SKEMA Grande École Business School, excellence internationale, classement FT 2025, campus mondiaux.École SKEMA : campus international moderne, excellence académique et étudiants en conversation.

À l’École du Louvre, l’art de donner combat la précarité étudiante

4 Min. de lecture
Claire Barbillon, directrice de l'École du Louvre.
© Florence Brochoire

Une campagne de financement participatif qui a récolté 126 000 euros, des étudiants qui passent de 56 % à 73 % de réussite grâce à un logement adapté : l’École du Louvre prouve qu’il est possible de transformer l’égalité des chances en égalité dans la réussite.


Eya travaillait tous les week-ends, même les jours fériés, pour survivre à Paris. Étudiante en master 1 à l’École du Louvre, boursière du Crous échelon 2, elle jonglait entre un emploi de novembre à mars et un mémoire exigeant. « C’était compliqué de gérer le temps de travail, le mémoire et les cours », témoigne-t-elle. « Sans repos. »

Son histoire illustre parfaitement la réalité que Claire Barbillon, directrice de l’École du Louvre, a découverte progressivement : « Quand j’ai pris mes fonctions il y a huit ans, il y avait encore une image un peu clichée qui collait à la peau de l’école, comme école privilégiée. Je me suis rendu compte qu’il y avait 30 % de boursiers sur critères sociaux, ce qui n’est pas rien quand on croise cette proportion avec celle des 70 % de nos élèves dont les familles ne résident pas en Île-de-France. »

La précarité étudiante à l’École du Louvre revêt mille visages. Des situations d’urgence de plus en plus fréquentes depuis le Covid : étudiants qui « logent dans des conditions à la limite de l’insalubrité, qui économisent sur leur chauffage, sur la nourriture », rapporte Claire Barbillon.

Pour Eya, le quartier du Louvre amplifiait ces difficultés : « Le quartier est aussi beau que cher, niveau alimentation, et sans restaurant Crous à moins de 20 minutes. Je faisais partie de ces élèves qui se nourrissaient en priorité avec ce repas à 1€ du Crous. »

Face à ce constat, l’École du Louvre a innové. Après avoir créé un fonds de dotation en 2020, l’établissement a lancé une campagne de financement participatif qui a dépassé toutes les espérances : 126 000 euros récoltés avec plus de 600 contributeurs.

Cette aide a transformé la vie d’Eya. D’abord une bourse d’urgence de 400 euros pour une facture EDF impayée, puis une bourse de recherche de 4 000 euros du Crédit Agricole. « Cette bourse fut un vrai soulagement, me permettant de ne pas reprendre un travail d’avril à septembre et de me consacrer enfin à 100 % à mes études. »

L’impact de ces initiatives dépasse les témoignages individuels. La « Maison des Élèves », résidence de 50 places créée en partenariat avec des religieuses dominicaines pour accueillir les primo-arrivants, en est la preuve chiffrée. « Cette année, les résultats de première année montrent une réussite à 56 % en moyenne, mais ceux qui habitaient la maison ont réussi à 73 % », se félicite Claire Barbillon.

L’école propose trois types de bourses : vie, mobilité et recherche. « Parfois, il ne faut pas grand-chose », explique la directrice. « Un stage intensif d’une semaine, c’est exactement 300 à 400 euros. Il y a des élèves qui ne peuvent pas. Le fait qu’on puisse leur donner ce type de bourse, ça déclenche quelque chose. »

À LIRE AUSSI

Contexte social-culturel : un frein majeur à l’égalité des chances
“Réconciliations” : les parents d’élèves au cœur d’une méthode pédagogique créée par deux professeurs

Cette expérience marque profondément les bénéficiaires. Eya, qui envisage de devenir conservatrice du patrimoine, en témoigne : « Je ne pensais pas qu’on atteindrait 126 000€ de cagnotte ! Je sais qu’à l’avenir, j’essaierai d’aider à mon échelle les étudiants qui seront mes futurs collègues. »

Pour Claire Barbillon, l’enjeu dépasse l’aide individuelle : « En créant une bourse pour aider un élève de l’École du Louvre, on lui permet de transformer l’égalité des chances en égalité dans la réussite. Cette réussite est évidemment productive pour le pays. » Car derrière ces futurs professionnels se cache un enjeu économique : « La France restera un pays extrêmement attractif du point de vue de son patrimoine. Pour que cette attractivité s’exerce, il faut des jeunes bien formés pour être les médiateurs de demain. »

Le message d’Eya aux donateurs résume l’esprit de cette initiative : « Aider les étudiants est un bel acte d’égalité des chances. Le talent et l’ambition ne devraient pas être contraints par des soucis financiers. Soutenir les étudiants précaires, c’est leur offrir des conditions dignes, ce qui ne devrait pas être un simple droit, mais une nécessité. »

La campagne reste ouverte jusqu’au 31 décembre, avec des contributions possibles à partir de 5 euros. Une preuve que l’art de donner peut, lui aussi, s’apprendre et se démocratiser.

