à la fois les résultats scolaires, les appréciations des professeurs de première et de terminale, la cohérence du projet exprimé dans la lettre de motivation et, dans certains cas, des éléments complémentaires (épreuves, entretiens).
Les places sont très limitées (de quelques dizaines à 180 étudiants par promotion selon les CPES) et la sélection particulièrement exigeante. Il est donc essentiel de soigner chaque élément du dossier, en particulier le projet de formation motivé, qui doit montrer une compréhension fine de la philosophie pluridisciplinaire du CPES et une cohérence avec le parcours visé. Une recommandation pratique, tout candidat au CPES doit renseigner la partie « échelon de bourse du supérieur » de son dossier Parcoursup, quelle que soit sa situation actuelle, car la politique d’ouverture sociale joue un rôle structurant dans la composition des promotions.
Le dispositif s’est considérablement étoffé depuis sa création en 2012, où un seul CPES existait. On en compte aujourd’hui une trentaine, répartis à travers la France métropolitaine et à La Réunion. La liste complète est consultable sur Parcoursup en saisissant « cycle pluridisciplinaire » dans le moteur de recherche.
Le CPES, lorsqu’il est proposé dans le cadre d’un partenariat avec un établissement public, est soumis aux droits universitaires standards (de l’ordre de 175 euros par an pour le grade de licence), auxquels s’ajoutent la CVEC et éventuellement quelques frais complémentaires (reprographie, programme culturel). Les étudiants boursiers en sont exonérés. C’est donc l’une des formations sélectives les plus accessibles financièrement.
Pas par la voie traditionnelle des concours post-prépa, mais oui par les procédures d’admission sur titre à bac+3. Les ENS, plusieurs écoles d’ingénieurs et plusieurs écoles de management ouvrent ces procédures aux diplômés du CPES. Le recrutement se fait alors sur dossier, entretien et parfois épreuves spécifiques.
Oui et c’est même l’un des avantages du dispositif. Chaque année validée donne 60 crédits ECTS, ce qui permet une réorientation vers une licence universitaire classique avec équivalence. Les passerelles vers les CPGE sont plus rares et restent à la discrétion des établissements, mais une réorientation vers la licence est généralement bien accompagnée.











