Selon le Baromètre Jeunes et le Travail de Nomad Education et du Groupe Actual (2024), 61 % des jeunes veulent exercer un métier qui a du sens, aussi bien pour eux-mêmes que pour la société. Mais derrière cette aspiration partagée se cache une génération aux motivations bien plus nuancées.
« Pour moi, mon métier trouvera du sens si je sais que je serai là pour innover pour le monde de demain, pour répondre aux besoins de la société. » Iris, étudiante ingénieure à l’EPF, incarne cette jeunesse en quête de sens. Mais il suffit de parler à quelques étudiants pour constater qu’elle est loin d’être monolithique. Entre ambitions personnelles, aspirations collectives et lucidité assumée, ils dessinent un paysage contrasté des motivations professionnelles.
L’innovation comme boussole
Pour Iris, le choix de l’école d’ingénieurs s’est imposé comme une évidence : « C’est une voie qui permet d’apporter au monde de demain. On va être là pour innover, pour construire, s’adapter aux changements de la société. » Au-delà de l’aspect technique, c’est la notion d’engagement qui structure son projet : « Ce qui donne du sens à mon futur métier, c’est de m’engager au service de mon pays. »
Même élan chez Calixte, étudiant à l’ESEC, école de cinéma. « Pouvoir participer à la création de ce qui pourrait inspirer les autres, l’imaginaire ainsi que les défis de l’humanité », voilà ce qui le porte. « Inspiré par tout mais spécialiste de rien », il assume avoir « perdu » son temps à imaginer des histoires pour émouvoir les gens. Aujourd’hui, ce qui le motive le plus, ce sont « les gens que je rencontre, ceux avec qui je peux travailler ». Et l’étudiant ne se contente pas des cours : « Je passe le plus de temps possible à faire des projets en dehors de l’école et les festivals ne manquent pas ! »
L’échange culturel comme vocation
Inès, étudiante en International Hospitality Management à l’Institut Lyfe et l’emlyon, trouve son sens dans une autre forme d’impact : celui de la rencontre. « L’hôtellerie permet une rencontre authentique avec l’autre. Ce métier offre la possibilité d’accueillir des personnes venues de partout, chacune portant une histoire. En retour, nous partageons le meilleur de notre culture », explique-t-elle. Pour elle, « c’est cette réciprocité qui rend ce métier profondément vivant et porteur de sens », tout en participant à « préserver ce patrimoine tout en le modernisant ».
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Entre curiosité intellectuelle et performance
François, à Sciences Po, ne cache rien de son parcours dans une famille où « tu ne peux pas ne pas faire d’études ». Mais au-delà des attentes familiales, c’est une véritable curiosité qui l’a guidé vers l’économie : « J’ai toujours aimé comprendre comment les choses fonctionnaient et être capable d’apporter des explications rationnelles sur des choses qui ne le sont pas. »
La finance l’attire aussi pour des raisons pragmatiques – « ça paie très bien » – et pour un environnement stimulant : « C’est le côté de se dire je travaille en finance pour être au sommet de ce qui se fait pour les gens de ma catégorie. Une notion de performance. » Une vision qu’il étend à sa génération : « On est une génération ultra individualiste, plus transactionnelle. Une culture du deal que les autres générations n’avaient pas. »
L’indépendance comme horizon
Swathie, en Master in Management à l’emlyon, vise la banque d’investissement. « Très jeune, je rêvais de devenir milliardaire », sourit-elle, « mais j’ai compris que mes motivations allaient au-delà de l’argent. Ce qui compte avant tout pour moi, c’est l’indépendance, la liberté de décider de ma vie, de soutenir les personnes que j’aime, d’aider les plus vulnérables, d’agir selon mes valeurs et, un jour, d’offrir une meilleure qualité de vie à la génération suivante. »
Elle assume pleinement l’aspect financier : « Je veux un confort suffisant pour vivre pleinement mes passions et ma liberté. » Mais Swathie y voit aussi une dimension collective : « J’entre dans un domaine encore très masculin. L’idée de pouvoir contribuer à ce mouvement et peut-être devenir le modèle féminin que je cherchais quand j’étais plus jeune me motive énormément. »
Une génération plurielle
Loin de l’image d’une jeunesse uniforme dans sa quête de sens, ces cinq parcours révèlent des motivations aussi diverses que complémentaires. Une génération qui, finalement, se cherche autant qu’elle s’assume.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : « Donner du sens à son travail », 5 étudiants dévoilent leurs vraies motivations
Une quête de sens largement partagée, mais plurielle
Si 61 % des jeunes veulent exercer un métier utile à la société, leurs motivations sont loin d’être homogènes. Entre engagement, ambition personnelle, quête d’impact ou recherche de stabilité, la génération étudiante se révèle multiple.
L’innovation comme moteur pour une partie des jeunes
Pour certains, comme Iris (EPF) ou Calixte (ESEC), trouver du sens passe par la capacité à innover, créer et répondre aux défis de demain. Qu’il s’agisse d’ingénierie ou de cinéma, c’est l’idée de contribuer à transformer la société qui prime.
Le sens par la rencontre et l’ouverture culturelle
Inès, étudiante en hôtellerie internationale, associe son avenir professionnel à l’échange humain, à la transmission culturelle et à la préservation du patrimoine. Pour elle, l’impact se mesure dans la relation authentique et l’accueil.
Performance et réussite comme leviers de motivation
D’autres étudiants, comme François (Sciences Po), assument une vision plus pragmatique, compétitive et individualiste. La finance devient un terrain d’excellence, combinant rémunération, challenge intellectuel et culture de la performance.
L’indépendance comme quête essentielle
Pour Swathie (emlyon), le sens se construit autour de la liberté financière, de l’égalité et du désir d’être un modèle féminin dans un secteur encore très masculin. Son ambition mêle réussite personnelle et contribution sociale.













