De la première année au master, CY Cergy Paris Université reconfigure son offre pour mieux accompagner des trajectoires étudiantes plus diverses, renforcer la professionnalisation et intégrer les grandes transitions écologiques, numériques et sociales.
Accueillir des publics plus divers sans renoncer à l’exigence académique. C’est l’équation à laquelle CY Cergy Paris Université entend répondre avec une refonte de son offre de formation, engagée du premier cycle jusqu’au master. L’université, devenue Grand Établissement en 2025, inscrit ce chantier dans une stratégie plus large de transformation, au moment où les établissements publics sont confrontés à des attentes croissantes en matière d’orientation, de réussite et d’insertion professionnelle.
L’établissement, créé en 1991, accueille aujourd’hui près de 26 000 étudiants, dont 14 000 en premier cycle, 2 900 alternants et près de 4 000 étudiants internationaux. Son positionnement pluridisciplinaire repose sur un ensemble d’écoles, d’instituts et de graduate schools couvrant aussi bien les sciences et technologies que le droit, les sciences politiques, l’éco-gestion, les arts, le design, les humanités, les langues et l’éducation. Membre de l’alliance européenne EUTOPIA, CY poursuit en parallèle son ouverture internationale.
« Les universités publiques font aujourd’hui face à un double défi : accueillir des publics de plus en plus divers tout en garantissant à chacun des conditions de réussite réelles. À CY, nous avons fait le choix d’assumer cette diversité et de repenser notre offre de formation pour qu’elle soit plus lisible, plus accompagnante et plus connectée aux enjeux contemporains », souligne Fabrice Goubard.
La première année comme moment décisif
Le point de départ de cette transformation se situe en première année, un moment que l’université présente comme déterminant dans la construction des parcours. L’enjeu n’est plus seulement de mesurer la réussite à l’aune de la validation académique. Il s’agit aussi de permettre à chaque étudiant de confirmer un choix, d’en changer ou d’affiner progressivement son projet.
Cette approche se traduit d’abord par une rentrée remaniée. Aux amphithéâtres traditionnels s’ajoute désormais un accueil en petits groupes, organisé sous la forme d’un jeu de piste à travers le campus. L’objectif affiché est double : créer du lien dès les premières heures et limiter les risques d’isolement. Les enquêtes conduites après la rentrée ont, selon l’université, montré un effet positif immédiat sur le sentiment d’appartenance et sur l’intégration des étudiants.
En amont même de l’arrivée sur le campus, un passeport étudiant numérique doit entrer en service à la rentrée 2026, en partenariat avec Université Côte d’Azur. Cet outil est pensé pour familiariser les futurs inscrits avec les codes de l’université, la méthodologie de travail attendue et les choix d’orientation qui s’offrent à eux. Dans le même esprit, CY développe des passerelles de réorientation pour permettre à des étudiants de bifurquer sans repartir de zéro.
« Réussir sa première année à l’université ne signifie pas toujours valider tous ses examens. Pour certains étudiants, réussir, c’est comprendre ce qui leur convient et trouver leur voie. Notre responsabilité est de créer un cadre qui permette ces trajectoires sans les pénaliser », rappelle Bruno Fiorio.
Trois parcours pour structurer le premier cycle
La refonte du premier cycle repose désormais sur une organisation en trois grandes familles de parcours. La première regroupe les licences disciplinaires, conçues pour offrir un socle académique solide tout en développant des compétences transversales. La deuxième rassemble les parcours renforcés et hybrides, comme les doubles licences, les licences adossées à des diplômes universitaires ou encore la pré-ingénierie, destinés à des étudiants souhaitant approfondir plusieurs champs de savoir au prix d’un investissement académique plus soutenu. La troisième concerne les formations professionnalisantes, notamment les BUT et les licences professionnelles, qui privilégient l’apprentissage pratique et l’expérience en entreprise.
Cette architecture doit encore s’étoffer dès la rentrée 2026. CY prévoit alors de renforcer son offre de licences professionnelles accessibles directement via Parcoursup, avec l’ouverture d’un portail dédié. Le dispositif doit permettre un parcours professionnalisant dès la première année, puis une orientation progressive vers six licences professionnelles dans les domaines du commerce, du management et des services à vocation internationale.
Au-delà de cette réorganisation, l’université veut donner une base commune à l’ensemble des licences. C’est ce qu’elle appelle la « signature CY ». Tous les parcours de premier cycle intégreront ainsi trois champs de compétences transversales articulés aux apprentissages disciplinaires. Le premier porte sur la posture étudiante et citoyenne, avec l’autonomie, l’esprit critique, la méthodologie universitaire, la collaboration et la communication. Le deuxième concerne l’implication dans les transitions environnementales et sociales, en lien avec les disciplines étudiées. Le troisième vise la capacité à évoluer dans des environnements interculturels et internationaux, avec un renforcement des enseignements en langues et des dispositifs d’ouverture à l’international.
L’université précise que ces compétences, qui associent transversalité et ancrage disciplinaire, représentent une part significative des crédits ECTS en licence. Elles sont pensées comme un levier à la fois pour la poursuite d’études et pour l’insertion professionnelle.
Des masters davantage liés aux territoires et à l’emploi
La même logique irrigue le second cycle. CY compte aujourd’hui environ 3 000 étudiants en master, dont une part croissante suit sa formation en alternance. Hors INSPE, 56 % des parcours de master sont désormais accessibles en apprentissage. Cette dynamique s’appuie notamment sur la création d’un CFA interne, qui accueille 1 200 apprentis en 2025, en complément des CFA partenaires.
Les masters sont présentés comme étroitement articulés aux besoins des acteurs économiques et institutionnels du territoire. Les secteurs cités vont des transports et mobilités à la santé, en passant par le patrimoine, le numérique et le design. L’université met aussi en avant le développement de parcours interdisciplinaires et innovants, avec un accent particulier sur la féminisation de secteurs encore peu mixtes.
L’ouverture internationale constitue l’autre axe de développement du cycle master. CY annonce une offre renforcée avec des masters en anglais, des doubles diplômes et des projets de masters européens actuellement en construction. Cette orientation prolonge l’inscription de l’université dans des réseaux internationaux tout en cherchant à rendre ses formations plus lisibles dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Bon à savoir
Le projet ne repose pas sur une seule innovation mais sur une reconfiguration d’ensemble, depuis l’accueil des primo-entrants jusqu’aux débouchés du master. Dans un paysage universitaire soumis à des attentes croissantes de personnalisation et d’employabilité, l’établissement francilien tente ainsi de redéfinir ce que former veut dire, au-delà de la seule transmission disciplinaire.













