Derrière un générique de film ou d’une émission de télévision, ce ne sont jamais deux ou trois personnes qui ont travaillé, mais parfois plusieurs dizaines. L’audiovisuel fascine par ce qu’il donne à voir, tourner, monter, faire vivre une histoire à l’écran, mais le travail qui y mène reste largement invisible, réparti entre plusieurs dizaines de métiers différents. En voici six, qui jalonnent la fabrication d’une œuvre du premier mot écrit jusqu’à sa diffusion.
Quels sont les grands métiers de l’audiovisuel ?
| Métier | Mission principale | Formation type | Salaire indicatif |
|---|---|---|---|
| Scénariste | Écrit l’histoire et les dialogues | Bac+3 à Bac+5 (école ou master en scénario) | Droits d’auteur via la SACD, très variable |
| Réalisateur | Dirige artistiquement le tournage | Bac+3 à Bac+5 (Fémis, Louis-Lumière, autres écoles) | Environ 3000 € brut par mois en moyenne, très variable |
| Chef opérateur | Compose l’image avec le réalisateur | BTS audiovisuel option image ou école spécialisée | Variable selon le budget de la production |
| Ingénieur du son | Capte et met en forme le son | BTS audiovisuel option son ou école spécialisée | 2000 à 3000 € brut par mois en studio, confirmé |
| Monteur | Assemble les images et le son | BTS audiovisuel option montage ou école spécialisée | 1800 à 2300 € brut par mois, débutant |
| Producteur | Finance et pilote le projet | Formation en production ou en école de cinéma | Environ 4000 € brut par mois en moyenne |
Qu’est-ce qu’un scénariste ?
Le scénariste écrit l’histoire avant que quiconque ne touche une caméra, en construisant l’intrigue, les personnages et les dialogues qui serviront de base au tournage. Il travaille souvent seul dans les premières phases, puis en atelier d’écriture pour les séries, où plusieurs scénaristes se répartissent les épisodes sous la direction d’un scénariste en chef.
La formation passe le plus souvent par une école de cinéma ou un master spécialisé en scénario, bac+3 à bac+5, même si certains parcours restent plus informels, construits à force de courts métrages et de concours d’écriture.
La rémunération suit rarement la logique d’un salaire mensuel classique, elle prend la forme de droits d’auteur versés via la SACD, calculés à la commande ou à l’épisode, ce qui rend les revenus très irréguliers d’une année à l’autre.
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En quoi consiste le métier de réalisateur ?
Le réalisateur dirige artistiquement un tournage, depuis le choix des cadrages jusqu’à la direction des comédiens, en coordonnant l’ensemble de l’équipe technique autour d’une vision qu’il porte seul. Il arrive rarement à ce poste directement, la plupart des professionnels débutent comme deuxième puis premier assistant réalisateur, un passage obligé pour apprendre la gestion du plateau avant d’en prendre la responsabilité.
Les écoles publiques comme la Fémis ou l’École nationale supérieure Louis-Lumière recrutent sur concours et forment à ce métier, aux côtés d’écoles privées et de masters universitaires en réalisation.
Le salaire moyen tourne autour de 3000 euros brut par mois selon les études disponibles, mais l’écart entre un premier film et une production installée reste considérable.
Que fait un chef opérateur ?
Le chef opérateur, aussi appelé directeur de la photographie, compose l’image aux côtés du réalisateur, en choisissant la lumière, les objectifs et les mouvements de caméra qui donneront au film son identité visuelle. Il encadre une petite équipe, notamment le cadreur qui tient physiquement la caméra pendant les prises.
On y accède généralement via un BTS métiers de l’audiovisuel option image ou une école spécialisée en cinéma, avant de gravir les échelons en commençant souvent comme assistant caméra.
Sa rémunération varie fortement selon le budget de la production, un tournage publicitaire ou un long métrage à gros budget n’offrant pas les mêmes conditions qu’un court métrage ou une web-série.
Quel est le rôle de l’ingénieur du son ?
L’ingénieur du son capte, mixe et met en forme tout ce qui s’entend à l’écran, des dialogues jusqu’à l’ambiance sonore, en veillant à ce que rien ne vienne parasiter la bande son finale. Sur un tournage, il travaille avec un perchman chargé de positionner le micro au plus près des comédiens sans entrer dans le champ de la caméra.
La voie académique la plus courante reste le BTS métiers de l’audiovisuel option son, complété parfois par une école spécialisée en ingénierie sonore.
En studio, un ingénieur du son confirmé touche généralement entre 2000 et 3000 euros brut par mois, un montant qui grimpe avec la réputation du studio et la diversité des projets suivis.
Que fait un monteur ?
Le monteur assemble les images et le son captés pendant le tournage pour construire le rythme définitif de l’œuvre, un travail qui se déroule entièrement après le tournage, loin du plateau. Il collabore étroitement avec le réalisateur, qui garde le dernier mot sur les choix de montage, et peut être secondé par un étalonneur pour les couleurs et un mixeur pour le son final.
Le BTS métiers de l’audiovisuel option montage et postproduction constitue la porte d’entrée la plus fréquente.
Un monteur débutant salarié touche entre 1800 et 2300 euros brut par mois, une fourchette qui reste l’une des plus documentées du secteur.
Quelles sont les missions d’un producteur ?
Le producteur porte le financement et l’organisation d’un projet du premier jour jusqu’à sa diffusion, en réunissant les fonds nécessaires, en négociant avec les diffuseurs et en supervisant le budget tout au long du tournage. Il s’appuie sur un chargé de production et un régisseur, chargés de la logistique quotidienne du plateau.
Il n’existe pas une seule voie pour devenir producteur, certains viennent d’écoles de cinéma spécialisées en production, d’autres de formations en gestion ou en droit, avant de se former sur le terrain aux côtés d’un producteur confirmé.
Le salaire moyen s’établit autour de 4000 euros brut par mois, avec des écarts très importants selon la taille des projets menés.
Qu’est-ce que l’intermittence du spectacle ?
L’intermittence du spectacle est un régime particulier d’assurance chômage destiné aux salariés qui enchaînent des contrats courts dans le spectacle vivant et l’audiovisuel. Elle explique en grande partie pourquoi les montants évoqués plus haut, pour le monteur, l’ingénieur du son ou le chef opérateur, ne suffisent pas à décrire une réalité professionnelle complète.
Le Smic horaire s’applique bien à chaque contrat, mais les semaines sans tournage ni montage ne sont pas rémunérées, et c’est précisément ce rythme en dents de scie, plus que le montant du salaire lui-même, qui façonne la vie professionnelle de tout un secteur.
Le chef opérateur conçoit l’image avec le réalisateur et choisit la lumière et les objectifs, tandis que le cadreur exécute physiquement la prise de vue en tenant la caméra pendant le tournage.
Non, son travail se termine généralement avant le tournage, même si certains restent consultés en cas de réécriture de dernière minute pendant le montage ou le tournage lui-même.
Oui, de nombreux producteurs viennent de formations en gestion, en droit ou en école de cinéma généraliste, avant de se former concrètement aux côtés d’un producteur confirmé.
Oui, une large partie des monteurs exercent en freelance ou sous statut d’intermittent, en enchaînant les projets pour différents producteurs plutôt qu’en restant salariés d’une seule structure.















