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PST&B lance CELIA, un indicateur pour mesurer l’impact de l’IA sur les compétences et l’employabilité

6 Min. de lecture
PST&B annonce le lancement de CELIA

Fondée en 2022, la Paris School of Technology & Business veut accélérer sur l’IA, l’international et la formation continue. Le 25 mars, l’école a dévoilé CELIA, un indicateur destiné à mesurer l’impact de l’intelligence artificielle sur les compétences et l’employabilité.

Trois ans après sa création, la Paris School of Technology & Business veut clarifier sa place dans le paysage de l’enseignement supérieur. Réunie le 25 mars à Paris pour une conférence de presse, l’école, fondée en 2022 à l’initiative de Galileo Global Education et dirigée par Armand Derhy, a dressé un premier bilan de développement tout en réaffirmant sa ligne de conduite : former des profils capables de naviguer entre technologie et business, du BTS au MBA, dans un contexte où l’intelligence artificielle redessine déjà les métiers. L’établissement indique accueillir aujourd’hui plus de 400 étudiants.

Le positionnement revendiqué repose sur une hybridation des compétences. Tous les programmes intègrent des modules d’intelligence artificielle, de cybersécurité et de réalité virtuelle, avec l’idée de former des « Tech Leaders » aptes à évoluer dans des environnements numériques mouvants. À travers cette conférence, l’école a aussi cherché à inscrire ce projet dans un moment plus large de recomposition du secteur, marqué à la fois par la pression démographique, la régulation croissante de l’enseignement supérieur privé et les questions d’insertion professionnelle.

Une école qui mise sur l’hybridation et l’international

Le pari de PST&B se lit d’abord dans son déploiement géographique. « 90 % de la croissance des effectifs étudiants dans le monde à l’horizon 2035 se jouera en Asie et en Afrique », explique Armand Derhy. L’école a donc bâti, dès son lancement, une stratégie d’internationalisation reposant sur des programmes délocalisés de bachelor, mastère et MBA, dont la dernière année se déroule sur le campus parisien. Proposés en français comme en anglais, ces cursus sont déjà implantés en Thaïlande, en Inde, au Vietnam, à l’Île Maurice et au Sénégal. Deux ouvertures supplémentaires sont annoncées en Guyane et en Martinique.

Cette dynamique a déjà un effet visible sur le recrutement. En 2026, les étudiants internationaux représentent plus de 30 % des effectifs de l’école. Pour un établissement encore jeune, ce chiffre dit quelque chose de son ambition : ne pas s’adresser uniquement au marché français, mais articuler une promesse académique et professionnelle capable d’attirer des publics variés, du post-bac à la formation continue.

Sur ce second terrain, PST&B développe aussi des formats plus courts. L’école déploie en France des bootcamps de un à trois mois ainsi que des programmes d’un an, parmi lesquels un Tech MBA et un MBA AI for Business. Ces formations visent des professionnels qui souhaitent se renforcer sur les usages de l’intelligence artificielle tout en conservant un ancrage métier, qu’il s’agisse du marketing, de la finance, des ressources humaines ou de l’éducation.

Autre levier avancé par l’école, celui des doubles diplômes. PST&B affirme avoir noué plusieurs partenariats en France avec l’Université Paris-Est Créteil, la formation continue de Panthéon-Sorbonne, Excelia et 3IL Ingénieurs. L’objectif affiché est double : offrir à ses étudiants des diplômes reconnus académiquement, tout en donnant aux étudiants des établissements partenaires un accès à l’expertise technologique développée par l’école.

CELIA, un nouvel outil pour lire l’effet réel de l’IA

Le temps fort de la conférence portait toutefois sur l’intelligence artificielle et ses effets sur l’emploi. Armand Derhy a choisi d’ouvrir cette séquence avec une série de comparaisons frappantes. « Le saviez-vous ? La valorisation financière de Nvidia est supérieure au PIB du Japon, et celle de Microsoft dépasse celui de la France. Une étude de la Coface révélait la semaine dernière que près de 5 millions d’emplois en France seraient impactés par l’IA. Mais qu’entend-on réellement par “impactés par l’IA” ? », interroge-t-il.

