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35 universités lancent une alliance avec Mistral AI et EdTech France pour une IA fiable et sécurisée

7 Min. de lecture
Crédit photo : Solen Feyissa via Unsplash

Ce projet vise à développer une intelligence artificielle générative fiable et sécurisée destinée aux établissements publics du supérieur français. Décryptage avec Lucie Jacquet-Malo, enseignante-chercheuse en mathématiques à l’Université de Picardie Jules Verne.


En février dernier, 8 universités lançaient une alliance inédite avec Mistral AI et EdTech France pour déployer l’intelligence artificielle dans leurs établissements. Cette avancée majeure, annoncée dans le cadre du Sommet pour l’action sur l’IA à Paris, permettra aux étudiants, enseignants, chercheurs et personnels administratifs de se doter d’une IA fiable et robuste.

Les candidats sont, depuis, plus nombreux. « À la mi-juin, cette alliance compte désormais 35 établissements publics du supérieur français. Un nombre qui va encore augmenter », nous indique Lucie Jacquet-Malo, enseignante-chercheuse en mathématiques à l’Université de Picardie Jules Verne, et chef de projet IA générative pour l’Amue (Agence de Mutualisation des Universités et Établissements) et le ministère de l’Enseignement supérieur.

« Nous avons souhaité faire un partenariat avec Mistral AI (entreprise française spécialisée dans l’IA générative, ndlr), d’où cette association tripartite, pour mettre à disposition des IA génératives souveraines pour l’ensemble de l’enseignement supérieur ». Un objectif « qui se construit pas à pas ». « Après ce partenariat d’innovation d’un an, l’Amue lancera un appel d’offres, ouvert à tous les opérateurs économiques de ce segment d’achat, dans lequel les critères seront très exigeants pour soutenir une IA souveraine, bas carbone et sécurisée, au service de l’ESR ».

Le quotidien des professeurs, lui, est déjà bouleversé par l’usage des IA génératives, comme ChatGPT ou Le Chat de Mistral AI. L’enseignante en mathématiques en fait elle-même l’expérience. « Quand je pose une question, même simple, 50 à 60 % des étudiants vont directement sur ChatGPT, parce que j’autorise l’utilisation des smartphones ».

Un réflexe positif, selon la chercheuse. « Au départ, je pensais que c’était un problème. Mais j’ai remarqué qu’il n’y avait jamais eu autant d’échanges entre eux que lorsque je les laisse utiliser ces outils. Tout simplement parce que ChatGPT ne donne pas la même réponse à chaque étudiant, ce qui engendre un dialogue entre eux. C’est ce que veulent les professeurs, voir leurs étudiants interagir sur le cours », s’enthousiasme Lucie Jacquet-Malo.

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Mais l’IA « ne fait pas tout », tient-elle à préciser. « Il s’agit seulement d’une modalité parmi d’autres. Il faut conserver les moments ‘papier-crayon’ pour les apprentissages de base. Plus on va utiliser l’IA, plus on va renforcer l’importance des moments déconnectés. Il vaut mieux l’autoriser et l’encadrer plutôt que de l’interdire », estime la chercheuse.

Quels avantages pour les professeurs ? Les edtech, ces entreprises dont le but est de rendre la technologie et l’innovation utiles à l’éducation, travaillent notamment « à l’amélioration du geste enseignant ». « NOLEJ ou PyxiScience peuvent vous fournir un cours, des questions, générer des devoirs et même les corriger ! Et ce uniquement sur la base de vos propres cours et ressources ». Un gain de temps « énorme ».

À la différence de ChatGPT, les outils d’IA développés pour les universités ont pour objectif d’assurer la fiabilité des réponses et la sécurité des données. « Lorsque vous faites une requête à ChatGPT, il va aller chercher dans toute sa base de données, c’est-à-dire internet. Sauf que tout ce que l’on trouve sur internet n’est pas vérifié. Ce que l’on souhaite, c’est développer une IA générative qui ira piocher des informations dans un set de données maîtrisées par les universités. D’où cette alliance », détaille Lucie Jacquet-Malo.

Ces outils seraient également moins polluants. La professeure cite par exemple une initiative locale prise par l’Université de Rennes, baptisée « RAGaRenn », conçue pour être « écologiquement frugale ». « Les serveurs sont éteints la nuit et ne font pas de génération d’images, un processus qui a un impact environnemental dramatique », explique l’enseignante. « C’est super fun de voir les gens aimer les images dans ChatGPT, mais nos GPU (Graphics Processing Unit, ou unité de traitement graphique en français, ndlr) fondent », avait même averti le PDG d’OpenAI, Sam Altman, dans une publication sur le réseau social X en mars dernier.