AI Summary

NOTRE RÉSUMÉ EN

5 points clés

PAR L'EXPRESS CONNECT IA

(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : À l’École du Louvre, l’art de donner combat la précarité étudiante.

  • Une précarité étudiante bien réelle

    Loin des clichés, 30 % des étudiants de l’École du Louvre sont boursiers et nombreux viennent de régions éloignées. Beaucoup font face à des conditions de vie difficiles, aggravées par l’absence de restaurants universitaires à proximité.

  • Un financement participatif innovant

    L’École du Louvre a levé 126 000 euros grâce à une campagne de financement participatif, soutenue par plus de 600 donateurs. Ces fonds permettent d’attribuer des aides d’urgence, des bourses de recherche et des soutiens à la mobilité.

  • Un logement adapté, facteur de réussite

    Les étudiants logés dans la « Maison des Élèves », une résidence étudiante créée en partenariat avec des religieuses, affichent un taux de réussite de 73 % en première année, contre 56 % pour la moyenne générale.

  • Un impact direct sur les parcours

    Ces aides financières permettent aux étudiants de se concentrer sur leurs études sans cumuler d’emplois précaires. Elles ouvrent aussi des opportunités de stages ou de formations habituellement inaccessibles faute de moyens.

  • Un cercle vertueux pour l’avenir

    La solidarité étudiante s’installe durablement : les bénéficiaires d’aujourd’hui, comme Eya, souhaitent eux-mêmes contribuer plus tard. L’École du Louvre montre qu’aider les étudiants précaires, c’est aussi investir dans l’avenir du patrimoine et de la culture française.

Vous aimerez aussi !
Allée de bibliothèque bordée de rayonnages remplis de livres, silhouette détudiant au loin.
CVEC : qu’est-ce que la contribution de vie étudiante et de campus ?

Au moment de s’inscrire dans l’enseignement supérieur, presque tous les ...

4 Min. Bachelors, Masters, Orientation

Collaboration ordinateur au café : deux personnes en réunion productive autour dun portable.
Rémunération en master en alternance : combien toucher selon son contrat ?

Se former en entreprise tout en étant payé, c’est la ...

5 Min. Formations, Masters

Pourquoi les masters sont-ils de plus en plus sélectifs ?

Obtenir une licence ne garantit plus de trouver une place ...

8 Min. Formations, Masters, Stage et alternance

Universités vs grandes écoles, la fin d'une dualité ?
Master à l’université, en IAE ou en école de commerce : quelles différences en voie commerciale ?

Après une licence, un BUT ou un bachelor, faut-il poursuivre ...

10 Min. Écoles post-prépas, Formations, Masters, Mon Master

master en finance
Classements des masters : comment les lire et les comparer ?

Un master classé troisième est-il nécessairement meilleur qu’un programme arrivé ...

8 Min. Masters, Mon Master

Qu’est-ce qu’un magistère ?

Le magistère appartient à ces cursus que le grand public ...

7 Min. Masters, Mon Master

Deux lecteurs feuilletant des livres dans une bibliothèque aux rayonnages remplis.
CPGE littéraires : quelles filières choisir après le bac ? A/L, B/L, Chartes et Saint-Cyr

Choisir une prépa littéraire ne revient pas seulement à choisir ...

11 Min. Concours BCE, Concours Ecricome, Prépas

Les différentes options de prépa littéraire.
BEL : tout savoir sur la Banque d’Épreuves Littéraires

Passer les concours des ENS sans limiter son avenir aux ...

7 Min. Concours BCE, Concours Ecricome, Écoles post-prépas, Masters, Prépas

La rémunération de stage n'est pas obligatoire en dessous de 2 mois.
Stage de fin d’études en master : durée, gratification, recherche

Le stage de fin d’études peut servir de dernière épreuve ...

11 Min. Masters, Mon Master, Monde du travail, Premier emploi, Stage et alternance

Ce que représente le programme Erasmus +.
Erasmus en master : bourses, démarches et destinations

Un semestre à Madrid, une année à Oslo ou un ...

12 Min. Finances, Masters, Partir à l'étranger

Double diplôme en master : fonctionnement, sélection et choix

Un double diplôme en master permet-il réellement d’obtenir deux diplômes ...

10 Min. Écoles post-prépas, Formations, Masters, Partir à l'étranger

Remise de diplômes : procession détudiants en toges noires et capes rouges.
Frais de scolarité en master : de 254 euros à plus de 20 000 euros par an

Entre un master préparé à l’université et un master en ...

5 Min. Formations, Masters, Orientation