L’institut prévoit une diminution de 65.000 postes en alternance d’ici fin 2025. La raison ? La baisse du soutien public et une durcissement des politiques de l’emploi.
Dans une note de conjoncture publiée jeudi 11 septembre, l’institut de statistiques alerte sur le risque d’une diminution des postes dans les six mois à venir.
Une baisse radicale des aides aux entreprises
En janvier 2025, près de 1 037 200 personnes étaient en contrat d’apprentissage, selon les statistiques officielles. L’apprentissage remporte un succès retentissant depuis plusieurs années. Le modèle de la formation ? L’étudiant travaille au sein d’une entreprise tout en préparant un diplôme. Pourtant depuis juillet 2025, l’État a mis en place plusieurs mesures qui risquent d’entraîner une réduction des contrats d’apprentissage. « L’effet du durcissement des politiques de l’emploi se matérialiserait en fin d’année : l’emploi en alternance, pour lequel l’essentiel des embauches ont lieu en septembre, se retournerait d’ici la fin de l’année avec 65.000 postes d’alternants détruits en six mois », peut-on lire dans la note de conjoncture.
Parmi les mesures, une diminution importante des aides aux entreprises qui embauchent des alternants. Les entreprises devront également prévoir un reste à charge obligatoire d’une valeur de 750 euros. Le but est désormais qu’elles participent au coût pédagogique des contrats des apprentis qui préparent un diplôme bac+3 ou plus.
Une alternative économique
Entre 2017 et 2024, le nombre de contrats d’alternance signés par des jeunes a triplé, dépassant 870.000 en 2024. En 2023, l’État a consacré 16,5 milliards d’euros pour l’alternance. Avec cette diminution importante des postes d’alternances, l’Insee souligne que « l’emploi dans le secteur privé reculerait en 2025 (-51.000 sur l’ensemble de l’année), notamment du fait de l’alternance » tandis que, « après des hausses annuelles ininterrompues depuis 2019, l’emploi public se stabiliserait, sous l’effet de la raréfaction des emplois aidés ».
Concernant le marché de l’emploi, l’Insee souligne également que « les craintes sur le chômage culminent au plus haut depuis dix ans (hors crise sanitaire), alors même que l’emploi résiste et que le chômage n’augmenterait que légèrement d’ici la fin de l’année, à 7,6 % » de la population active. Au deuxième trimestre 2025, le taux de chômage en France au sens du Bureau international du Travail (BIT) s’établissait à 7,5%. L’Insee note enfin que « la France compte 140.000 actifs supplémentaires en un an, principalement sous l’effet de la réforme des retraites ».












