Nommée par décret présidentiel publié le 21 février 2026, Corinne Blanquart prend la tête de l’Université Gustave Eiffel. Elle succède à Gilles Roussel avec l’ambition de consolider le positionnement de l’établissement autour des villes et territoires durables.
Un changement de gouvernance s’ouvre à l’Université Gustave Eiffel à un moment clé de son évolution institutionnelle. Par décret du président de la République publié le 21 février 2026, Corinne Blanquart a été nommée présidente de l’établissement, quelques mois après son passage au statut de grand établissement, acté en septembre 2025.
Proposée par le conseil d’administration le 8 janvier 2026 avec 28 voix sur 33, la chercheuse succède à Gilles Roussel, premier président de cette université issue d’un modèle expérimental créé en 2020. Cette nomination marque une forme de continuité interne, Corinne Blanquart appartenant à l’équipe dirigeante depuis la création de l’établissement.
Une spécialiste des transports et de l’économie circulaire
Directrice de recherches classe exceptionnelle et docteure en économie, Corinne Blanquart a construit l’essentiel de sa carrière scientifique autour des enjeux de transport, de logistique et, plus récemment, d’économie circulaire. Ses travaux s’inscrivent dans des problématiques directement liées aux mutations urbaines et territoriales, au cœur de l’identité scientifique de l’Université Gustave Eiffel.
Avant la création de l’université, elle a exercé des responsabilités de direction au sein de plusieurs organismes de recherche structurants dans le champ des mobilités et de l’aménagement. Elle a notamment dirigé un laboratoire puis un département à l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS). Elle poursuit ensuite ces fonctions à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), où elle prend également la responsabilité d’un site devenu, lors de la création de l’université en 2020, le campus de Lille de l’Université Gustave Eiffel.
Cette trajectoire illustre le rapprochement progressif entre recherche scientifique, expertise publique et formation académique qui a présidé à la naissance de l’établissement. L’Université Gustave Eiffel se distingue en effet par son positionnement centré sur l’étude des villes et des territoires durables, croisant ingénierie, sciences sociales et politiques publiques.
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Une figure de la construction institutionnelle de l’université
Corinne Blanquart rejoint l’équipe de présidence dès janvier 2020, au moment de la création de l’université, en tant que vice-présidente en charge des projets transformants et de la mission sociétale. À ce poste, elle coordonne notamment les projets financés dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA) et de France 2030, dispositifs devenus centraux dans la stratégie de développement des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
En janvier 2022, elle est nommée première vice-présidente, fonction qui la place au cœur des orientations stratégiques de l’université. Son accession à la présidence s’inscrit ainsi dans la continuité du projet institutionnel engagé depuis la création de l’établissement, tout en ouvrant une nouvelle phase liée à son changement de statut récent.
L’Université Gustave Eiffel, désormais grand établissement, dispose d’une organisation nationale reposant sur plusieurs implantations territoriales. Cette structuration multi-site constitue à la fois un levier de développement et un défi de coordination académique et administrative, dans un contexte de concurrence accrue entre universités françaises et européennes.
Consolider un modèle tourné vers les politiques publiques et l’international
Dans les orientations qu’elle fixe pour son mandat, Corinne Blanquart revendique une continuité stratégique assortie d’ajustements destinés à valoriser les spécificités de l’établissement. Elle met notamment en avant la dimension nationale de l’université et la diversité de ses ancrages territoriaux, considérés comme des atouts pour renforcer l’appui scientifique aux politiques publiques. L’établissement entretient en effet des liens étroits avec les acteurs socio-économiques et institutionnels intervenant dans les domaines de l’aménagement, des mobilités, de la transition écologique ou encore de l’ingénierie urbaine.
Le développement international constitue également un axe prioritaire, en particulier à travers l’alliance européenne d’universités PIONEER, qui vise à structurer des coopérations académiques renforcées à l’échelle du continent. Cette dynamique répond aux orientations nationales encourageant l’intégration européenne de l’enseignement supérieur et la mise en réseau des établissements autour de grands défis sociétaux.
La nouvelle présidente insiste aussi sur les missions de service public portées par l’université, qu’elle souhaite placer au cœur du projet institutionnel. Elle porte également une attention à l’organisation interne qui intervient dans un contexte où les universités issues de regroupements récents poursuivent encore leur stabilisation administrative et académique. Pour l’Université Gustave Eiffel, l’enjeu consiste désormais à consolider son modèle après la phase de construction institutionnelle, tout en affirmant sa visibilité scientifique et internationale.