C’est à cette question que PST&B entend répondre avec ELIA, son laboratoire de recherche, et surtout avec CELIA, un indicateur destiné à distinguer ce qui relève de la transformation des compétences de ce qui touche à l’employabilité. L’outil se veut français dans sa conception comme dans ses données. Il croise 25 secteurs de métiers, 1 584 métiers analysés et 39 509 formations Parcoursup, avec l’objectif de proposer une lecture jugée plus réaliste des transformations en cours.

L’indicateur repose sur une double entrée. Un score proche de 1 signale une transformation forte, quand un score proche de 0 renvoie à un impact plus limité à ce stade. Surtout, CELIA ne prétend pas annoncer la disparition mécanique des métiers. « L’enjeu immédiat n’est pas la disparition uniforme des métiers, mais une hiérarchisation des secteurs où l’adaptation des compétences devient urgente », explique Linda Belkassa, enseignante-chercheuse à PST&B et à l’origine de cette étude.

Les premiers enseignements présentés par l’école vont dans ce sens. Les transformations les plus fortes concernent, selon elle, les activités riches en information, en coordination, en documentation, en relation client et en production de contenus. À l’inverse, les secteurs les moins touchés aujourd’hui ne seraient pas « protégés » par nature, mais plus résistants parce que leur cœur d’activité reste davantage ancré dans le terrain ou dans la responsabilité opérationnelle. L’école souligne également que l’informatique et la communication apparaissent comme les secteurs les plus exposés, avec un niveau d’impact presque trois fois supérieur à celui du secteur le moins touché, l’industrie alimentaire.

CELIA doit désormais être mis à disposition des élèves et étudiants qui finalisent leurs choix sur Parcoursup ou Mon Master. Un site dédié, IA-Sup, doit être accessible au public à compter du 15 avril. Pour PST&B, l’enjeu n’est donc pas uniquement académique. Il touche aussi à l’orientation, dans un moment où les futurs étudiants cherchent à comprendre quels secteurs se transforment vite, lesquels recrutent, et quelles compétences deviennent réellement décisives.

Une lecture de l’IA pensée pour l’orientation et l’insertion

L’école accompagne ce lancement d’une note de synthèse sur l’IA et l’emploi, fondée sur neuf études, quatre sources contextuelles et une revue de presse. Le document insiste sur une idée simple : les travaux disponibles ne disent pas tous la même chose parce qu’ils ne mesurent pas la même réalité. Certains portent sur le volume d’emplois, d’autres sur la productivité. Confondre les deux, soutient PST&B, brouille le débat.

Quelques chiffres résument cette ligne de lecture. La note rappelle qu’en France, jusqu’à 5 millions d’emplois pourraient être menacés d’ici 2030 selon Coface et OEM. Elle souligne aussi une baisse de 14 % des embauches chez les 22-25 ans dans les métiers exposés, à partir de données Anthropic de 2026, ainsi qu’une possible obsolescence ou réinvention de 57 % des compétences d’ici la fin de la décennie selon IBM et Oxford Economics. Dans le même temps, d’autres études citées par l’école montrent des gains de productivité significatifs, avec par exemple une amélioration de 40 % de la qualité des consultants équipés d’outils d’IA dans certaines tâches.

Bon à savoir

L’école affirme intégrer l’IA dans 100 % de ses cursus, non comme un module isolé, mais comme un réflexe professionnel. L’évaluation, elle aussi, serait repensée autour de la collaboration entre humain et machine, ainsi que du jugement critique. Une enquête IBM mobilisée dans cette réflexion indique d’ailleurs que 67 % des dirigeants placent désormais l’adaptabilité, la résolution de problèmes et l’esprit critique devant les compétences purement techniques.

Reste à savoir si cette promesse pédagogique suffira à distinguer durablement l’école dans un secteur devenu très concurrentiel. PST&B, elle, assume un cap. « PST&B n’a pas seulement pour ambition de suivre le monde qui change : nous voulons le préparer et le façonner. Nos étudiants seront prêts à inventer les métiers de demain et à transformer l’intelligence artificielle en un moteur concret de réussite », conclut Armand Derhy.

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