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Week-end d’intégration : comment les écoles le réinventent

6 Min. de lecture
Des poings qui se joignent.

Pour éviter les risques liés aux week-end d’intégration, des écoles prennent les devants. Certaines misent sur la prévention avec des actions de sensibilisation, tandis que d’autres vont jusqu’à supprimer cet événement phare pour proposer une alternative, plus ou moins concluante pour les étudiants.


Les week-ends ou soirées d’intégration sont considérés comme un terrain propice aux violences sexistes et sexuelles, selon une enquête nationale menée par l’observatoire des VSS dans l’enseignement supérieur en septembre 2024.

« La moitié des étudiants interrogés identifie la consommation excessive d’alcool comme l’un des facteurs aggravants des violences, tandis que 17,7 % soulignent l’importance des dynamiques de pouvoir et de hiérarchie entre les promotions – souvent liées à des pratiques de bizutage – comme facteur de ce risque », précise d’ailleurs l’enquête.

Face à ces constats, les établissements du supérieur sont de plus en plus nombreux à réinventer les week-ends d’intégration pour limiter les risques. « On observe une nette amélioration. Les établissements ont pris conscience de leurs responsabilités en termes de violences sexistes et sexuelles. La plupart mettent en place des formations, un cadre pour que les week-ends d’intégration se passent au mieux », résume Marine Dupriez, fondatrice de Safe campus, une plateforme qui accompagne les établissements sur ces sujets.

L’ESEO, une école d’ingénieurs, forme les associations étudiantes aux règles de l’intégration responsable. Les élèves assistent par ailleurs à une pièce de théâtre sur les violences sexistes et sexuelles et le bizutage. « On met aussi en place des parcours sur l’alcool avec un rappel des consommations maximum autorisées selon qu’on est un homme, une femme, selon son poids, son état de fatigue, etc », indique Sandra Hermenier, responsable vie associative d’ESEO.

Pour le week-end d’intégration, le BDE d’ESEO est accompagné par un prestataire. « Depuis trois ans, on construit le WEI ensemble, avec un prestataire qui a une équipe sur place. Il y a un contrôle des bagages pour vérifier qu’il n’y a pas d’alcool, il y a des équipes bénévoles avec un planning pour savoir qui fait quoi, à quel moment », explique la responsable vie associative.

À Telecom Paris, le week-end d’intégration a été décalé dans le temps. « Il y a quelques années, les élèves commençaient leur année scolaire avec le WEI. Aujourd’hui, les étudiants ont une semaine de rentrée sur le campus avant l’événement. Pendant cette semaine, on mène des actions de prévention. Tous les nouveaux arrivants ont trois ateliers sur trois sujets de prévention – VSS en milieu festif, alcool et inclusion des personnes en situation de handicap », indique Françoise Schlotterer, référente respect et égalité à Télécom Paris.

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En parallèle, les étudiants du club REC (respect, écoute, consentement) sont présents lors du week-end d’intégration pour assurer des permanence dans les safe zones. « On est identifiable grâce à des brassards rose fluo et il y a des affiches sur le lieu d’intégration avec nos visages et nos numéros de téléphone. Cette année, on n’a pas eu beaucoup de choses à gérer car on réalise beaucoup d’actions en préventif », considère Sasha, étudiant en deuxième année de Telecom Paris et membre du REC.

D’autres écoles ont fait des choix plus audacieux, comme celui de se passer de WEI. C’est le cas de l’ESSCA, école de commerce post-bac, qui organise un projet “à impact et solidaire”.

« Nous travaillons le Splash project, un organisme britannique créé par deux anciens militaires, qui identifie des IME ou des Ehpad qui ont des besoins spécifiques. Nos élèves arrivent sur un chantier vide et vont construire pendant une semaine des choses en fonction des besoins, des plans et du timing. Nos étudiants apprennent ainsi à se connaître, à travailler ensemble et être utiles ! », explique Marie Courtois, directrice de l’expérience étudiante de l’Essca.

L’ESILV, l’école d’ingénieurs du pôle Léonard de Vinci, n’organise plus de week-ends d’intégration « parce qu’il y a eu des problèmes de VSS, il y a plusieurs années », rappelle Maëlle, étudiante en quatrième année, actuellement en césure.

À la place, l’école organise une journée entière d’activité qui se termine par une soirée d’intégration commune à tous les élèves du pôle qui regroupe trois écoles. « Il y a deux ans, on était au parc Astérix. Le matin, on a des discours des directeurs, puis les élèves partent par équipe. Chaque association de l’école créent une activité et les étudiants peuvent faire des attractions en parallèle », relate l’étudiante.

Une journée qui ne permet pas vraiment l’intégration pour Maëlle. « De nombreux étudiants ne se sentent pas si intégrés que ça. Ils participent à la journée organisée mais n’en ont pas envie. Quand on est en week-end d’intégration, les élèves sont dans un bungalow, ils discutent et apprennent à se connaître. Il n’y a pas de filtre ».

C’est pour cette raison que l’étudiante milite pour le retour du WEI, « surtout qu’aujourd’hui, on est sensibilisé à tous ces risques ». Une vision que Marine Dupriez nuance : « Les choses sont davantage cadrées, aujourd’hui. Pour autant, dans les week-ends d’intégration, il y a de fortes dynamiques de pouvoir et ça ne change pas. Il y aura toujours des deuxième ou troisième années qui intègreront des premières années. Or les formations ne vont jamais aussi loin », regrette-t-elle.


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Face aux risques de dérives, comment les écoles réinventent les week-ends d’intégration :

La problématique des week-ends d’intégration (WEI) : Les WEI dans l’enseignement supérieur sont associés à des risques importants de violences sexistes, sexuelles et de bizutage, notamment en raison de la consommation excessive d’alcool et de dynamiques de pouvoir.

Les écoles adoptent des mesures préventives et sensibilisent : De plus en plus d’établissements mettent en place des actions de prévention, notamment des formations sur les risques, des parcours sur la consommation d’alcool, et la présence d’associations comme le REC lors des événements.

Alternatives innovantes aux WEI traditionnels : Les organisations de certaines écoles, comme l’ESSCA ou l’ESILV, proposent des projets solidaires, des journées d’activités ou des sorties collectives, évitant ainsi les risques liés aux événements classiques, tout en une ambiance conviviale et un environnement bienveillant.

Le décalage ou la suppression des WEI : Des institutions telles que Telecom Paris ou l’ESILV ont reporté ou supprimé les WEI pour limiter les incidents. Ces écoles privilégient des activités variées plus encadrées ou des journées sans nuitée pour réduire les risques.

Débat sur l’efficacité et l’avenir des WEI : Alors que certains estiment qu’un WEI structuré facilite véritablement l’intégration, d’autres soulignent que ces événements continueront d’engendrer des dynamiques problématiques et des cas d’accident, malgré un encadrement accru.

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