Pas de génération d’images, donc, « sauf pour les publics avec des besoins spécifiques, notamment atteints de troubles du neurodéveloppement », souligne la chercheuse. Ces outils d’IA représenteraient ainsi une avancée significative pour l’inclusion.

« Dans le cadre de l’alliance, nous collaborons avec le programme Atypie-Friendly, qui œuvre à la construction d’un enseignement supérieur inclusif. Historiquement, il concernait les personnes atteintes du trouble du spectre autistique. Puis il s’est élargi à l’ensemble des troubles du neurodéveloppement, dont la dyslexie ou la dyscalculie. Une IA pourrait, entre autres, être capable de transcrire du texte en schéma, du schéma en image, et une image en texte. L’un de nos objectifs est d’accompagner Atypie-Friendly au développement de ce type d’outils », détaille la professeure.

Le personnel administratif des établissements du supérieur va lui aussi être impacté. Notamment pour les « achats publics », qui nécessitent des tâches « très chronophages ». « Imaginez une IA générative qui fait appel à du RAG (génération augmentée de récupération) avec des documents qui ont déjà été publiés, avec le code des achats publics, etc. Cela est beaucoup plus simple de rédiger un prompt qui prend deux minutes et d’avoir une IA qui nous propose un dossier béton. Il s’agit là encore d’un gain de temps considérable ». Une technologie qui ne vise pas à remplacer l’humain. « Cela va leur laisser du temps pour la gestion des étudiants », assure Lucie Jacquet-Malo.

Trois outils pilotes, concernant l’amélioration de la vie étudiante, le geste enseignant, et la gestion des achats publics, seront expérimentés dès septembre 2025 dans 26 établissements volontaires de l’alliance. Avec un objectif, « les proposer à l’ensemble de l’enseignement supérieur d’ici un an ».

Ci-dessous la liste des 35 établissements membres de l’Alliance :

  • ATYPIE-friendly
  • Conservatoire National des Arts et Métiers
  • Sorbonne Université
  • Université Bordeaux Montaigne
  • Université de Haute Alsace
  • Université de Montpellier
  • Université de Nîmes
  • Université de Picardie Jules Verne
  • Université de Rennes
  • Université Paris-Est Créteil
  • Université Paris-Saclay
  • Université Toulouse Jean-Jaurès
  • Université de Lorraine
  • Université de Tours
  • Université Orléans
  • Université de Versailles – UVSQ
  • Université Panthéon-Assas
  • Institut Mines-Télécom
  • Université Saint Etienne
  • Université de Bretagne Occidentale
  • Université Caen
  • Université Limoges
  • Aix-Marseille Université
  • CY Université
  • Université Sorbonne Paris Nord
  • COMUE Lyon
  • Université La Rochelle
  • CESI
  • Université Paris 8
  • Université Côte d’Azur
  • Projet Caire
  • Mines Paris-PSL
  • Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle
  • ANITI
  • Bordeaux INP

(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le projet d’alliance entre 35 universités, Mistral AI et les edtech françaises pour déployer l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur :

Une alliance nationale en pleine expansion : Depuis février, 35 établissements publics du supérieur français ont rejoint une alliance avec Mistral AI et des edtech françaises pour développer des IA génératives souveraines, fiables et sécurisées, adaptées aux besoins de l’enseignement supérieur.

L’IA transforme les pratiques pédagogiques : Les IA génératives, comme ChatGPT ou Le Chat de Mistral AI, modifient l’enseignement en favorisant les échanges entre étudiants et en devenant un outil d’apprentissage quotidien. Les enseignants s’adaptent en encadrant leur utilisation sans les interdire.

Des IA souveraines et écoresponsables : Contrairement aux IA grand public, les IA développées dans cette alliance s’appuieront sur des bases de données contrôlées par les universités, garantissant la fiabilité des contenus et limitant l’impact environnemental grâce à des pratiques technologiques frugales.

Un levier pour l’inclusion : Les IA génératives visent aussi à favoriser l’accessibilité pour les étudiants en situation de handicap, notamment dans le cadre du programme Atypie-Friendly, avec des outils capables de transformer les supports pédagogiques pour répondre à des besoins spécifiques.

Des gains de temps pour les personnels administratifs : L’IA pourra également automatiser des tâches complexes et chronophages, comme la gestion des achats publics, libérant du temps pour les équipes administratives. Trois outils pilotes seront testés dès septembre 2025 dans 26 établissements partenaires.

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