Référencer son école

Quel est le meilleur rythme d’alternance ?

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En alternance, les étudiants doivent en permanence jouer les équilibristes entre l’entreprise et l’école. Un rythme effréné ne permettant pas toujours de répondre pleinement aux exigences des managers au travail, ni de préserver l’harmonie entre vie professionnelle et vie personnelle à laquelle aspirent les alternants.


D’après un rapport du Ministère du Travail, fin septembre 2025, 1 008 600 étudiants étaient en contrat d’apprentissage. Un nombre relativement stable par rapport aux années précédentes et qui prouvent surtout à quel point ce mode de formation est prisé. 

Bien qu’elle soit plébiscitée, l’alternance possède aussi ses inconvénients. Aujourd’hui, l’objectif pour les entreprises, comme pour les élèves, est de trouver le meilleur format possible. Pour l’Express Éducation, deux managers et une étudiante partagent leur avis.   

Avant d’entrer dans le vif du sujet, faisons un tour d’horizon des différents formats d’alternance en France. Plus de 690 800 contrats d’apprentissage ont vu le jour sur l’année 2025, et, en effet, tous n’imposent pas le même rythme entre entreprise et école aux alternants.

Un tel enseignement alterné est possible du CAP au Bac +5 : BTS, IUT, lycées professionnels, écoles d’ingénieur et de commerce proposent cette formule à leurs étudiants. Ce sont d’ailleurs les établissements eux-mêmes qui définissent le meilleur rythme d’alternance en fonction de la filière dans laquelle ils se trouvent. Un format censé être adapté aux besoins de l’école, des entreprises et de leurs élèves.     

Voici une liste non-exhaustive des cadences proposées :  3 jours / 2 jours, 4 jours / 1 jour, 2 semaines / 1 semaine, 3 semaines / 1 semaine ou encore 1 mois / 1 mois. Les étudiants, peu importe leur cursus, passent donc généralement plus de temps en entreprise qu’en cours. Mais ils doivent toutefois prendre conscience que leur rythme est pris très au sérieux par les recruteurs. « Certains étudiants peinent à trouver une alternance à cause de leur trop faible présence en entreprise », souligne Théau Sigwald, cofondateur de la Nouvelle École. 

Effectivement, le rythme d’alternance fait parfois pencher la balance de décisions des entreprises en faveur d’un étudiant ou d’un autre. « On hésitait entre deux candidates : l’une était sur une cadence 3 semaines / 1 semaine qui nous convenait mieux et la seconde sur du 3 jours / 2 jours », témoigne Rachel, manager chez Fashion Business Consulting. « C’est dommage parce que l’étudiante qu’on a refusée était notre coup de cœur au départ. Son rythme nous a malheureusement refroidi, il n’était pas optimal vis-à-vis de notre suivi client », ajoute-t-elle. 

Un sentiment similaire à celui ressenti par le fondateur de la Nouvelle École. « Le premier critère à l’embauche pour les alternants, c’est leur rythme. Par exemple, les étudiants qui alternent 1 semaine en entreprise / 1 semaine à l’école, on ne les reçoit même pas en entretien, on sait d’avance qu’on ne les prendra pas », appuie-t-il. 

Les alternants n’ont pas les cartes en main et subissent parfois leur rythme. « Pendant notre année d’alternance, on a un voyage de quatre semaines à réaliser à l’étranger. Sans surprise, les employeurs ont du mal à comprendre pourquoi ils doivent nous payer alors qu’on est absents sur une longue période », constate Morgane en master 2 à Magnum Institute et en poste chez Agamy, une cave coopérative.

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Pour les élèves aussi, les périodes d’alternance ne sont pas toujours idéales. « Cette année, j’étais à l’école pendant le beaujolais nouveau, qui a lieu le troisième jeudi de novembre », déclare l’étudiante travaillant dans le secteur des vins et spiritueux. En parallèle, Morgane déclare que son rythme présente également des désavantages pour son insertion scolaire et sociale. « Parfois, on passe plus d’un mois de suite au bureau. On se voit rarement entre étudiants en dehors des voyages, donc c’est compliqué de créer du lien », atteste-elle. 

Le format parfait n’existe sans doute pas et les avis divergent en fonction des profils d’étudiants et du secteur dans lequel sont les entreprises, mais pour Morgane le choix est clair : « je suis dans le service communication de ma boîte avec un rythme 3 semaines / 1 semaine mais je préfèrerais faire 3 jours / 2 jours », explique-t-elle. « Je serais moins perdu si j’avais un battement toutes les semaines plutôt que d’être en entreprise ou en cours sur des longs blocs de temps. Se remettre dans le bain après une grande période d’absence, c’est compliqué », s’exprime-t-elle.  

Quel est le meilleur format d’alternance ? Une question à laquelle tentent de répondre toutes les entreprises en recherche d’étudiants salariés. « Pour notre organisation, on anticipe bien mieux si l’alternant est absent une semaine par mois plutôt que deux jours chaque semaine. Le meilleur rythme, c’est 3 semaines / 1 semaine ou cela serait 3 mois / 1 mois imaginons », opine Rachel. 

Chacun son rythme favori. Le cœur de Théau, lui, balance entre les fameuses 3 semaines / 1 semaine et les 4 jours / 1 jour. Mais pour les alternants au sein de son équipe commerciale, pas de doute : « pour le suivi client, je préfère avoir un commercial qui est absent tous les vendredis de l’année – jour où l’activité est moins intense – plutôt qu’une absence répétée pendant une semaine ou deux tous les mois », conclut-il. 

AI Summary

NOTRE RÉSUMÉ EN

5 points clés

PAR L'EXPRESS CONNECT IA

(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : quel est le meilleur rythme d’alternance entre école et entreprise.

  • L’alternance, un modèle plébiscité mais exigeant

    Avec plus d’un million d’apprentis en France fin 2025, l’alternance s’impose comme une voie majeure de formation du CAP au Bac+5. Mais jongler entre exigences académiques, contraintes professionnelles et équilibre personnel reste un défi pour de nombreux étudiants.

  • Une grande diversité de rythmes selon les écoles

    3 jours/2 jours, 4 jours/1 jour, 3 semaines/1 semaine ou 1 mois/1 mois… Les formats d’alternance varient fortement selon les établissements et les filières. Dans tous les cas, les alternants passent majoritairement plus de temps en entreprise, un point scruté de près par les recruteurs.

  • Le rythme, critère décisif pour les entreprises

    Pour de nombreux employeurs, la cadence d’alternance pèse lourd dans la décision de recrutement. Une présence jugée insuffisante ou trop morcelée en entreprise peut écarter un candidat, même très qualifié, au profit d’un profil au rythme plus compatible avec l’activité.

  • Des rythmes parfois subis par les étudiants

    Les alternants ont rarement la main sur leur cadence, imposée par l’école. Certains dénoncent des périodes trop longues en entreprise ou en cours, qui compliquent le suivi pédagogique, la vie sociale étudiante ou l’intégration dans l’équipe professionnelle.

  • Pas de rythme idéal, mais un équilibre à trouver

    Le « meilleur » format dépend du secteur, du poste et de l’organisation interne. Si beaucoup d’entreprises privilégient les rythmes en blocs (3 semaines/1 semaine), d’autres préfèrent une absence courte et régulière. L’enjeu clé reste l’anticipation et la cohérence entre besoins de l’entreprise et apprentissages de l’étudiant.

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