Former des experts capables de penser l’IA au-delà du code : c’est l’ambition du métier d’« IAgénieur® », conçu par aivancity, école supérieure de l’intelligence artificielle et de la Data, reconnue par l’État. Entretien avec Tawhid Chtioui, son Président fondateur.
6questions à Tawhid Chtioui, président fondateur d'aivancity

Qu’est-ce qu’un IAgénieur® ?

Tawhid Chtioui : Un IAgénieur®, c’est un professionnel capable de concevoir et de déployer des solutions d’intelligence artificielle tout en tenant compte des enjeux économiques, éthiques et sociétaux. Nous avons conçu et déposé le nom il y a cinq ans. Le diplôme, reconnu par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, se prépare en cinq ans après le bac via le Programme « Grande École » d’aivancity. Contrairement aux formations classiques centrées sur l’algorithmique et le code, nous avons voulu créer un profil hybride. Dans notre école, 25 % des enseignements portent sur les sciences humaines et sociales, 25 % sur les enjeux métiers et business, et 50 % sur les technologies. Notre objectif est de dépasser la logique purement technique pour former des experts capables de penser l’IA dans ses usages réels et ses impacts sur la société.

Pourquoi est-ce essentiel de former des jeunes et des professionnels à l’IA ?

Tawhid Chtioui : Parce que tous les secteurs vont être bouleversés par cette technologie. Le marché de l’IA représente aujourd’hui 300 milliards de dollars mais on estime qu’il sera à 2 000 milliards d’ici 2030. Aucun métier n’y échappera, que ce soit dans la médecine, l’architecture, le droit, la comptabilité… Les entreprises n’ont pas seulement besoin de développeurs mais de profils capables de comprendre les logiques métiers et organisationnelles. Former des IAgénieurs®, c’est donc répondre à un enjeu de compétitivité nationale et internationale.

Quels défis sont à relever ?

Tawhid Chtioui : Le premier défi est de dissiper la confusion entre les métiers de la data et ceux de l’intelligence artificielle. Un data analyste par exemple n’est pas un IAgénieur® : il est essentiel de clarifier ces rôles pour mieux orienter les jeunes et répondre aux besoins réels du marché.
Le deuxième défi tient à l’anticipation. Si l’on continue à ouvrir massivement des filières pour des métiers menacés par l’automatisation, comme la traduction, etc, nous risquons de former des générations entières pour des emplois appelés à disparaître.
Enfin, la France doit combler un retard significatif dans l’adoption de l’IA par ses entreprises. Cet effort passera non seulement par la formation et la montée en compétences, mais aussi par la mise en place d’un cadre éthique et juridique solide, garant d’une IA de confiance au service de la société.
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Comment former à une technologie qui évolue sans cesse ?

Tawhid Chtioui : Nous avons mis en place un concept inédit que nous avons breveté : la « garantie à vie de mise à jour du diplôme ». Concrètement, nos diplômés peuvent revenir gratuitement pendant dix ans suivre les cours actualisés et valider de nouvelles compétences. Leur diplôme, dans la blockchain, est ainsi mis à jour. C’est indispensable dans un secteur où les connaissances deviennent rapidement obsolètes. La formation continue est la seule manière de rester dans la course et de sécuriser un parcours professionnel sur le long terme. Et puis, cette logique crée un véritable écosystème. Quand un diplômé revient en cours, il se retrouve aux côtés d’étudiants plus jeunes. Cela favorise les échanges, les opportunités de stages ou d’alternances, et participe à un esprit de promotion étendu dans le temps. C’est une manière de construire une communauté vivante autour de l’IA.

Quels sont les prochains usages à anticiper selon vous ?

Tawhid Chtioui : L’un des grands tournants, ce sont les « IA agentiques ». Contrairement aux IA génératives qui délivrent des réponses, ces agents autonomes seront capables d’aller plus loin et pourront exécuter les tâches de A à Z. Vous pourrez demander à une IA de réserver un voyage en précisant vos contraintes de budget et vos besoins, et elle se chargera de tout, jusqu’au paiement. Dans les entreprises, cela signifie l’automatisation massive de process répétitifs comme la gestion des mails entrants ou certaines tâches administratives. Le potentiel de productivité est énorme, mais il faudra un encadrement juridique et éthique strict pour accompagner ces usages.

Comment intégrer l’IA dans les métiers existants ?

Tawhid Chtioui : Cela doit commencer par la formation initiale avec l’intégration de modules d’enseignement d’IA dans tous les domaines (cursus de médecine, de droit, d’architecture…). C’est indispensable car on ne peut pas imaginer un médecin, par exemple, ignorer des outils de diagnostic assistés par IA.
Ensuite, il faut accompagner les entreprises dans leur transition. En France, l’effort d’investissement reste très inférieur à celui de pays comme la Chine. Pourtant, sans ce soutien, les PME et TPE ne pourront pas franchir le cap.
Enfin, il faut former les professionnels déjà en poste. L’IA doit être vue comme un levier pour supprimer des tâches à faible valeur ajoutée et libérer du temps pour ce qui fait la richesse du travail humain : le sens, la créativité, la relation.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : L’IAgénieur®, un nouveau métier de demain
Un profil hybride inédit
L’IAgénieur®, formé à aivancity, est un expert de l’intelligence artificielle qui combine compétences techniques (50 %), sciences humaines (25 %) et business (25 %). L’objectif : dépasser le code pour intégrer éthique, usages et impacts sociétaux.
Un enjeu économique majeur
Le marché mondial de l’IA, estimé à 300 milliards de dollars aujourd’hui, pourrait atteindre 2 000 milliards d’ici 2030. Tous les métiers seront concernés, du droit à la médecine en passant par l’architecture.
Des défis à relever
Clarifier les rôles entre data et IA, anticiper la disparition de certains emplois menacés par l’automatisation, et combler le retard français dans l’adoption de l’IA par les entreprises.
Une formation évolutive
Aivancity propose une « garantie à vie de mise à jour du diplôme », permettant aux anciens élèves de revenir suivre gratuitement des cours actualisés pendant dix ans, afin de rester compétitifs.
Les usages à venir
L’émergence des IA « agentiques », capables d’exécuter des tâches complexes de bout en bout (ex. réservation de voyage), ouvre la voie à une automatisation massive. Mais elle pose de forts enjeux éthiques et juridiques.















