En France, la gratification d’un stage dépend de plusieurs critères : la durée, le niveau de formation, le type de stage (scolaire, étudiant, formation continue) et la convention signée entre l’établissement, l’entreprise et le stagiaire.
Depuis 2026, la gratification minimale légale est revalorisée et le cadre reste strictement encadré. Tour d’horizon du sujet !
Qu’est-ce qu’un stage étudiant ? Définition, objectifs et droits 2026
Un stage est une immersion temporaire en entreprise qui permet au stagiaire de concrétiser ses cours et de développer des compétences pratiques, dans l’objectif d’obtenir son diplôme tout en favorisant son insertion professionnelle.
Le stagiaire reçoit des missions précises, validées par son établissement et l’entreprise d’accueil, qui s’inscrivent dans le projet pédagogique de sa formation. Les stages, quant à eux, font normalement l’objet d’une restitution de la part du stagiaire et donnent lieu à l’évaluation de la part de l’établissement et à l’attribution de crédits européens (ECTS) quand c’est le cas. En outre, on parle de gratification pour un stage (celle-ci étant exonérée de charges sociales). Seul le salarié reçoit une rémunération, laquelle comprend diverses charges sociales.
Bon à savoir
Le statut de stagiaire n’est pas moins protecteur qu’un statut de salarié. Le stagiaire bénéficie des mêmes droits et protections en termes de respect, de dignité, de non-discrimination et d’interdiction au harcèlement moral ou sexuel. Le stagiaire bénéficie également des avantages accordés par le comité social et économique (CSE), appelés activités sociales et culturelles, dans les mêmes conditions que le salarié.
Quels stages sont rémunérés en France ?
Dès qu’un stage dépasse la longueur légale de 2 mois consécutifs (ou 308 heures), au cours de la même année scolaire ou universitaire, une gratification minimale obligatoire s’impose. Cette règle s’applique aux stages étudiants (université parcours LMD, école de commerce) et lycéens, hors exceptions spécifiques comme la voie professionnelle. En dessous du seuil légal, les entreprises ont toute liberté pour verser une gratification ou non.
En voie professionnelle (CAP, bac Pro), des compensations financières telles que des indemnités ou des allocations de stage sont versées par l’État. En filière professionnelle, les indemnités de stage sont versées dès le premier jour de stage effectif, sans seuil minimum de durée ou d’heures. L’entreprise peut, si elle le souhaite, ajouter en sus une gratification si le stage dépasse 2 mois.
Stage en formation continue (CPF, reconversion) : quelle gratification ?
Les stages en formation continue (CPF, reconversion, VAE, Pro-A, etc.) suivent exactement les mêmes règles de gratification que les stages étudiants : 4,50 €/h minimum dès 2 mois ou à partir de 309 heures de présence effective dans l’année. Il n’y a pas d’allocation d’État : contrairement à la voie professionnelle, c’est l’entreprise accueillant le stagiaire qui verse la gratification, sans aide publique spécifique.
Combien est payé un stagiaire en 2026 ? Montant minimum légal de la gratification par heure
Concernant la gratification des stages étudiants et lycéens, son montant légal minimum obligatoire a été revalorisé au 1er janvier 2026 à 4,50 €/h en suivant l’évolution du plafond horaire de la Sécurité sociale (15 % de ce plafond). La gratification est versée par l’entreprise qui accueille le stagiaire ; libre à cette dernière d’augmenter ou pas son montant.
Certains secteurs payent mieux grâce à des conventions collectives ou accords de branche plus généreux :
- Banque/assurance ;
- Tech/informatique ;
- Consulting/audit ;
- Industrie/aéronautique.
Certaines grandes entreprises attirent les meilleurs profils avec des primes (transports, repas) ou gratifications supérieures au plancher légal. Vérifiez la convention de votre branche pour connaître votre minimum réel.
Pour les stagiaires en filière professionnelle, l’État verse des indemnités ou des allocations de stage. Le montant de celles-ci est identique partout en France mais varie selon l’année d’enseignement :
- Seconde bac pro/1ère année CAP : 50 €/semaine ;
- 1ère bac pro/2ème année CAP : 75 €/semaine ;
- Terminale bac pro : 100 €/semaine.
Cette allocation de stage concerne tous les lycéens qui préparent un diplôme professionnel de niveau secondaire (CAP, baccalauréat professionnel, mention complémentaire, brevet des métiers d’art).
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Stage non rémunéré : dans quels cas est-ce légal ?
Les stages courts restent généralement sans aide financière, car inférieurs au seuil légal. Les stages de seconde générale ou technologique (qui sont davantage des stages d’observation) ne bénéficient donc pas d’une compensation financière.
Vous voulez savoir si votre situation vous permet, ou non, de recevoir une gratification ou une indemnité de stage ? Utilisez le simulateur officiel de gratification du ministère du Travail. Entrez durée, niveau d’études et présence effective : résultat instantané !
Stage non payé : quels recours pour récupérer sa gratification ?
S’il était prévu, selon les modalités légales, par convention ou négociation, que vous deviez toucher une gratification et que ce n’est pas le cas, vous avez des droits. Vous pouvez suivre ces étapes :
- Pensez à garder en votre possession tout document ou preuve utile : entre autres feuilles de présence et mails. Plus vous aurez des justificatifs et preuves, plus vous aurez d’impact ;
- Vérifiez votre convention ;
- Pensez à mobiliser votre établissement de formation. Celui-ci peut agir en votre nom ;
- En cas d’inaction par voie orale et écrite et que votre école n’a pas eu gain de cause non plus, rédigez une lettre polie et factuelle (dates, montant dû) et envoyez-la à l’entreprise par envoi recommandé avec AR. Généralement cette étape suffit dans la plupart des cas.
Si tout est bloqué, un premier niveau de recours officiel est de prendre contact avec la Commission de conciliation de la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS). La démarche est gratuite.
En dernier recours, vous pouvez solliciter le Conseil de Prud’hommes.
Étudiant français en stage à l’étranger, quelles sont les règles ?
Lorsque vous partez en stage à l’étranger dans le cadre de vos études françaises, la gratification minimale légale française (4,50 €/h) ne s’applique pas automatiquement. Tout dépend du pays d’accueil et de votre convention de stage.
La convention tripartite reste obligatoire. Votre établissement français, l’entreprise étrangère et vous-même devez signer un document précisant la durée, les missions, la rémunération éventuelle et la protection sociale.
Le droit du pays d’accueil (principe de territorialité) prévaut généralement pour l’éventuelle compensation financière, les conditions de travail et les cotisations sociales. Votre établissement peut proposer d’appliquer la convention-type française qui inclut la gratification minimale de 4,50 €/h. L’entreprise étrangère n’est pas obligée d’accepter. Dans tous les cas, la convention doit être en langue française (traduction en interne si besoin), une version bilingue (français/anglais) en annexe peut faciliter la compréhension.













